La Cité de la musique suscite une adhésion euphorique

Arts et scènesLa nature de la structure a été présentée officiellement, en présence d’élus et des futurs locataires des lieux.

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C'est un projet architectural et culturel dont Genève rêve depuis plusieurs décennies. Il avance pour l’heure d’une foulée ample et étonnamment agile; si bien que, sauf imprévus, on pourra en saisir la majesté dès le mois de décembre 2022. A cette date, la Cité de la musique aura pris définitivement forme à côté de la place des Nations et pourra alors être inaugurée avec un concert qui marquera d’un trait épais les annales de la ville. Cette structure protéiforme, équipée notamment d’une grande salle de concert de 1750 places ainsi que de locaux pouvant accueillir les activités pédagogiques et l’administration de la Haute Ecole de musique (HEM), est aujourd’hui davantage qu’une promesse de beaux lendemains pour la musique classique sous nos latitudes.

Un cadeau inattendu

Pour s’en rendre compte, il suffira de souligner que la présentation officielle du projet à la presse a réuni à une même table, ce vendredi, tous les acteurs concernés. Des magistrats du Canton (le président du Conseil d’Etat François Longchamps et la responsable du DIP Anne Emery-Torracinta) et de la Ville (Sami Kanaan, en charge de la Culture et des Sports) à la présidente du conseil de fondation de l’Orchestre de la Suisse romande Florence Notter, en passant par François Abbé-Decarroux, directeur général de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO). Tous ont souligné combien l’équipement en question relève d’un cadeau inattendu et très bienvenu.

Car, comme le rappelle Me Bruno Mégevand, qui préside le conseil de fondation pour la Cité de la musique, le financement de ce projet à la volumétrie impressionnante (230 000 mètres cubes) est entièrement assuré par des privés à hauteur de 250 millions de francs. La générosité du geste rappelle celui, similaire, qui a permis l’édification du Victoria Hall à la fin du XIXe siècle. Il a surtout le pouvoir de fluidifier les démarches administrative et juridiques et de générer ainsi un souffle enthousiaste auprès d’instances publiques qui auraient difficilement pu prendre en charge ces coûts onéreux. Plus concrètement, les critères de modernité et de confort ergonomique prévus permettront à la Haute Ecole de musique d’évoluer dans des lieux dignes de son ambition. Quant aux musiciens de l’OSR, ils pourront bénéficier d’un siège permanent et profiter des qualités acoustiques de la salle pour opérer un nouveau bond qualitatif. Et puis, il y a bien sûr les retombées en termes d’image: Genève trouvera là un produit d’appel capable d’attirer les plus grands orchestres internationaux mais aussi un public renouvelé et rajeuni.

Les travaux dès 2020

La concrétisation de toutes ces aspirations passera désormais par les procédures d’un concours international d’architecture. Lancé officiellement le 9 janvier dernier, celui-ci s’adresse à dix-huit bureaux choisis, suisses et étrangers. Les projets devront être déposés au mois d’août prochain et seront évalués par un jury composé de professionnels – dont l’architecte français Dominique Perrault, qui préside – et de représentants des institutions concernées. Le lauréat, lui, sera connu en automne 2017. Si les cadences prévues par le conseil de fondation seront respectées, les travaux débuteront en janvier 2020, après l’obtention de l’autorisation définitive de construire. Reste à trouver le financement des coûts d’entretiens du bâtiment, expertisés à 1,5 million par année. Et ceux liés au fonctionnement, aussi. Sami Kanaan a déjà prévu une table ronde avec les communes, le Canton et la Ville pour échafauder des éléments de réponse à ce point sensible.


Une refonte du paysage culturel

Entre les murs de la future structure, la Haute Ecole de musique (HEM) trouvera les outils et le confort qui lui font tant défaut aujourd’hui. Anne Emery-Torracinta le rappelle d’ailleurs: «Pendant plus de dix ans, nous avons cherché sans succès de nouveaux locaux pour les destiner à la HEM. Le projet de la Cité de la musique représente donc un véritable cadeau.» Le caractère vital de cette opération sur le versant pédagogique est souligné par le directeur général de la Haute Ecole spécialisée de Suisse orientale (HES-SO), François Abbé-Decarroux. Son constat est à la fois accablant et limpide: «Aujourd’hui, les bâtiments qui nous hébergent posent de sérieux problèmes. Au nombre de sept, ils sont tout d’abord vétustes et dispersés partout dans la ville. A l’exception notable du Conservatoire de la place Neuve, ils n’ont pas été conçus pour la pratique de la musique et pour les activités pédagogiques qui s’y rattachent. Une expertise a montré par ailleurs qu’ils offrent un ratio de 10,3 mètres carrés par étudiant, alors que la moyenne en Suisse est de 15 mètres carrés. Dès lors, la Cité de la musique permettra de concentrer les étudiants en un seul lieu. Ce projet offre aussi l’occasion de tendre de nouvelles passerelles entre le domaine pédagogique et l’artistique. Et une chance aussi d’élargir et de rajeunir le public. On est donc infiniment reconnaissant au mécène qui permet cette réalisation, sans contreparties portant sur nos activités.» Pour le magistrat Sami Kanaan, en charge de la Culture et des Sports à la Ville, la réalisation de la Cité de la musique s’inscrit dans un remodelage réjouissant des équipements culturels genevois, puisqu’elle s’ajoute aux chantiers de la Nouvelle Comédie et du futur Pavillon de la danse. Sur un tout autre front, le projet de la place des Nations ouvre de nouveaux scénarios pour le Victoria Hall. Occupée aujourd’hui par l’Orchestre de la Suisse romande à hauteur de 40% de l’agenda des lieux (concerts et répétitions cumulés), cette salle pourra être destinée au développement des activités d’autres ensembles genevois. «Aujourd’hui, nous sommes obligés de nier l’accès au bâtiment à de nombreuses formations, actives notamment dans le domaine de la musique baroque, note Sami Kanaan. Le départ de l’OSR leur donnera de nouvelles opportunités.» R.Z. (TDG)

Créé: 13.01.2017, 17h36

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