Le 43e Paléo mise en bloc sur le rap

FestivalD’Orelsan à Lorenzo, la nouvelle scène francophone est priée de rameuter le jeune public. Pour les autres? Lenny Kravitz ou Depeche Mode feront l’affaire. Rendez-vous du 17 au 22 juillet.

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Qui seront les héros du 43e Paléo? Plutôt les anciens, les «valeurs sûres», monstres de pop internationale depuis longtemps plébiscités tels que Depeche Mode, Gorillaz ou Lenny Kravitz. Pourquoi pas The Killers alors, tranche «milléniale» d’un rock sans cesse remis au goût du jour. Éventuellement Indochine, prétexte hexagonal à retourner encore et encore dans cette vague new wave qui n’en finit pas de s’étaler… Mais demandez au jeune public du festival, et la réponse sera d’un tout autre acabit. Point tant de groupes à guitares, ni de chanteur en bottines. Les nouvelles idoles sont à chercher dans le rap. Orelsan, Nekfeu, Bigflo & Oli, Roméo Elvis, Eddy de Pretto, Lorenzo, Rilès, Little Simz, Lonepsi. Tous bien calés dans l’actualité. Tous francophones. Tous derrière Jamel Debbouze, l’humoriste de service cette année sur l’Asse.

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Le rap, avec ce qu’il reste de culture hip-hop, constitue le nouveau cœur de la manifestation nyonnaise. Voilà son assurance-vie, pour ce que le rap capte et retient de nouveaux festivaliers. En regard de ce phénomène ascendant, qui comprend autant de vedettes, rarement anciennes – hormis Suprême NTM, tout de même –, que de valeurs montantes, également locales – la clique genevoise de Di-Meh, Slimka et Makala, leur compatriote Danitsa –, la chanson, elle, reste assez rare. Bernard Lavilliers, Vianney. Jain encore, mais cette dernière – c’est son atout – sort du seul contexte chanson à texte pour visiter les musiques urbaines, dansantes à plus d’un titre.

Paléo, en 2018 comme il y a 5, 10, 15 ans, se fait l’écho raisonnable de la saison en cours. Un festival en forme de «reader’s digest» en somme. On retrouvera ainsi avec plaisir – affaire de goût, il est vrai – ces fabuleux Algiers, gospel industriel vu à Antigel, le sombre et fascinant Warhaus, vu à l’Usine à Gaz, comme les puissants Idles, également venus à Antigel. Ou Nina Kraviz encore, étoile techno attendue en avril à Electron… Sans manquer quelques découvertes ravissantes: ces Superorganism dont le premier album a séduit les amateurs de bizarrerie pop, à l’instar d’Inüit, de Nantes. Deux collectifs foutraques, néanmoins mélodieux, bien dans l’air du temps. En bref, ça sert à cela, une manifestation estivale telle que Paléo: réunir en un bouquet garni, parfaitement équilibré en couleurs, mais rarement flamboyant, les tendances petites et grandes de la pop d’aujourd’hui. (TDG)

Créé: 20.03.2018, 20h37

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Interview: «Il y a à l’affiche des groupes qu’on ne connaissait pas il y a six mois»

Dany Hassenstein est coprogrammateur du Paléo depuis 2009, principalement en charge des groupes anglo-saxons.

Quel est l’impact des nouveaux monopoles type Live Nation sur votre programmation?

On ne le sent pas encore concrètement dans nos choix artistiques, malgré l’installation de Live Nation à Zurich. En revanche, cette situation se ressent sur les exigences financières de nombreux artistes liés à ces sociétés. Ça nous oblige à rester solides sur nos positions, savoir dire stop et affiner notre travail de programmation.

Entre 2006 et 2018, quelle est l’augmentation du cachet de Depeche Mode?

C’est un bon exemple. On a posé comme argument de départ que le groupe n’est pas plus connu en 2018 qu’en 2006. On nous a répondu qu’en revanche la concurrence avait augmenté, ce qui impliquait de nouvelles exigences. Au final, nous avons réussi à les avoir pour environ 10% ou 15% de plus qu’en 2006. Mais j’ai entendu que certains cachets d’artistes sont passés du simple au double en dix ans.

Cette année, 84% des artistes au programme n’ont jamais joué au Paléo…

Oui, il y a des groupes qu’on ne connaissait pas il y a six mois. On vit dans un monde ultrarapide, chacun a toujours plus d’infos et de musique dans sa poche. Plutôt que de blaser les gens, je pense que cela les rend encore plus curieux. Notre rôle est de satisfaire cette curiosité et d’être au bon endroit au bon moment.

Cette nouveauté perpétuelle permettra-t-elle la naissance de futures têtes d’affiche?

Chacun se pose cette question, sachant que les monuments se feront toujours plus rares. Aura-t-on des vedettes moins célèbres mais plus jeunes et plus nombreuses? Ou est-ce que l’industrie parviendra à faire «monter» de nouvelles stars, ce qui se dit de Kendrick Lamar? Une chose est certaine: le festival doit devenir la tête d’affiche, par la qualité de l’accueil et l’équilibre artistique. Les têtes d’affiche ne sont plus aussi importantes pour les moins de 30 ans. Je pense que beaucoup de jeunes ne connaissent pas NTM.
François Barras

Infobox

43e Paléo, du 17 au 22 juillet. Programme complet sur www.paleo.ch, billets en vente dès le mercredi 28 mars à midi.

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