A Lugano, le nouveau centre culturel met l’art à portée de tous les publics

Découverte Musique, théâtre, danse et arts visuels se rencontrent dans ce complexe inauguré il y a un an, qui met un accent particulier sur la médiation

Installé au bord de l’eau, le Lugano Arte et Cultura se fond dans le paysage.

Installé au bord de l’eau, le Lugano Arte et Cultura se fond dans le paysage. Image: Foto Studio Pagi

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Sa couleur bleu-vert se confond avec celle du lac et du Monte San Salvatore, tout proches. Comme cadre architectural, difficile de trouver mieux que le nouveau Centre culturel de Lugano, le Lugano Arte e Cultura. En abrégé, le LAC. Le marbre de sa façade dialogue avec les balcons XIXe siècle de l’ancien Grand Hotel Palace, juste en face. A côté, le vaste hall d’entrée donne accès au musée et à la salle de spectacle.

Avec ses larges baies vitrées, cet espace a été conçu par l’architecte tessinois Ivano Gianola comme une immense fenêtre, atténuant la frontière entre l’extérieur et l’intérieur du centre. Avec comme objectif de constituer un endroit public, ouvert sur la ville. «Le LAC doit être un lieu de vie, de rencontre et d’échange pour tous», explique son directeur, Michel Gagnon.

A l’origine, le pari n’était vraiment pas gagné. L’édification du centre culturel, et notamment son coût de 210 millions financé par la ville, a provoqué une large polémique. Venu de Montréal, où il a dirigé la Place des Arts, Michel Gagnon en a été choqué. «Mais l’inauguration a tout changé.»

Trois week-ends festifs ont été organisés en septembre 2015, pour faire connaître le lieu et donner un aperçu de ce qui allait s’y dérouler. A l’intérieur et à l’extérieur, des dizaines de milliers de personnes ont assisté à des spectacles de théâtre et de danse, des performances, des lectures, des concerts dont la Neuvième symphonie de Beethoven, et ont découvert une installation artistique ludique d’Anthony McCall. «On a vraiment donné l’image d’un endroit ouvert, accessible, se réjouit le directeur. Des gens opposés au LAC m’ont dit qu’ils avaient changé d’avis après être venus.»

Un pont entre nord et sud

Ce succès s’est confirmé après l’inauguration. «Les salles sont pleines à 95%», note le directeur. Un public tessinois, mais également national et international, notamment venu de l’Italie voisine. Le centre joue ainsi pleinement son rôle de pont entre le nord et le sud de l’Europe.

La programmation, elle aussi, fait le grand écart entre des artistes locaux et internationaux, des découvertes et des incontournables. «Nous devons donner leur chance à des créateurs du cru qui sont en train de construire leur carrière. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir, mais aussi de produire.»

Ainsi, la salle de 1000 places, pourvue d’une conque acoustique modulable, abrite une saison de musique, théâtre et danse, mais également l’Orchestre de la Suisse italienne ainsi que la première des compagnies en résidence, celle de Daniele Finzi Pasca (lire ci-dessous).

Dans la partie saillante du LAC, se déploient les expositions temporaires du Musée d’art de la Suisse italienne, issu de la fusion entre les Musées d’art cantonal et municipal de Lugano. Après le travail de Rodchenko et de Raetz, ou une exploration de l’utilisation du journal dans l’art, l’institution présentera dès le 4 septembre le pointilliste Paul Signac. Quant au parcours permanent, en sous-sol, il réunit des œuvres autour d’un thème: le rapport au corps, à la surface, à la nature. Avec un objectif clairement pédagogique. «Notre collection est un instrument privilégié pour l’éducation à l’art», précise Marco Franciolli, responsable du musée.

La médiation culturelle constitue d’ailleurs le point fort du LAC. Le centre propose un riche programme d’activités destiné à tous les publics, enfants et adultes, groupes et individus, amateurs éclairés et novices. Régulièrement, des événements permettent d’établir des liens entre les différentes entités qui composent le LAC, comme ce sera le cas cet automne avec une saison indienne.

De Stravinski à l’electro

Au programme de la rentrée, il y aura aussi une installation vidéo de David Michalek baptisée SlowDancing, montrant au ralenti des danseurs des quatre coins du monde. Ainsi qu’un concert du Royal Philharmonic Orchestra, qui interprétera notamment Le Sacre du printemps de Stravinski. Sans oublier une série de concerts de musique électronique…

Avec tout cela, le centre culturel a largement de quoi devenir un lieu de référence dans toute la région, et bien au-delà. Une aubaine pour Lugano, alors que la crise de 2008 l’oblige à se réinventer. «Le LAC participe à la conversion d’image de la ville, relève Marco Franciolli. On ne peut plus la réduire à une place financière!»

Lugano Arte e Cultura Piazza Bernardino Luini 6 à Lugano. Programme: www.luganolac.ch

(TDG)

Créé: 22.08.2016, 19h55

Daniele Finzi Pasca retrouve sa ville, qui l’a inspiré

Des étoffes colorées qui virevoltent dans les airs, un chevalier en armure sur une roue Cyr, un ange sautillant, une forêt d’assiettes qui tournent sur des bâtons: pas de doute, on assiste bien à une création de la Compagnie Finzi Pasca. En résidence au Lugano Arte e Cultura (LAC) depuis novembre, la célèbre compagnie tessinoise prépare son nouveau spectacle, agendé pour novembre. Quant à «La Verità», qui a inauguré la salle du centre culturel, elle sera aussi au programme de la saison 2016-2017 du LAC.

«C’est totalement magique de revenir ici, se réjouit Daniele Finzi Pasca, le maître de cérémonie. Tous mes spectacles sont liés à des découvertes que j’ai faites à Lugano.» Que ce soit «Corteo» pour le Cirque du Soleil, la trilogie «Nomade», «Rain» et «Nebbia» pour le Cirque Eloize ou la cérémonie des Jeux olympiques de Turin et de Sotchi, ses shows explorent un univers onirique mêlant cirque, théâtre, musique, danse et cinéma. Lauréat de l’anneau Hans Reinhart en 2012, la plus haute distinction du théâtre en Suisse, le Tessinois a en outre été choisi comme concepteur général pour la prochaine Fête des Vignerons, prévue en 2019.

Le décès de sa femme et plus proche collaboratrice Julie Hamelin, en mai dernier, a donné un nouveau sens au spectacle qui se prépare à Lugano. Baptisé «Per te» en forme d’hommage, il aura pour élément central un banc rouge, comme on en trouve des centaines au Tessin. Assise sur ce banc, au milieu d’un jardin, une jeune femme verra défiler des personnages hauts en couleur qui lui raconteront des histoires. «Comme pour mes autres créations, il s’agit d’une recherche constante d’équilibre entre le drame et la légèreté, la simplicité et la technologie théâtrale.»

A quatre reprises, le public tessinois a pu se glisser dans la salle pendant les répétitions, pour découvrir le spectacle en train de se construire. «Cela permet de montrer tout le travail qu’il y a derrière», souligne Daniele Finzi Pasca. Et surtout, de donner encore plus envie d’y assister ensuite…

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