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Scholastique Mukasonga célèbre la puissance magique des femmes

L’écrivaine rwandaise présente demain au Salon «Cœur tambour», un roman saisissant. Entretien.

Habituée du Salon du livre de Genève depuis 2008, Scholastique Mukasonga y a reçu le Prix Ahmadou-Kourouma en 2012 pour «Notre-Dame du Nil», quelques mois avant le Prix Renaudot.
Habituée du Salon du livre de Genève depuis 2008, Scholastique Mukasonga y a reçu le Prix Ahmadou-Kourouma en 2012 pour «Notre-Dame du Nil», quelques mois avant le Prix Renaudot.
Gallimard

Il y a des romans qui vous emportent. Ils vous soulèvent loin au-dessus de votre chaise, et lorsque vous retombez, vous gardez au fond de vous l’impression d’avoir été touché par quelque vérité universelle, quelque mystère enfin révélé. Cœur tambour de Scholastique Mukasonga fait partie de ces romans-là. Dans son dernier livre, l’auteure rwandaise met en scène une chanteuse, Kitami, qui doit son succès planétaire à ses fameux états de transe sur scène, où elle chante d’étranges et magnifiques airs. Ce don lui viendrait de son tambour, soit un instrument gigantesque doté d’une aura propre, et dont les rubans qui l’ornent seraient teintés du sang d’être vivants sacrifiés, dit-on… Les musiciens de Kitami, des tambourinaires américains, la tiennent pour reine, tout comme son manager et ses fans. C’est donc un deuil immense que provoque internationalement sa mort brutale. On se croit dans un quasi-polar, lorsque le roman se mue soudain en un véritable conte initiatique. Commence alors le récit de la jeunesse de la chanteuse dans un village tutsi, lorsque cette dernière s’appelait encore Prisca.

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