Lana Del Rey, écorchée vive par les paillettes

MusiqueOie blanche jetée dans le grand cirque pop, la New-Yorkaise rumine sa sombre humeur sur le nouveau «Ultraviolence».

Image de couverture de l'album de Lana Del Rey «Ultraviolence».

Image de couverture de l'album de Lana Del Rey «Ultraviolence». Image: DR

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Whisky, rouge à lèvres et larmes de minuit. Voire même un peu de musique si affinités. A l’aube de ses 27 ans, qu’elle fêtera au solstice d’été, le 21 juin prochain, Lana Del Rey s’épanche abondamment dans les magazines dits «féminins», racontant ses déboires, sa famille, l’alcool et son tatoueur préféré. Deux nouveautés émaillent sa vie de musicienne: son «anomalie médicale» qu’elle traîne, dit-elle, depuis deux ans, de la scène au studio, et que personne, pas même ses médecins, n’a encore saisie. Ainsi qu’un album, le second de sa courte carrière, intitulé Ultraviolence, et qui vient de sortir. Fervente lectrice des biographies de Norma Jean – alias Marilyn Monroe –, Lana Del Rey endosse à son tour un rôle similaire. La voici tout à la fois populaire et dénigrée, mystérieusement naïve et pourtant si banale… En vrai, elle se nomme Elizabeth Woolridge Grant. Comme le général yankee. Pour provoquer cette chance parfois si peu amène, elle a choisi de se présenter au monde entier en Lana. Pour devenir une star éphémère qui dure encore.

Déçue par les critiques

Hollywood Boulevard, talons hauts et clope au bec. Dans un polar de James Ellroy, ç’aurait été la starlette que l’on abuse, assassine, puis oublie. Une paumée. Affreux, mais ça correspond à l’image. Pour l’industrie de la musique, bien heureusement, Lana a un gros cachet qu’elle planque derrière les murs d’une grande villa. Lequel de ces deux fantasmes séduit le mieux? Quand bien même quelques éclaircies affectives décoiffent par intermittence sa longue chevelure de cinéma, la jeune femme d’origine new-yorkaise se dit triste. Les critiques parfois acerbes de son premier effort studio l’ont terriblement déçue. Le succès phénoménal de Born to Die — 3,4 millions de copies vendues après sa sortie, en janvier 2012 — avait été préparé avec le tout premier single, Video Games, à l’automne 2011 déjà. Présentée à ses débuts comme une oie blanche jetée dans le grand cirque pop, Lana Del Rey rumine aujourd’hui sa sombre humeur à l’enseigne d’un nouvel album. Le second, celui de la redite ou de la confirmation. L’un n’empêchant pas l’autre (lire critique ci-contre).

Fille du rêve américain

«Am I that girl that you dream of?» demande aujourd’hui, fébrile, impatiente, celle qui, il y a deux ans de cela, avait envahi la Toile avec ses portraits de pin-up. Elle était «née pour mourir». La voici «ultraviolente». C’est ainsi, puisque le monde s’avère cruel (Cruel World) et les filles si tristes (Sad Girl). Restent alors les larmes, si belles quand elles coulent sur les joues des amoureux transis (Pretty When You Cry)… Le résultat, musical aussi bien que littéraire, peut s’apprécier de plusieurs façons. On peut sérieusement douter de ses talents vocaux. «Je ne suis pas la star de mes propres concerts», a-t-elle récemment déclaré. Lana Del Rey a raison: la star, c’est son image. Quant aux textes, ils disent un mal-être autrement plus commun. Celui des jeunes Blancs mûris trop vite à la lumière d’un rêve américain écrasé par la dure réalité du petit jour qui s’amène.

Créé: 13.06.2014, 21h55

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