Le Mapping imagine un monde sans web

FestivalPour sa 15e édition, le festival des «électroniques déviantes» se distingue par son expo et ses ateliers.

Et si le web s’arrêtait tout net? Pour le Mapping Festival, huit œuvres d’art apportent leur réponse, à l’exemple de cette huile, «Memento Vastum», du Québécois Julien Boily.

Et si le web s’arrêtait tout net? Pour le Mapping Festival, huit œuvres d’art apportent leur réponse, à l’exemple de cette huile, «Memento Vastum», du Québécois Julien Boily. Image: Julien Boily

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Voilà quinze ans que le Mapping Festival sonde l’avant-garde de la création artistique reliée au développement des nouvelles technologies. Pareille proposition plairait-elle aux entrepreneurs de la Silicon Valley? Heureusement, le Mapping n’aime rien moins qu’élaborer une vision critique du numérique tout-puissant. Ainsi, ce 15e Mapping, à suivre du 23 au 26 mai dans divers lieux de Genève, renoue-t-il une fois de plus avec son credo initial: «festival des électroniques déviantes».

Les 30 ans du web, par exemple. Cela valait bien une exposition. Ce sera «The Dead Web – La fin», pour imaginer le monde sans internet. Utopie? Aux artistes d’y répondre. À l’exemple du Québécois Julien Boily et son «Memento Vastum», le mot latin vastum signifiant ici «déchet». Voici une peinture à l’huile représentant un crâne sur une table face à un écran d’ordinateur, vide. La majorité des intervenants provient du Canada, commissionnée par Molior, structure basée à Montréal promouvant, comme le Mapping, l’alliance entre arts et technologies. Quatre artistes suisses ainsi qu’un allemand participent également à l’exposition. Ce sont notamment les Genevois Simon et Romain de Diesbach, ainsi que la Parisienne d’origine Lauren Huret.

Sculpture sonore, mode d'emploi

Le Mapping, c’est aussi, et les visiteurs internationaux en sont friands selon les organisateurs, un forum avec ses conférences. Ainsi que des ateliers, consacrés aux «plus récents outils de création technologique». Un «workshop» parmi d’autres: à partir d’un objet de son choix, apprendre à réaliser une sculpture sonore cinétique, en bidouillant capteurs et autres moteurs pour obtenir sons et mouvements. Côté forum seront abordées des problématiques actuelles, dont la vaste question des droits numériques, ainsi que les mécanismes économiques liés à la Toile. Ou «comment faire en sorte que les infrastructures que nous créons ne finissent pas par nous contrôler».

Quid alors de la programmation live? La partie festive, toujours prisée des noctambules, se déroulera cette année du côté de la pointe de la Jonction, à la Fonderie Kugler. Ici, DJ et autres VJ se présentent ensemble, en tant que «performances audiovisuelles». La nuit, il sera temps de tâter des «expériences immersives» et autres «bizarreries électroniques».

15e Mapping Festival Du 23 au 26 mai, HEAD, Fonderie Kugler. Expo «The Dead Web – La fin», du 23 mai au 2 juin au Commun, 11 h - 18 h (fermé le lundi). Infos: 2019.mappingfestival.com

Créé: 21.05.2019, 16h42

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