Le métier d’acteur, ce rêve qui peut virer mauvais

ThéâtreDaniel Vouillamoz signe au Grütli «Un métier de rêve», comédie acidulée sur un milieu qu’il connaît depuis trente ans.

Daniel Vouillamoz réunit sur le tard sa troupe de jeunesse: ici, Christian Gregori, Valentine Sergo, Kathia Marquis, Michel Favre, Jef Saintmartin et Florence Budaï.

Daniel Vouillamoz réunit sur le tard sa troupe de jeunesse: ici, Christian Gregori, Valentine Sergo, Kathia Marquis, Michel Favre, Jef Saintmartin et Florence Budaï. Image: EDGAR MONNERAT

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À l’issue d’une audition ratée, un comédien se suicide. Exit Pierre Debout, qui s’affale sur un plateau barbouillé de ciels. Le défunt aura néanmoins pris soin, avant sa définitive sortie de scène, de demander par voie testamentaire que ses anciens camarades de jeu montent un dernier Misanthrope en son honneur. Voilà une petite brochette de quinquas bien tassés qui se retrouve sur des planches qu’elle n’a plus foulées depuis des lustres – le coût de la vie l’ayant obligée à se reconvertir. Au gré des répétitions conduites dans le «plus grand théâtre de la ville» par son patron, aussi escroc qu’ivrogne, s’exprimeront à la queue leu leu les obsessions, les frustrations, les jalousies ou les nostalgies de ces ego cabossés.

Ni vraiment corrosive ni franchement poétique, la mise en abyme agencée par Daniel Vouillamoz lui vaut, outre un Prix des écrivains genevois en 2013, de redonner la réplique aux Christian Gregori, Michel Favre, Florence Budaï, Kathia Marquis, Jef Saintmartin ou Christian Robert Charrue de ses débuts. Auxquels se greffe ironiquement Frédéric Polier, dans le rôle de l’inapte directeur de salle.

La joie des retrouvailles ne se communique pas aisément au public, trop hachée par une structure en tableaux décousus. Une poussive série de saynètes, à la vérité, qui fait revenir en mémoire cette réponse percutante de Jacques Lacan à un patient qui se dénigrait: «Ce n’est pas parce que vous le dites que ce n’est pas vrai!» Autant pour cette satire d’une profession que l’amertume a rendue dramatique.

«Un métier de rêve» Th. du Grütli, jusqu’au 19 nov., 022 888 44 88, www.grutli.ch

Créé: 09.11.2017, 19h31

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