L’OSR se donne un nouveau cap

Classique Président depuis le mois de juin du conseil de fondation, Olivier Hari dévoile les orientations de l’orchestre.

Olivier Hari a été élu en juin à la présidence du conseil de fondation de l’OSR.

Olivier Hari a été élu en juin à la présidence du conseil de fondation de l’OSR. Image: LAURENT GUIRAUD

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C’est une opération de refonte qui a traversé tous les étages de l’institution. En engageant une nouvelle directrice administrative en la personne de Magali Rousseau, en faisant appel au Britannique Jonathan Nott pour assurer la direction musicale et artistique, l’Orchestre de la Suisse romande a ouvert une nouvelle page dans son histoire bientôt centenaire. Cette relance a été complétée en juin, avec la nomination d’Olivier Hari à la présidence de la Fondation de l’OSR. Membre de l’Ordre des avocats à Genève et professeur de droit à l’Université de Neuchâtel, l’élu a succédé à Florence Notter dans un poste crucial qui le mènera notamment à définir les grandes stratégies de l’institution et à assurer sa solidité financière à travers la récolte de fonds. Comment envisage-t-il son rôle et son action au sein de l’orchestre? Olivier Hari y répond.

– Vous êtes entré en fonction le 1er juillet. Quels dossiers avez-vous abordés en premier durant ces premiers mois?

– Ma priorité principale a été de comprendre le fonctionnement de la fondation et de l’institution en général. Le conseil s’est réuni la semaine passée, ce qui a permis de définir les points sur lesquels nous allons travailler dans l’avenir proche. A savoir, en priorité, la modernisation et l’amélioration de la gouvernance. J’ajoute que deux personnes ont rejoint le Bureau: Charlotte de Senarclens et Blaise Lambelet.

– Concrètement, comment se traduira cette refonte?

– Il est évident que le fonctionnement actuel n’est pas idéal, puisque le conseil, avec ses vingt-deux membres, est une structure trop imposante pour permettre un processus décisionnel. Pour pallier ce problème, l’OSR dispose d’un autre organe, le Bureau, auquel le conseil a délégué une très grande partie de ses attributions. Celui-ci se réunit plus fréquemment pour prendre des décisions dans les domaines qui lui ont été délégués. Aujourd’hui, on peut dire que le Bureau décide de presque tout. Cette situation n’est pas optimale. Il faut à mon sens créer un seul organe décisionnel qui regrouperait un nombre plus restreint de membres.

– Parmi les tâches qui attendent la fondation, celle de la récolte de fonds est d’une grande importance. Comment se présente aujourd’hui le paysage du mécénat, du sponsoring?

– L’OSR peut déjà compter sur la générosité renouvelée d’importants sponsors et mécènes, sur le soutien pérenne des Amis genevois et vaudois de l’OSR, ainsi que sur celui, indispensable, du Canton et de la Ville, et de l’Etat de Vaud pour les concerts donnés à Lausanne. Mais un des défis qui attendent en effet la fondation consistera à susciter de nouveaux soutiens financiers et à pérenniser les soutiens existants, principalement de la part de personnes morales. Personnellement, j’ai le sentiment que le bassin des mécènes potentiels est très riche à Genève, et plus largement en Suisse, mais il ne faut pas oublier qu’il y a énormément de causes et d’institutions qui ont besoin de soutien et que la philanthropie se professionnalise, avec une demande de quantification de l’impact des donations. Cela demande du côté des récipiendaires un engagement de tous les instants et une grande capacité de planification. Il est vrai que la récolte de fonds est aussi un travail personnel, puisque chaque membre a ses propres relations et peut faire rayonner l’orchestre auprès de celles-ci.

– Dans un monde ultraconnecté, la visibilité de l’institution se joue loin des salles de concert. Comment comptez-vous développer cet aspect?

– Je suis persuadé qu’il y a une nécessité d’adaptation aux nouveaux modes de «consommation» de la musique, et nous devrons travailler sur tous les moyens qui aideront à l’amélioration de la visibilité. Nous pouvons toujours compter sur les enregistrements et les tournées. Mais on peut aussi penser à l’utilisation active des réseaux sociaux et des plates-formes de streaming, qui constituent de nouveaux médias à investir absolument. Il faut donc évoluer avec son temps et toucher autrement ce public potentiel qui n’a pas nécessairement le temps, la possibilité ou même l’envie de venir écouter l’OSR dans une salle de concert. J’estime que le classique peut s’adresser à tout le monde. L’OSR en a fait l’expérience une fois encore cet été, au parc La Grange, en se produisant face à des mélomanes et à des curieux de tout âge, dans une ambiance conviviale, familiale et détendue.

– Dans un avenir proche, Genève pourra compter sur une Cité de la musique. Que vous inspire ce scénario?

– Ce magnifique projet ouvre toutes sortes de nouveaux horizons. Une salle de concert, moderne et couplée à d’autres espaces, permettra précisément de capter un nouveau public. Par ailleurs, la proximité avec la Haute Ecole de musique permettra d’établir et de développer de belles synergies, dans un quartier en pleine mutation. Cette cité va dynamiser l’OSR mais aussi, et plus généralement, l’offre musicale dans la ville et dans la région. Pendant trop longtemps, Genève a fait preuve d’immobilisme. Lorsqu’on se tourne vers d’autres villes suisses, on réalise qu’elles ont évolué avec dynamisme, en comptant souvent sur des moyens financiers bien plus modestes. Cette structure est aujourd’hui une véritable nécessité et l’on ne peut que saluer le fait qu’elle ait pu voir le jour grâce à l’engagement infatigable des personnes qui la portent.

(TDG)

Créé: 03.10.2017, 18h19

Un saison en bref

Le départ officiel de la saison de l’OSR, c’est pour ce soir au Victoria Hall, avec un concert placé sous le signe de Ravel, figure qui a marqué l’histoire centenaire de la formation. Sous la baguette de Jonathan Nott, on pourra écouter le Concerto pour piano pour la main gauche, interprété par Alexandre Tharaud. Mais il sera surtout question de l’intégrale des musiques du ballet Dalphnis et Chloé, dont les trois parties sont rarement jouées en concert.

Plus tard dans la saison, le 30 novembre, il ne faudra pas manquer le rendez-vous que donne le compositeur et chef hongrois Peter Eötvös, qui dirigera trois œuvres, dont son Multiversum, pièce pour orgue, orgue Hammond et orchestre. Parmi les nombreux artistes invités retenons la venue du pianiste Radu Lupu (18 avril à Genève, le 19 à Lausanne), qui s’attellera au Quatrième Concerto de Beethoven; mais aussi celle du violoniste Leonidas Kavakos (le 25 avril à Genève, le 26 à Lausanne), qui dirigera l’OSR et se mesurera au Concerto pour violon et orchestre No 5 de Mozart. Le programme de l’OSR prévoit aussi, en 2018, un premier passage dans les studios d’enregistrement sous la direction de Jonathan Nott. L’album à venir sera consacré à des pièces de Johann et Richard Strauss. R.Z.

Toute la saison sur www.osr.ch

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