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Martin Jarrie a toujours faim de peinture

À Meyrin, plus de 200 œuvres reflètent l’univers poétique d'un artiste à l'imaginaire décalé.

«Jardin secret». Une des peintures de Martin Jarrie présentée à Meyrin. La toile reflète le goût de son auteur pour les fleurs et les fruits du verger. Derrière le fond blanc apparaissent en transparence des strates de couleurs. Une des constantes de l’œuvre picturale de Jarrie.
«Jardin secret». Une des peintures de Martin Jarrie présentée à Meyrin. La toile reflète le goût de son auteur pour les fleurs et les fruits du verger. Derrière le fond blanc apparaissent en transparence des strates de couleurs. Une des constantes de l’œuvre picturale de Jarrie.
Martin Jarrie

Il aime les formes et les couleurs, les voies de traverse et les collages insolites. Les fleurs et les fruits du verger aussi, réminiscences d’une enfance passée à la campagne. Peintre et illustrateur, Martin Jarrie fait le bonheur des petits et des grands lecteurs. Ses livres, de beaux albums aux images fortes, ont obtenu une ribambelle de prix. Ses travaux dans la presse («Télérama», «Le Monde», «Libération», «Le Nouvel Observateur») se repèrent au premier coup d’œil. Tout comme ses toiles à l’inspiration surréaliste, influencées par les primitifs italiens, l’art brut et l’art contemporain.

«J’apprécie la force qui se dégage de ses images, tant au niveau de l’esthétique que du contenu.» À Meyrin, Thierry Ruffieux est un curateur heureux. Avec Boris Tissot, il a réuni plus de 200 œuvres – dessins, objets, peintures, carnets, affiches – reflétant la richesse d’un univers aussi ludique que poétique. «L’œuvre de Martin Jarrie peut intéresser tous les publics, enfants, adultes, amateurs d’art ou non. C’est quelqu’un de très transversal, avec une réelle singularité.»

Changement de style

Le plus surprenant peut-être chez cet artiste de 65 ans réputé pour son imaginaire décalé, c’est qu’il a commencé par dessiner de manière hyperréaliste à ses débuts à Paris, en 1981. Sous son vrai nom, Jean-Pierre Moreau, il satisfait de nombreuses commandes. «Cela marchait bien mais ne me correspondait pas. Il m’a fallu dix ans pour revenir vers un trait plus personnel», explique l’intéressé, rencontré dans les galeries du Forum Meyrin. Un changement de style qui a correspondu à un changement de nom. «Martin Jarrie a signé le début d’une renaissance, comme si j’avais ouvert une porte.»

Le nom d’une ferme

Pour son pseudo, il revient aux sources de son enfance. «La Jarrie est le nom de la ferme où je suis né. Plus tard, mes parents se sont installés en Vendée, chemin de Saint-Martin. J’ai associé ces deux noms de lieux.» Depuis, Martin Jarrie a laissé libre cours à son goût pour un dessin empreint de surréalisme. «Je me souviens d’une grande exposition à Beaubourg, autour d’André Breton. Il y avait quelque chose d’énigmatique, presque de l’ordre de l’enquête policière, à essayer de comprendre ce que l’on voyait. Cela m’avait frappé. Par ailleurs, j’ai commencé en 1986 une psychanalyse qui a sans doute ouvert des portes. Le rêve, l’univers onirique me plaît toujours beaucoup.»

Carapace d’écailles

À Meyrin, le visiteur peut découvrir dans une serre une série de peintures de fleurs ayant inspiré le comédien François Morel pour son spectacle «Hyacinthe et Rose». Ou entrer dans la tête d’un colosse en papier mâché conçu spécialement pour l’exposition. Une création qui fait pendant à neuf autres dessins en grand format – des colosses encore.

L’un d’eux, le plus spectaculaire, est recouvert de bouts de papiers que Martin Jarrie utilise pour étaler sa peinture. L’ensemble forme comme une carapace d’écailles. L’artiste a inscrit en appoint les noms des couleurs qu’il utilise régulièrement. Un peu comme si l’imposant bonhomme, présenté comme un autoportrait, avait mangé la peinture. À l’image de son créateur.

Exposition Martin Jarrie «Et j’ai mangé la peinture», jusqu’au 25 mai, galeries Forum Meyrin, place des Cinq-Continents 1. Du me au sa 14 h-18 h. Ateliers inspirés par l’univers de Martin Jarrie, animés par des artistes genevois, chaque samedi 14 h-16 h. Présence de Martin Jarrie les 8 et 11 mai.

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