Une minijupe sème le chaos dans une série TV

TélévisionLes épisodes de «L’Affaire de la minijupe» racontent la Genève africaine.

Paulin Tadadjeu Dadjeu, cinéaste helvético-camerounais, titulaire d’un master en cinéma de la HEAD de Genève, est l’auteur de la première série africaine de Suisse.

Paulin Tadadjeu Dadjeu, cinéaste helvético-camerounais, titulaire d’un master en cinéma de la HEAD de Genève, est l’auteur de la première série africaine de Suisse. Image: Lucien Fortunati

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C’est la série télévisée à laquelle personne n’avait pensé avant lui. Avec «L’Affaire de la minijupe», le jeune réalisateur d’origine camerounaise Paulin Tadadjeu Dadjeu a choisi d’explorer la diaspora africaine de Genève. Les épisodes déjà tournés proposent, sur le ton de la comédie, une immersion dans le quotidien d’une famille d’expatriés confrontés aux différences culturelles.

«Les douze premiers épisodes seront diffusés par la RTS pour le compte de TV5 Monde, quand la postproduction sera achevée», se réjouit Paulin. «Mais cette dernière étape a un prix: 40 000 francs! Une somme à trouver grâce au financement participatif sur la plate-forme Internet Wemakeit.»

Pour permettre à «L’Affaire de la minijupe» d’exister à l’écran, le jeune homme s’est lancé dans un appel de fonds appelé «crowdfunding». Différentes sommes sont proposées à la générosité des mécènes, de la plus modeste à la plus importante. «Tout un chacun, selon ses moyens, peut participer», précise Paulin. «A chaque don correspond un cadeau. Par exemple, si on donne 20 fr. on reçoit une carte postale du film, pour 50 fr., un poster dédicacé, pour 100 fr. une minijupe en tissu wax. La plus haute participation est de 8000 fr., ce qui vaut au donateur une invitation à suivre le tournage des prochains épisodes au Cameroun, avec notamment la visite de Yaoundé et d’une plantation de cacao!»

Financement

Tout cela paraît bien alléchant, mais le financement doit être bouclé le 14 août: «C’est la règle de cette plate-forme de «crowdfunding», explique Paulin. «Si à cette date les 40 000 fr. ne sont pas réunis, les donateurs récupéreront leur participation et le projet s’arrêtera là…»

Une amère perspective à laquelle Paulin préfère ne pas penser maintenant: «11 000 fr. ont déjà été trouvés en 17 jours seulement, c’est encourageant.» Ce projet est le sien, car il en est l’initiateur, mais il est aussi celui des dizaines de comédiens et collaborateurs qui tournent avec lui depuis 2015. «Ce sont des gens qui ont tous une occupation professionnelle autre que le cinéma ou le théâtre. Ils m’ont rejoint après un casting lancé grâce aux réseaux sociaux. Ils sont une quarantaine, vivant presque tous en Suisse, parmi lesquels des Camerounais, Congolais, Togolais, Gabonais, Sénégalais, Maliens, Tunisiens et Egyptiens. Une quinzaine de nationalités au total. Il y a aussi des Suisses, puisque l’histoire se passe à Genève et que la famille Mayele jongle entre les valeurs africaines et occidentales», expose Paulin. Ces amateurs dirigés par le cinéaste l’ont suivi à travers une quantité d’épisodes: vingt-cinq et demi en deux périodes de tournage, en 2015 et 2016!

«J’ai écrit le scénario moi-même. L’histoire commence par la découverte d’une minijupe dans les affaires d’une adolescente genevoise d’origine africaine. Celle-ci a déjà scandalisé son père en prétendant aller au concert du chanteur Justin Bieber. La minijupe fait exploser le paternel. Tout le monde s’en mêle, et c’est parti pour une cascade de situations souvent comiques, représentatives de ce qui peut se passer dans la diaspora africaine en Suisse.»

Rires

Les dons d’observation et d’imitation développés par Paulin l’aident beaucoup: «J’ai toujours aimé imiter des personnes que je côtoie. C’est ainsi que je montre aux comédiens comment entrer dans leur personnage. Quand les premiers épisodes ont été terminés, j’ai organisé, en mars 2015, une projection devant 600 personnes à l’Auditorium Arditi. En entendant rire les spectateurs, j’ai compris que ça fonctionnait!»

Côté technique, Paulin Tadadjeu Dadjeu a fait ses gammes à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) à Genève. Il était en 2006 au nombre des premiers étudiants en cinéma de cette institution. Titulaire d’un master de la HEAD, il a commencé ensuite une thèse en histoire et esthétique du cinéma à Lausanne, sur Nollywood. «C’est le nom qu’on donne à l’industrie du cinéma nigériane», nous apprend Paulin.

Marié à une Genevoise, le jeune réalisateur de 35 ans trouve dans sa vie en Suisse de quoi alimenter son inspiration. Il connaît parfaitement Genève, comme en témoignent les nombreuses scènes en décor naturel de la «première série africaine de Suisse».

Pour en savoir plus: www.uneaffairedeminijupe.ch (TDG)

Créé: 28.06.2017, 18h39

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