L’OSR perd sa tête

ClassiqueDirectrice générale depuis 2016, Magali Rousseau quitte la maison

En novembre 2016, Magali Rousseau a succédé à Henk Swinnen au poste de directrice générale de l’OSR.

En novembre 2016, Magali Rousseau a succédé à Henk Swinnen au poste de directrice générale de l’OSR. Image: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

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Une nouvelle secousse traverse la vénérable maison de l’Orchestre de la Suisse romande, fondée voilà 101 ans par Ernest Ansermet. Après les départs successifs et houleux du directeur Henk Swinnen, en février 2016, puis de la présidente du conseil de fondation, Florence Notter, en juin 2017, l’institution doit faire face à une nouvelle grande séparation. Magali Rousseau, qui occupait le poste crucial de directrice générale depuis le 1er novembre 2016, quittera le navire le 30 septembre. Dans un communiqué rendu public dans la matinée d’hier, on laisse entendre que des désaccords entre les différents acteurs de la maison sont à l’origine de la décision.

«Le Conseil de fondation de l’Orchestre de la Suisse romande, le directeur musical et artistique de l’OSR, Jonathan Nott, et Magali Rousseau, directrice générale de l’OSR, ont décidé, d’un commun accord et après mûre réflexion, de ne pas poursuivre leur collaboration au terme de la saison actuelle. Après trois saisons de collaboration intense et productive, cette décision fait suite à des divergences de vues concernant la vision artistique et la stratégie de développement de l’OSR à long terme.» Voilà pour la position officielle de l’institution.

Tensions vives

Des observateurs proches du dossier font état, sous couvert d’anonymat, de tensions qui étaient devenues particulièrement vives ces derniers mois entre, en particuliers, les musiciens et la direction sortante. De profondes divergences sur les contenus de la saison qui s’ouvrira en septembre prochain auraient rendu particulièrement lourd le climat. Contexte que le président du Conseil de fondation, Olivier Hari, ne confirme pas. Contacté par téléphone, l’avocat tient à souligner que «la décision conjointe de cesser notre collaboration a été prise sans heurts, dans le calme, après une démarche de concertation apaisée.» Et d’ajouter: «Comme d’autres institutions, l’OSR est un ensemble composé de différents éléments qui forment autant de pièces d’un puzzle. Comme il semblait difficile d’imbriquer toutes les différentes pièces, il est apparu au fil des discussions que la solution de cesser notre collaboration était la meilleure.»

Jointe par téléphone, Magali Rousseau souligne que les divergences de vues ne portent pas sur les personnes mais sur les équilibres de la programmation. «Je peux donner un exemple: à mon sens, il est important que l’OSR garde des liens très étroits avec les compositeurs vivants; que ses saisons rendent compte de la création d’aujourd’hui. J’estime que cette démarche permet d’accroître la visibilité de l’orchestre et permet aussi d’éclairer les répertoires du passé à la lumière de ce qui se fait aujourd’hui.»

Lors de son arrivée à Genève, Magali Rousseau incarnait le profil idéal pour sortir l’OSR de la situation délicate qu’elle traversait alors. Licenciée en lettres et arts, détentrice d’une maîtrise de musicologie et d’un diplôme de gestion et d’administration culturelle, la nouvelle recrue quittait un poste de prestige au sein de l’Orchestre philharmonique de Radio France, où elle avait été administratrice déléguée. Sous nos latitudes, son savoir-faire a permis de remettre de l’ordre dans une maison où la direction artistique et administrative tanguait dangereusement. Avec la venue du chef Jonathan Nott à la direction musicale et artistique, l’orchestre est alors reparti à la conquête d’une place ambitieuse sur l’échiquier européen et mondial.

La succession en marche

Cet élan est aujourd’hui interrompu, mais il fait dire à Magali Rousseau sa «fierté d’avoir, durant ces années, beaucoup œuvré à la réorganisation de la structure, replacé l’OSR sur la carte internationale et renouvelé et développé les partenariats avec des acteurs importants, en Suisse et ailleurs. Nous partions d’une situation délicate, mais aujourd’hui, l’orchestre est prêt pour atteindre le plus haut niveau.» La suite des événements pour l’OSR est entre les mains du Conseil de fondation, à qui reviendra désormais la tâche de trouver un successeur. «Le processus de recrutement est déjà déclenché, souligne Olivier Hari. Nous allons faire des appels à candidature et rencontrer en bilatérale, de manière plus informelle, des successeurs potentiels; des discussions ont d’ailleurs déjà lieu»

Créé: 23.07.2019, 16h15

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