Mami Hagiwara, éclosion d’une promesse

Musique classiqueCinq ans après son sacre au Concours de Genève, la pianiste japonaise est en récital au Victoria Hall. Rencontre.

Mami Hagiwara: «Je me sens davantage à l’aise avec la musique qu’avec les mots.»

Mami Hagiwara: «Je me sens davantage à l’aise avec la musique qu’avec les mots.» Image: OLIVIER VOGELSANG

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Dans cet archipel de pianistes qu’est le Japon, il y a elle, Mami Hagiwara, dont l’art a su s’imposer sous nos latitudes voilà cinq ans. Il faut s’en souvenir, en 2010, alors qu’elle venait de quitter les bancs du Conservatoire de Paris, un master dans la poche et quelques ambitions dans la tête, la jeune musicienne se présentait au Concours de Genève, une compétition où les jeunes espoirs venus d’Extrême-Orient sont par ailleurs légion. Des tours éliminatoires et une finale plus tard, la pianiste quittait le Victoria Hall avec un premier prix qui faisait d’elle la première japonaise lauréate dans sa catégorie. La salle qui lui a valu ce sacre, Mami Hagiwara la retrouvera ce samedi, lors d’un récital consacré à des œuvres de Mozart, Debussy et Chopin. A n’en pas douter, les souvenirs de son expérience passée jailliront par dizaines.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette aventure? La pianiste réfléchit, cherche ses mots, puis, sur un ton mesuré, elle évoque la surprise ressentie à l’annonce du résultat: «J’ai franchi les caps de la compétition sans jamais penser au prix. Je me souviens avoir joué en ne pensant qu’à la musique. J’étais donc loin de toute pression et loin d’imaginer pareil scénario.» La consécration a ouvert les portes d’une carrière. Mais le chemin emprunté par Mami Hagiwara est fait de discrétion et de choix mûris, un pied en Europe, l’autre au Japon. Beaucoup de choses ont évolué pendant ce temps, mais la pianiste insiste sur un point: «Le premier prix a certes changé le regard que les professionnels portent sur moi, mais de mon côté, je suis restée celle que j’ai toujours été.»

Cette nature immuable est faite d’introspection confinant à la timidité – «Je me sens davantage à l’aise avec la musique qu’avec les mots», concède la musicienne – et d’une approche de la musique étonnante de méthode. Sa méthode? «Je ressens le besoin de m’immerger dans le contexte de chaque pièce. Je plonge alors dans la vie du compositeur, dans le paysage géographique dans lequel il a évolué, leur contemplation m’aide à comprendre le sens d’une œuvre, au même titre que les lectures biographiques.»

Le piano tel que le conçoit Mami Hagiwara serait donc le révélateur d’un regard total, quasi panoptique. Et ce depuis les débuts, quand sa mère la poussait à l’âge de 5 ans à s’initier à la musique, à la calligraphie et à la natation. Les touches blanches et noires ont fini par dominer. Ne reste à la jeune interprète qu’à franchir le pas des studios d’enregistrement, une étape qui lui résiste: «L’insatisfaction que je ressens quand je m’écoute m’empêche pour l’heure de me lancer.» Une touche de sagesse qui raisonne comme la meilleure des promesses.

Mami Hagiwara en récital au Victoria Hall, sa 14 mars à 20 h. Renseignements sur www.agence-crescendo.ch (TDG)

Créé: 11.03.2015, 18h33

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