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Le Monstre est de retour

Dès jeudi et jusqu'à dimanche, la convention de micro-édition investit l’Usine et la Halle Nord voisine.

«Creature on Board», sérigraphie réalisée en 1999 par l’artiste américain Mike Diana, invité du Monstre en 2018.
«Creature on Board», sérigraphie réalisée en 1999 par l’artiste américain Mike Diana, invité du Monstre en 2018.
Mike Diana

C’était chaque année le même frisson. C’est désormais tous les deux ans. À l’approche du Monstre Festival, il suffit d’un coup d’œil sur la liste des invités pour se mettre à gamberger: Fritures, Gargarismes, La Puce, Les Mains Sales, Mais Je Rêve… Collectifs de micro-édition, associations de sérigraphistes, les noms de baptême les plus étranges accompagnent ces entreprises indépendantes. Mention spéciale cette année (choix purement subjectif) à Arrache Toi Un Œil, groupuscule établi à Paris. Ainsi qu’à Kakakids. Parce que ces derniers s’agitent bellement sur les rives du Léman, y compris à Genève. Exemple type des productions de Kakakids, les affiches annonçant les concerts de Kalvingrad, à l’Usine, mêlent couleurs pétantes et dessins naïfs nourris de BD punk. C’est comme cela qu’on éclabousse les murs de la ville d’une joie gaillarde non dénuée de drôlerie. On adore.

Le cœur de la bête

Ainsi va le Monstre, en 2018 encore, pour une sixième édition non moins pléthorique que les prédécentes, à suivre dès ce jeudi et durant tout le week-end. Ça se passe à l’Usine principalement, sur tous ses étages jusque dans ses recoins les plus intimes. Ce sont, parmi les dizaines d’interventions, les «partitions graphiques» à voir dans la salle de répétition du Théâtre de l’Usine vendredi. Également les expos de LL Cool Jo dans les backstages du Zoo, de Strane Dizioni dans les coulisses du Rez, tous deux samedi. Et on en passe. Noter qu’on peut également quitter l’Usine, cela dès jeudi, pour admirer dans l’espace d’art Halle Nord, aux Halles de l’Île, l’expo des Éditions Adverse, lancées par un ancien de L’Association, le bédéaste Alexandre Balcaen.

Micro-édition et sérigraphie, disions-nous. C’est le cœur de la bête, avec la traditionnelle convention, samedi et dimanche, dans les grandes salles du Rez et du Zoo. Il y a même un film sur le thème, «Ton existence est un désastre», à voir samedi au cinéma Spoutnik. Mais le monstrueux événement ne serait jamais complet sans les concerts. On ira volontiers écouter (choix subjectif encore) le punk de Tôle Froide ou le rap déglingué d’Amorce, samedi. La culture rock, le punk aussi. N’est-ce pas ce qu’on retrouve dans les appellations des collectifs de micro-édition? Filiation évidente, que rappelle Malik Ramallo, de l’atelier Crache Papier: «C’est l’héritage de la culture alternative.»

Censure et subversion

Installé dans le centre culturel autogéré des bords du Rhône, Crache Papier reste le lieu privilégié des expériences tout terrain. On y retrouve les Thomas Perrodin, Willy Ténia (cofondateur de Kakakids), le groupe Hécatombe encore. C’est de là que le Monstre a émergé il y a huit ans, avec le concours des Stéphanie Gauthier, Aurélie Doutre et Camille Abele, programmatrices de l’Usine à l’époque. On croit le Monstre fragile? «Le milieu de la micro-édition reste pérenne, soutient Malik. Parce qu’on peut travailler dans des lieux tels que l’Usine, sans contrainte de rendement financier, ce qui laisse beaucoup de place à la créativité, également aux démarches politiques et éthiques.» À noter, alors, cette table ronde du dimanche sur la censure et la subversion, avec l’artiste américain Mike Diana. Lequel, en son temps, fut amendé pour pratique artistique «obscène».

Autogéré, sans subvention, organisé par des bénévoles, le Monstre est à cette image, qui met en réseau des collectifs de France, d’Allemagne, d’Italie, de Belgique aussi. «Notre réputation va grandissant, constate Malik, mais nous tenons à notre indépendance.»

Monstre festival, du 15 au 18 novembre, Usine et Halle Nord. Infos: lemonstre.ch

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