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Locarno, cap sur le futur

Lili Hinstin a dévoilé hier l’affiche de la 72e édition, sa première comme directrice

Brad Pitt dans «Once Upon a Time in Hollywood» de Tarantino, l’un des événements de la Piazza Grande à Locarno.
Brad Pitt dans «Once Upon a Time in Hollywood» de Tarantino, l’un des événements de la Piazza Grande à Locarno.
DR

Depuis l’annonce le 24 août 2018 de la nomination de Lili Hinstin à la tête du Locarno Film Festival, où elle succède à Carlo Chatrian, il faut avouer que nous étions dans l’expectative. Mieux, que le petit monde du cinéma suisse retenait son souffle en attendant de découvrir à quelle sauce il allait être mangé. Et, surtout, quelles seraient les couleurs d’une 72e édition déjà chamboulée par l’annonce, il y a quelques semaines, du report de la rétrospective Blake Edwards, remplacée par un panorama sans précédent du cinéma noir intitulé «Black Light». Ce matin, on découvrait non sans impatience le menu complet du premier festival de Lili Hinstin, composé d’une majorité d’inédits qu’on attend de visionner pour se faire un avis plus définitif. Mais l’affaire sent bon. «Tous les choix d’une première édition sonnent comme des manifestes», déclare Lili Hinstin en guise de préambule aux 89 pages du dossier de presse du festival.

Tarantino en première suisse

On s’en tiendra donc aux premières impressions ressenties à la découverte des listes des films qu’on verra entre le 7 et le 17 août. Et c’est naturellement qu’on tente de visualiser ce qu’il adviendra de la Piazza Grande, lieu à la fois emblématique et casse-gueule du rendez-vous tessinois. «Notre volonté est d’en faire un trait d’union entre des visions fortes d’auteur et le grand public», écrit l’ex-directrice du Festival Entrevues de Belfort, dont elle s’est occupée jusqu’à l’an passé. Ce trait d’union, qui mieux que John Waters ou Quentin Tarantino ne le symbolise? Le premier y recevra un Pardo d’onore le 16, le second aura les honneurs de la Piazza avec son «Once Upon a Time in Hollywood», le 10, soit quatre jours avant sa sortie officielle si attendue depuis la première cannoise. Parmi les autres premières, avec une forte représentation du cinéma français, il va falloir se fier, sans mauvais jeux de mots, à son instinct. Valérie Donzelli fera son retour avec une comédie romantique déjantée («Notre Dame»), le film de procès aura sa case via «La fille au bracelet» de Stéphane Demoustier, on devrait flipper devant «Instinct» de Halina Reijn, et étouffer de claustration face à «7500», premier long de Patrick Vollrath qui lui a valu la confiance de Joseph Gordon-Levitt.

C’est toujours sur la Piazza que prix et récompenses vont se succéder. Presque une par soir. Prix Raimondo Rezzonico à la société de production Komplizen Film, dans laquelle on retrouve une certaine Maren Ade. Léopard Club remis à l’actrice Hilary Swank. Excellence Award décerné au comédien sud-coréen Song Kang-ho, lequel viendra avec Bong joon-ho, qu’on ne présente plus depuis sa Palme d’or pour «Parasite». Un Pardo alla carriera remis à Fredi M. Murer. Un Premio Cinema Ticino récompensant Fulvio Bernasconi, Tessinois qu’on connaît bien à Genève, où il a réalisé «Quartier des banques». C’est presque tout. On rajoutera juste que cette 72e édition sera dédiée à Freddy Buache, qui vient de nous quitter et a d’ailleurs tenu le gouvernail de Locarno dans les années 70.

Mais l’autre point fort du Locarno Film Festival, c’est évidemment la compétition internationale. Pour laquelle on se tiendra à évoquer les quelques rares noms de cinéastes connus qui y apparaissent. A commencer par Pedro Costa, que Lili Hinstin – et elle n’est pas la seule – définit comme «l’un des plus grands cinéastes vivants». Son nouveau film, «Vitalina Varela», raconte le retour d’une Cap-Verdienne après 25 ans d’attente au Portugal. De Damien Manivel, cinéaste auparavant sélectionné à Cannes puis Venise, on découvrira «Les enfants d’Isadora», coproduction entre la France et la Corée du Sud. De Rabah Ameur-Zaïmeche, franco-algérien habitué de Locarno («Les chants de Mandrin» en 2012), on verra «Terminal Sud», avec un certain Ramzy Bedia. Le Japonais Koji Fukada avait signé «Harmonium», montré en 2016 à Cannes. Avec «Yokogao», il brigue le Léopard d’or. Tout comme les premiers films de nombreux jeunes réalisateurs qu’on découvrira dans la foulée, en espérant que des perles figurent dans le lot.

Œuvres extrêmes

Ce sont en revanche des œuvres extrêmes, toujours selon Lili Hinstin, qui composent la section Cinéastes du présent, où on est curieux de découvrir le deuxième long-métrage de Jeanne Balibar, «Merveilles à Montfermeil», ainsi qu’un manifeste surréaliste et féministe, «Love Me Tender» de Klaudia Reynicke. Tout cela n’est certes nullement limitatif. Comme chaque anée, le Locarno Film Festival croulera sous les sections. Entre les «Crazy Midnight» (sélection de films en seconde partie de soirée sur la Piazza), les documentaires de la Semaine de la critique, la section Moving Ahead (ex-Signs of Life), dédiée à l’expérimental, les Pardi di domani et les Histoire(s) du cinéma, on ne saura plus, une fois encore, où donner de la rétine. Rendez-vous le 7 août sous les cieux du Tessin avec un film d’ouverture, «Magari» de la productrice Ginevra Elkann, long-métrage a priori très autobiographique.

Locarno Film Festival du 7 au 17 août. www.locarnofestival.ch

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