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Un monstre aux canines élimées

A l'Opéra des Nations, "Der Vampyr" joue de l'hémoglobine à un rythme effréné.

Le baryton Tómas Tómasson dans le rôle du vampire à l'Opéra des Nations
Le baryton Tómas Tómasson dans le rôle du vampire à l'Opéra des Nations
MAGALI DOUGADOS

On promettait au public de l’hémoglobine et du gore. Ce sera d’entrée chose faite, avec une première scène outrageusement sanguinolente. Lord Ruthven, le vampire qu’incarne d’une voix puissante et précise, et d’une prestance physique certaine, Tómas Tómasson, fait son apparition samedi soir à l’Opéra des Nations, torse nu, sur une passerelle qui jouxte le public. Il s’empare d’une femme assise au premier rang et, lui agrippant la tête de ses longues griffes, il lui arrache la peau du visage. Puis il s’attaque à ses viscères et à quelques organes vitaux placés dans le thorax, qu’il montre tels des trophées au public. Cette déferlante de violence, que le metteur en scène Antú Romero Nunes a placée dans le registre du grand-guignolesque, prête davantage à sourire qu’à détourner le regard. On se dit alors que le ton du spectacle est donné.

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