Jonathan Nott reprend la direction musicale de l'OSR

OSRSa griffe? Rigueur, souplesse et lyrisme aux mille nuances. Il a été désigné pour succéder à Neeme Järvi à la tête de l'orchestre romand.

Jonathan Nott

Jonathan Nott Image: DR

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C’est l’histoire d’un coup de foudre qui a dévoilé des affinités électives appelées à durer. En octobre dernier, le chef d’orchestre britannique Jonathan Nott foulait pour la première fois la scène du Victoria Hall pour mener l’OSR vers les rivages d’une sinueuse Septième Symphonie de Mahler, peu jouée certes, mais si exigeante et piégeuse. Près d’une heure et demie plus tard, le défi brillamment relevé, l’homme s’en allait sur un triomphe, en marquant la soirée de sa griffe, dans un mélange bluffant de rigueur et de souplesse, de lyrisme et de nuances.

Autant dire qu’à l’heure de la quête d’un successeur à Neeme Järvi au poste de directeur musical et artistique, Jonathan Nott s’est imposé tout naturellement parmi les papables, en conquérant les esprits des musiciens et des dirigeants de l’orchestre. Le dixième patron de l’histoire de la formation sera donc Anglais, jeune – 52 ans fêtés le jour de Noël – et au profil musical solide et encensé partout dans la planète classique.

A quoi tient son pedigree? En voulant l’évoquer en quelques traits on pourrait rappeler ses trois piliers, distincts et précieux, qui ont fait la renommée du personnage. Soit, tout d’abord, une connaissance approfondie du répertoire du XXe siècle (de Ligeti à Boulez en passant par Bartók) abordé lorsqu’il était, entre 2000 et 2003 à la tête de l’Ensemble intercontemporain et labouré régulièrement depuis. On croise aussi, chez ce natif des Midlands, un solide bagage dans l’art lyrique, façonné très jeune déjà, alors qu’il étudiait le chant à Cambridge, puis plus tard, au milieu des années 80, en apprenti Kappelmeister en Allemagne.

A cet atout crucial, qui le poussera dans la fosse du Grand Théâtre, il faut encore ajouter un parcours dans le répertoire symphonique qui relève du sans-faute. A la tête depuis quinze ans du distingué Orchestre symphonique de Bamberg, Jonathan Nott a pu développer des projets saisissants, telle cette excellente intégrale des symphonies de Schubert, que le chef a gravée en les accompagnant – dans un dialogue stimulant – d’œuvres contemporains. Telle, aussi, cette intégrale des symphonies de Mahler, qui a marqué les esprits à sa sortie en 2013.

Ces succès, dans les grandes salles et sur le versant discographique, se prolongeront, à n’en pas douter, à Genève. Son règne est une promesse qui se concrétisera dès la saison prochaine. (TDG)

Créé: 28.01.2015, 10h39

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