Danitsa, Slimka, les fous du rap réveillent Antigel

ReportageJeudi au Grand Central, c’était basses lourdes et voix de feu pour une turbulente soirée dédiée à la scène genevoise. Une claque.

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Ils sont revenus, les as du rap, les turbulents rejetons du hip-hop genevois. Le grand Slimka, bondissant cadet du collectif Superwak Clique. La magnifique Danitsa, capable d’embraser rimes dures et chant des anges soul. Antigel, 8e édition, les célébrait jeudi dans son Grand Central. Suite logique pour un festival qui garde depuis ses débuts un œil attentif sur les musiciens du cru. La manifestation livrait ainsi au large public qui est le sien un aperçu haut en couleur sur la bouillonnante scène d’ici.

Danitsa entre soul et hip-hop

Du rez de la tour CFF de Pont-Rouge, le festival a fait cette année encore son pôle nocturne. Y programmer la fine fleur des musiques urbaines locales s’avère fort bien vu. Parce qu’au Grand Central, les anciens locaux de fonctionnaires, murs impersonnels voués à la casse, offrent une page blanche qu’il faut investir avec d’autant plus de force que la fête sera éphémère.

Inutile de perdre son temps à trouver un coin de confort. L’essentiel est sur la scène, dans le son. Le plateau, monté au ras du sol, offre une connexion totale entre les artistes et la foule. Voyez Danitsa d’abord, chanteuse au style puissant, qu’aura écouté un public plus âgé. Question horaire, on était encore en début de soirée. Du magnétisme, il y a de cela dans les prestations de Danitsa, que l’on découvre ô combien plus alerte et véloce qu’en novembre dernier aux Créatives. Danitsa qui assoit petit à petit, durablement, ses qualités de vocalistes. De meneuse également, elle qui a la dure tâche de s’imposer dans un monde essentiellement fréquenté par des hommes.

Slimka tête en avant

Les voici, ces velus, qui font bloc autour de Slimka, dix ou quinze gars agglutinés derrière la scène, poussant des harangues pour exciter leur héros. Lequel trépigne comme un boxeur à l’entrée du ring. Survolté, Slimka attaque la partie comme un dément, nuque raide, visage ruisselant. Face à un aréopage de jeunes loups, sa tête émerge des fumigènes pour se bloquer dans un face-à-face rugissant. Dans la brume percée de basses lourdes, dans la salle assaillie de rimes à couteau tiré, la transe prend rapidement, qui impose les vedettes du soir comme l’unique pôle vers lequel tourner son attention. «Ch’uis mad, ch’uis ton pioupiou». Répété ad libitum, voilà un must des refrains de son cru.

Immanence du show rap. Violence du son. Aussi incarné soit-il, le jeu ne fera jamais oublier son aspect élaboré. Ce sont des gestes répétés mille fois, des kilos de gimmick longuement préparés, qui font mouche à chaque saillie. C’est un art en soi, qui soulève les foules. Il est minuit. Antigel sue toutes ses eaux. Slimka le fou ne veut plus s’en aller. Il le répète encore, et on le croit: «Genève est sur la carte du rap!» (TDG)

Créé: 02.02.2018, 19h48

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