Maurane Mazars fait entendre sa note dans le concert de la BD genevoise

Bande dessinéeL’ancienne élève de la HEAD signe un premier album prometteur en noir et blanc, et expose en l'Ile.

Maurane Mazars, un talent à suivre.

Maurane Mazars, un talent à suivre. Image: Nicolas Dupraz

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Elle fait partie des jeunes pousses de la BD genevoise à suivre de près. À 27 ans, Maurane Mazars publie Acouphènes, un premier album au trait sobre, livré dans un noir et blanc tranché. L’histoire d’un violoncelliste ultratalentueux, saisi à un moment charnière de sa carrière en devenir. Il y a deux ans, avec le même récit complet, cette ancienne élève de la Haute École d’art et de design (HEAD) remportait le Prix cantonal de la jeune bande dessinée, décerné dans le cadre des prix Rodolphe Töpffer. Un tremplin. «Professionnellement, cela m’a rendue visible. J’ai reçu davantage de commandes, de mandats. Et sur un plan personnel, j’ai senti que je devenais légitime, que ma voix méritait d’être entendue. À partir de là, j’ai pu me considérer comme autrice», raconte la jeune femme, toute d’élégante sobriété dans une tenue ébène tranchant avec l’écarlate de son rouge à lèvres.

Dans le concert de la bande dessinée genevoise, cette nouvelle venue fait désormais entendre sa note avec une proposition graphique originale autour de la vocation de musicien. Piet, le héros d’Acouphènes, travaille des morceaux de Prokofiev et de Schnittke. Il est doué. Il pourrait être heureux, entre les sourires de son amant et l’excellence de ses interprétations. Mais il souffre. Ses oreilles perçoivent des sifflements qu’il est le seul à entendre. Progressivement, son monde intérieur se lézarde. Avec une belle sensibilité, Maurane Mazars détaille cette descente aux enfers.

Par rapport aux planches présentées en concours fin 2015, elle n’a procédé qu’à d’infimes modifications. «Je voulais conserver l’aspect un peu brut de cette première histoire.» Séduit par l’expressivité de son dessin, qui n’est pas sans rappeler celui de Baudoin, un grand maître de la BD intimiste en noir et blanc, le jury des Prix Töpffer avait aimé sa façon de montrer la masculinité loin des sentiers battus. Coup de cœur aussi pour son traitement contrasté du noir et blanc. On confirme, plus encore après avoir apprécié ses dessins originaux, actuellement exposés en l’Île, où les repentirs et les esquisses au crayon percent sous le trait velouté du feutre-pinceau.

Depuis cette première BD, Maurane Mazars a évolué. Après une année de pause passée à se constituer un solide portfolio, elle poursuit ses études en Alsace, tout en gardant des attaches à Genève. À la HEAR de Strasbourg, une haute école renommée, elle suit un Master en illustration, manière de s’assurer une certaine sécurité de l’emploi. «La vie d’auteur de BD reste très précaire», note-t-elle, lucide. En France, elle entend aussi développer sa personnalité graphique. Travaillant désormais volontiers en couleurs, elle prépare deux nouveaux ouvrages. L’un devrait s’orienter vers un public jeunesse, l’autre du côté du roman graphique. Deux albums d’ores et déjà attendus.

Acouphènes, par Maurane Mazars, Ed. AGPI. Exposition des planches originales jusqu’au 17 mars, galerie Papiers Gras, 1, pl. de l’Île. (TDG)

Créé: 13.02.2018, 18h06

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