Mélodie Zhao a dompté les cimes de Beethoven

ClassiqueLa jeune musicienne romande d’origine chinoise s’est attaquée à un monument du répertoire pianistique, en gravant l’intégrale des Sonates du compositeur allemand. Elle revient sur une aventure qui a changé sa vie.

La jeune musicienne romande d’origine chinoise s’est attaquée à un monument du répertoire pianistique, en gravant l’intégrale des Sonates du compositeur allemand.

La jeune musicienne romande d’origine chinoise s’est attaquée à un monument du répertoire pianistique, en gravant l’intégrale des Sonates du compositeur allemand. Image: Florian Cella

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Vous avez commencé à enregistrer toutes les Sonates alors que vous n’aviez que 17 ans. Qu'est-ce qui vous a poussé sur ce chemin dangereux à un si jeune âge?

L’envie de me confronter à un grand projet, sans aucun doute. J’ai toujours cru qu’il n’y a rien de plus approprié qu’une intégrale pour construire quelque chose de solide et de riche dans une trajectoire musicale, et dans cette quête de grandes réalisations, il a était tout de suite évident que je devais passer par Beethoven, lui qui a été mon premier grand amour et que j’ai découvert à l’âge de 5 ans, lorsque j’ai entendu pour la première fois la Symphonie N°5 et N°6 avec mon père. Par la suite, j’ai eu la chance d’avoir été soutenue par le directeur du label Claves Patrick Peikert, qui a donné son feu vert pour l’enregistrement.

Aujourd’hui, après plus de deux ans des premières prises de son, quel regard portez-vous sur l’enregistrement ?

J’ai l’impression que je n'approcherais pas de la même manière certains passages ajourd’hui. Je trouve par exemple l’«Appassionata» trop lente. Mais au fond, ce regard changeant me constitue: je pourrais en dire autant pour un récital que j’aurais donné la veille. On joue toujours avec ce qu’on vit et on ressent sur le moment; ce qui importe, c’est d’être dans une démarche cohérente, de retrouver les sensations du moment lorsqu’on s’écoute après un long laps de temps. Ce qui est le cas quand je réécoute ces enregistrements.

Vous êtes suivie depuis longtemps par un grand pédagogue, le Français Pascal Devoyon, qui a été le directeur artistique de cet enregistrement. Que vous apporte-t-il de plus précieux dans votre façon de jouer?

Il a une faculté ahurissante d’identifier les structures des grandes œuvres, de décortiquer ses cohérences et ses logiques. C’est une qualité incommensurable, qui aide l’élève à saisir toutes ces pièces abordées pour la première fois. Et puis il a encore un son stupéfiant, et un culte du son qui lui est propre et que j’aspire à retrouver quand je joue.

Est-ce que cette aventure discographique a changé votre manière d’aborder l’art pianistique?

Oui, elle a changé ma vie de musicienne tout court. En me confrontant à des monuments tels la «Hammerklavier», et plus généralement au long chemin de maturation de Beethoven, audible à travers ces Sonates, j’ai compris qu’il fallait arrêter de considérer ma carrière.

Créé: 18.09.2014, 12h25

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