Gli Angeli se fraie un passage lumineux qui mène de Bach à Pärt

ClassiqueLa saison de la formation genevoise trace une ligne stimulante qui rapproche le baroque du répertoire du XXe siècle.

Stephan MacLeod, baryton et fondateur de Gli Angeli.

Stephan MacLeod, baryton et fondateur de Gli Angeli. Image: DR

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Il y a des entités musicales, sous nos latitudes, dont l’aura artistique est inversement proportionnelle aux moyens à disposition pour la faire rayonner. Gli Angeli, que le baryton Stephan MacLeod a fondé en 2005, fait partie à coup sûr de ce cercle. L’ensemble a atteint depuis longtemps déjà un degré d’excellence qui le place parmi les entités incontournables en Europe, et ce tout particulièrement dans le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles. En témoignent, par exemple, les louanges et les prix qui ont accompagné bon nombre de ses enregistrements. Mais aussi les innombrables invitations venant de festivals réputés, comme ceux d’Utrecht, de Saintes ou de Thuringe et ses Bachwochen. Aujourd’hui, Gli Angeli produisent donc entre 25 et 30 concerts par année, ici comme ailleurs. Pourtant, un bref échange avec le directeur de l’ensemble vous apprendra que les moyens pour concrétiser autant d’excellence demeurent étriqués, que l’appareil administratif repose sur l’engagement généreux de certains membres de l’ensemble, et que, sans les dons de mécènes, la formation aurait été tout simplement dissoute il y a deux ans.

C’est donc dans un contexte relevant du miracle permanent que Gli Angeli reprennent leur envol pour la saison 2019-2020. Avec quel programme précisément? Une partie essentielle sera consacrée à la poursuite d’aventures opulentes et de longue haleine. Ainsi, d’entrée – ce mercredi – on renouera avec l’intégrale des «Cantates» de Bach, chantier entamé il y a bientôt quinze ans. À l’affiche, trois pièces écrites à Leipzig qui font partie de ce beau corpus établi sur des mélodies de chorals de la liturgie luthérienne. Toujours pour ce qui est du grand Cantor, deux autres concerts feront avancer un peu plus l’intégrale au cours de la saison. L’autre immersion, tout aussi ambitieuse, nous rapproche depuis 2018 des symphonies de Haydn. L’opération comptera trois nouveaux épisodes à ne pas manquer, qui seront accompagnés à chaque fois par une courte présentation du musicologue Philippe Albèra.

Deux autres événements scéniques attirent encore l’attention. Le premier (10 nov.) se déploiera au Victoria Hall, avec un programme thématisé autour du «De Profundis». De Bach à Arvo Pärt, de Lalande à Josquin de Près, le psaume résonnera avec des éclairages musicaux intrigants. Le second (5 mars) permettra de découvrir, en première mondiale, les lignes de la «Symphonie concertante pour deux violoncelles et orchestre» d’Anton Reicha. Un compositeur qui, tout comme la saison de Gli Angeli, mérite la plus grande attention.

Gli Angeli, en concert au Temple Saint-Gervais, me 16 oct. à 20 h. Rens.: www.gliangeligeneve.ch

Créé: 14.10.2019, 18h01

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