Aux Athénéennes, Vincent Ségal place son archet par-delà les frontières

MusiqueInvité par le festival genevois, le violoncelliste présente un programme à son image: baroudeur et gourmand.

Le violoncelliste français Vincent Ségal est à Genève avec une poignée de musiciens complices, dont le Quatuor Voce.

Le violoncelliste français Vincent Ségal est à Genève avec une poignée de musiciens complices, dont le Quatuor Voce. Image: DR

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Évoquer avec lui les projets artistiques passés et à venir correspond à peu de chose près à ouvrir les pages d’un atlas. On parcourt alors de vastes régions du monde, dans un voyage mental agile qui ne nécessiterait pas de passeports. Vincent Ségal est un nomade gourmand, que la curiosité musicale a poussé depuis plusieurs décennies déjà à délaisser les contrées de la musique classique pour aller à la rencontre de l’altérité et de l’hybridation. Au téléphone, à la veille de son passage à Genève, où il est invité par le festival Les Athénéennes, le violoncelliste déploie dès les premiers mots les bribes d’une carte géographique qui est aussi une sorte de curriculum vitae.

D’entrée, il vous parle de l’amitié fidèle qui le lie au Malien Ballaké Sissoko, maître de la kora avec qui il chemine depuis plusieurs années déjà sur les scènes du monde entier. Plus tard, il vous glisse en passant, par une brève allusion, l’expérience récente vécue avec des musiciens turcs. Ces voyages innombrables connaîtront un nouvel épisode demain dans la salle de l’Alhambra, où le musicien français donne rendez-vous en compagnie d’une poignée de complices. Parmi lesquels, ceux du Quatuor Voce: «Je les ai rencontrés alors qu’ils élaboraient un projet discographique pour le même label, raconte le violoncelliste. Ils ont été intrigués par mes modes de jeux, par ma façon de manier les éléments rythmiques. Alors ils m’ont proposé de leur écrire une pièce et j’ai fini par accepter, alors que la composition n’est pas vraiment une activité familière pour moi.»

De ce premier geste – «une œuvre courte d’une quinzaine de minutes» – a pris forme un projet plus ample, sur disque et sur scène, et qui rebondit désormais sous nos latitudes. Sa teneur? Elle est à l’image des rencontres que Vincent Ségal a su susciter dans ses explorations. Il sera question d’Égypte, par exemple, avec une pièce crée une première fois par le mythique Kronos Quartet. On filera aussi vers Cuba et le Brésil, et on passera aussi par l’Indonésie. Ce goût de l’escapade, le violoncelliste la revendique et la justifie en se tournant vers le passé lointain: «L’histoire de la musique est peuplée de grandes figures qui ont bâti leur art en se nourrissant d’autres cultures. Haendel, l’Allemand, a triomphé en Angleterre, Bach s’est nourri des esthétiques françaises et italiennes, Scarlatti le Napolitain a écrit l’essentiel de son corpus en Espagne. Enfin, plus près de nous, Kodaly et Bartók ont sillonné une partie des Balkans pour collecter et fixer sur des partitions les traditions du patrimoine folklorique.»

Un même esprit d’ouverture, baroudeur et noble, soufflera sur Les Athénéennes, en compagnie du clarinettiste Kinan Atzmeh et du guitariste Kevin Seddiki.

Vincent Ségal en concert avec le Quatuor Voce, Kinan Atzmeh (clarinette) et Kevin Seddiki (guitare/zarb), Alhambra, me 12 juin à 20 h. Rens. www.lesatheneennes.ch

Créé: 11.06.2019, 19h08

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