La rentrée du polar

LittératureSelon la tradition, après la vague des candidats aux prix littéraires, vient celle des artisans du roman noir.

Bernard Werber

Bernard Werber Image: AFP/JOEL SAGET

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Les thématiques qui inspirent les auteurs de littérature noire cet automne – intelligence artificielle, immigration clandestine, corruption industrielle, etc. – indiquent a priori l’humeur morose de la planète. Ou du moins témoignent de la lucidité glaçante de romanciers prompts à se pencher sur l’actualité. La riche moisson de cette rentrée prend la température d’un monde vacillant dans ses convictions les plus profondes. Depuis plus d’une cinquantaine d’années, le polar «de gare» a acquis ses lettres de noblesse. Le qualifier de miroir tendu à une société mouvante relève du lieu commun. Désormais, ses maîtres n’éprouvent plus aucun complexe à enquêter dans les domaines scientifiques, économiques, politiques. Voire, à revenir aux basiques intimistes du justicier. La spécificité du répertoire tiendrait donc au style, et là, le Français Michel Bussi donne un indice: «Bosser mon suspense, c’est mon élégance de romancier.»


L'autre rentrée littéraire

Bernard Werber se moque d’écrire de la «littérature de (mauvais) genre» selon l’intelligentsia française. L’homme aux multiples réincarnations publie… «Depuis l’au-delà»

Alors que la rentrée littéraire bat son plein déboulent les «polardeux». Soit la littérature de genre. Ou plutôt, de mauvais genre. Werber y trône, lui qui se pique d’avoir vécu de multiples réincarnations. «Si j’y crois? Je vous répondrai dans une autre vie.» Ecrivain de stature mondiale depuis la trilogie des Fourmis, le Toulousain publie un spécimen de parfait hybride, Depuis l’au-delà. Partant d’un auteur qui enquête sur son propre assassinat, il donne dans le polar mystique, la comédie de science-fiction ou le précis de philosophie. L’ouvrage résiste aux étiquettes. Ou colle à toutes. L’ex-journaliste scientifique insiste sur le soin apporté à la précision des faits au cœur d’intrigues farfelues. Avec brio, il se targue de converser avec de géants confrères tels Arthur Conan Doyle, partage son adoration pour Hedy Lamarr, règle quelques comptes avec l’intelligentsia parisienne. «C’est un doux plaisir de déplaire aux critiques qui n’aiment que les livres ennuyeux», confie son alter ego dans cette saga fiévreuse. «La littérature de genre, commente-t-il, a toujours été méprisée. Victor Hugo déjà… J’y vois l’influence du milieu universitaire qui a décidé que ce type d’écrits se destinait à la jeunesse. Donc cela ne pouvait pas être sérieux.»

Notant qu’il suffit de traverser la Manche pour trouver des Anglo-Saxons beaucoup plus élogieux sur la discipline, l’auteur énumère: «Aldous Huxley, George Orwell, etc. Désormais, je me sens parfois très seul, comme un arbre dans le désert, vaporisé de désherbant.» Derrière les lunettes rondes, le regard pétille. Le quinqua affiche un charme voyou, plus qu’une aura de vieux sage. Et ne déteste pas provoquer. L’autofiction, si nombriliste par définition, l’énerve prodigieusement. «Cette manie! Il reste beaucoup plus complexe d’inventer des personnages, de créer un monde. Parler de soi, c’est juste bon pour Facebook.» Il y tient un blog test où il lance des embryons d’histoire puis compte les clics. «Je viens de tomber sur le syndrome de Procuste, un Grec qui haïssait la réussite des autres. Il s’acharnait à détruire la singularité, plutôt qu’à construire sa renommée. Au-delà, que dire… Sinon qu’il y a les bons bouquins. Et des mauvais.»

Depuis l’au-delà, Ed. Albin Michel


Romancier adulé, Bussi se remet en question

Tête de gondole

Depuis quelques mois, Michel Bussi, 52 ans, est rentré au club des plus gros vendeurs de bouquins en France. «Deuxième des palmarès? sourit-il. J’y vois un privilège, plutôt que de la pression. Je connais le quotidien d’un écrivain qui rame.» Désormais, cet ancien professeur à l’Université de Rouen, aux «petits polars» écrits en guise de hobby nocturne, côtoie les Guillaume Musso, etc., et compte des centaines de milliers de lecteurs. S’il ne nargue pas sa bonne fortune, le Normand préfère ironiser sur sa conquête de Paris et du reste du monde. «J’ai la chance d’avoir du succès, alors soit je déroule ce qui marche, soit je profite de cette confiance pour embarquer le lecteur ailleurs. Moi, j’ai choisi de transformer l’essai.» Direction le Mali, donc. Fidèle à sa manière, le fan d’Arsène Lupin a opté pour un titre rappelant une ritournelle, mais On la trouvait plutôt jolie pourra surprendre. Loin des sentiers battus du thriller, ou même de l’énigme vrillée sur des «twists», dont l’auteur s’est fait la spécialité, le récit prend des accents de chronique sociale et de pamphlet militant, tout en intégrant des fragments de mythologie africaine. Le romanesque affleure aussi en puissants effluves. Sans oublier un personnage de la plus haute drôlerie, fabulateur de première qui réinvente le monde à l’envi. De cette mosaïque chromatique aussi chamarrée qu’un boubou sur un marché de Bamako s’extirpent surtout des héroïnes à forte tronche, Bamby au prénom codé ou Leyli au curriculum vitae chargé.

«Je n’ai pas l’impression d’avoir changé de manière. Disons simplement que j’essaie de ne pas aller où mes confrères vont.» Michel Bussi, d’une modestie inaltérable, ne veut pas dégommer les travers de la profession, mais il ne peut s’empêcher de pester. «Je pense à toutes ces héroïnes domestiques qui parsèment le polar ces derniers temps. Elles arborent la quarantaine, une famille avec un beau mari, de beaux enfants. Puis dans un jeu de miroirs ou de flash-back, ce bonheur se fracasse sur l’exposition de secrets honteux.» Il est vrai que depuis Gone Girl et autre Fille du train, un archétype s’est enraciné, popularisé par des éditeurs en quête de best-sellers. Très peu pour le Français. «Au final, ce personnage de Leyli, par exemple, même dépositaire de lourds antécédents, reste une figure positive. Je garde toujours à l’esprit le plaisir de la lecture, ce n’est pas inconciliable avec des exigences. Voyez Petit pays, de Gaël Faye par exemple, ou le Goncourt de Leïla Slimani, Chanson douce

Au hasard d’un polar serré, Bussi ne dédaigne pas flanquer des claques aux idées reçues. «Paradoxe d’une société mondialisée où tout circule bien plus vite et plus loin qu’aux siècles derniers», écrit-il, le nombre de migrants actuels reste stable: «environ 3% de la population mondiale, soit trois fois moins qu’au XIXe siècle». Dans une autre vie, Michel Bussi, spécialisé dans la géopolitique des mouvements de population, bossait dans la recherche. «Au fond, ce n’est pas un hasard si j’aborde enfin cette discipline», avoue celui qui se considère écrivain à part entière depuis 2014. «J’ai toujours pensé qu’il existait trois manières de se projeter dans le monde. Soit par l’action de terrain en politique, soit par l’imaginaire dans la création artistique, soit par la recherche en tant qu’homme de science. J’avoue que ce dernier aspect, si fabuleux, me manque. Tout comme l’échange avec les étudiants. Mais ce n’est pas un boulot qui autorise l’amateurisme, il faut s’y engager à fond.»

Du coup, On la trouvait plutôt jolie prend parfois des chemins de traverse. «Je me suis appuyé sur des travaux parfois un peu arides de collègues universitaires. Si ce livre permet de vulgariser un peu leurs trouvailles passionnantes.» Soupirs, nuances. «Je ne voudrais pas me comparer aux géants de la littérature du XIXe siècle. Mais il y a une tradition dans la production française, à témoigner de son époque. Au-delà des genres, roman populaire ou autofiction, je veux brouiller les étiquettes. Et pourquoi pas, tout en fédérant, emporter la fiction vers les rivages de la philosophie.»

On la trouvait plutôt jolie. Ed. Presses de la Cité.


Jo Nesbø retrouve son âme damnée Harry Hole

Le Norvégien Jo Nesbø, après la brillante série Occupied, revient à Harry Hole. En dix enquêtes, l’inspecteur a pu mordre la poussière, rongé par les fantômes, la bouteille, les remords. Les femmes ne l’ont pas épargné, les jazzmen l’ont sauvé avec une patiente abnégation. Malgré ce profil typé par des kyrielles de romanciers, l’inspecteur garde une originalité miraculeusement intacte depuis quinze ans. Le justicier, parfois tourmenté jusqu’à l’agonie par son créateur, a survécu aux clichés. Dans La soif, onzième aventure d’une série qu’on pensait tarie à jamais, Harry Hole apparaît en professeur à l’école de police. L’ancien homme de terrain vit en père peinard quand le seul psychopathe qu’il n’a pas coffré se manifeste. Le pire était à craindre, et pourtant, une fois de plus, l’écrivain frotte l’insigne de son héros pour en extraire quelques noires prophéties sur le monde contemporain toujours pertinentes. Car Harry Hole séduira toujours, non par la légende créée autour de sa vie, mais par la description, pointilleuse jusqu’à la maniaquerie, des criminels qu’il traque, et de la société qui autorise leur existence. De là, il y a encore la manière d’éradiquer le problème. Ou du moins, d’essayer. Les fantasmes tordus du chasseur et de la proie, selon l’auteur, ne diffèrent pas tant. Sur cette base se pose un cache-cache pervers où le bien et le mal ne pourront se distinguer qu’au coup de théâtre final. Jusque-là, Harry Hole se voit forcé de suivre des pistes en écoutant son instinct parfois tordu, quitte à défier ses démons personnels. Ça ne rate pas ici: l’inspecteur étant manipulé par le tueur en série avec une cruauté machiavélique. Peu orthodoxe, l’adhésion de Hole à cette valse ambiguë panique le service. De quoi troubler en effet, et pas seulement les fidèles coéquipiers prêts à l’idolâtrer avec une foi aveugle. Même sa compagne doute. A 57 ans, Nesbø, ex-footballeur, ex-musicien, superstar de la littérature en son pays, semble tout connaître des erreurs de jugement provoquées par la célébrité. Le romancier obéit à un code de conduite intime, s’interdisant d’exploiter un fonds de commerce, renouvelant ses passions. Son alter ego essuie les plâtres, comme toujours. Ce charme inédit lui garantit de prolonger des états de service qui, un temps, menaçaient d’être interrompus à jamais.

La soif, éd. Gallimard


Ian Manook quitte les steppes mongoles pour un huis clos «junglesque»

Avec humour, Ian Manook ava nce son «grand» âge pour expliquer l’abandon d’un héros pourtant méritant, le solitaire des steppes mongoles Yeruldelgger. «Né dans la première moitié du dernier siècle du millénaire précédent, je ne suis pas un jeune auteur! J’avais envie de me faire plaisir, pas de ressasser des légendes.» Mato Grosso change de cap, et pas seulement en raison du climat torride des jungles humides brésiliennes. «En fait, j’ai repris mon tout premier roman, ébauché en 1976, après mes tours du monde de jeunesse. Question de style, de ton aussi.» A l’évidence, l’écrivain «a fait du cuir», le temps lui creusant des ridules de sagesse au front, gommant des impétuosités naïves. Ecrit dans une posada argentine, dans le Tigre, le huis clos transpire un climat névrotique, s’avance dans les sinuosités de la mémoire comme les barques qui défient les arroyos. «Le sol là-bas regorge d’eau au point qu’il est impossible d’y creuser une piscine. On pense à des îles sur le fleuve mais il s’agit plutôt d’osmose.» L’immersion agit d’ailleurs dans ce roman noir où jaillissent les émotions sensorielles, couleurs et parfums, pour mettre un drame vénéneux en branle.

Après trente ans d’exil, un écrivain bourlingueur revient se confronter au passé. Son pseudo, Jacques Haret, fait allusion au jacaré, un animal sauvage du cru, carnassier dangereux. L’auteur adore brouiller les pistes patronymiques, lui-même né Manoukian, mué en Manook. «Pas de coquetterie là-dedans, plutôt une généalogie. Issu du génocide arménien, mon grand-père a emprunté cette identité. J’ai une aïeule originaire d’Alep, vendue comme esclave à Beyrouth, immigrée en France. Nous sommes sans attache dans ma famille, des voyageurs du vent…» Il en garde «la culture de la diaspora» qui fait qu’un Arménien en reconnaît toujours un autre dans la foule. Depuis plusieurs années, ce talent tardif a d’ailleurs mis en chantier une gigantesque saga qui, en plusieurs volumes, racontera l’exil qui a frappé son clan, de 1915 à 2015.

Autre de ses obsessions, qui peuplent Mato Grosso, le romancier Stefan Zweig. «Déjà à cause de son écriture à la belle élégance. J’ambitionne encore d’atteindre cette classe. Et puis j’aime sa manière de s’illustrer dans la biographie et la fiction. Le personnage, enfin, m’émeut jusqu’à son suicide. Chez lui, le geste reste calme, mesuré, justifié par une peur authentique de ce qui arrive autour de lui.»

Mato Grosso, d’ailleurs, au-delà d’une vengeance où sue la réflexion philosophique façon Salaire de la peur, interroge aussi la condition du créateur de fiction. Ian Manook soupèse le vol opéré par la fiction sur la réalité, soupèse la propriété des émotions. «Cette histoire me travaillait, quelle est la part personnelle qu’un auteur investit dans ses personnages? Jusqu’où aller? Christine Angot ou Virginie Despentes ont pu se retrouver en procès pour s’être trop inspirées de personnes existantes.»

A l’évidence, Yeruldelgger s’éloigne, silhouette diffuse sur la ligne d’horizons infinis. «Mon but est d’aller vers d’autres territoires, de passer d’une période à l’autre, comme dans l’œuvre d’un Picasso. Je refuse d‘être catalogué dans un domaine, en représentant typé de l’ethno-polar. Tant pis si les libraires ne savent pas où me mettre.»

Longtemps publiciste, Manook, 68 ans, connaît ses fondamentaux. «Un projet viable doit pouvoir se qualifier en deux mots, ou en une phrase, ou en dix lignes. Si vous y arrivez, c’est que vous savez vers quoi vous allez.» Sous son éternel petit bonnet de marin, le flibustier Manook n’a pas oublié d’où il vient. «Je me suis embourgeoisé mais l’esprit ne change pas. Fils de prolo, premier de classe, j’étais le seul à aller à la fac en costume-cravate, j’ai été changé à tout jamais par le voyage. Je resterai toujours ce Candide de passage.»

Mato Grosso, éd. Albin Michel


Lagercrantz retatoue le dragon en Lisbeth Salander

Quand David Lagercrantz, excellent «écrivain sur commande», signa pour perpétuer la saga Millénium, le Suédois ne doutait pas du parcours du combattant qu’il allait s’infliger. Ce fut pire encore. Pour corser ses sueurs froides, les fans et les critiques se déchaînèrent, ulcérés de voir pillé l’héritage du journaliste d’investigation Stieg Larsson. Il fallait venger l’homme, décédé avant son triomphe en 2004 – 80 millions d’exemplaires de la trilogie vendus de par le monde –, spolié par son propre frère. Bref, avant même que ne soit publié ce quatrième épisode, la messe était dite. Heureusement nommé Ce qui ne me tue pas, le polar a fini par être lu, s’est même tiré à six millions d’exemplaires. Force est de reconnaître que Lagercrantz avait su rendre justice à l’égérie punk Lisbeth Salander, comme à son complice de hasard, le reporter justicier Mikael Blomkvist. Poursuivant dans la veine de l’espionnage industriel qui passionne Blomkvist, et de la gémellité mystérieuse qui entoure Lisbeth, La fille qui rendait coup pour coup sort dans un climat plus serein. David Lagercrantz, 55 ans, a signé pour trois livres. En homme méthodique, il a planifié son affaire. Lisbeth, embastillée malgré l’aide apportée à la justice, est menacée dans la prison des femmes de Flodberga par Benito, cheffe de bande brutale. Son protecteur veille et depuis l’extérieur, Mikael va lui fournir une aide dont l’indécrottable indépendante aurait d’ailleurs pu se passer. A la manière de feu Larsson qui se servait de la fiction pour commenter les remugles de la finance contemporaine, le repreneur de Millénium croise les indices réels et les artifices romanesques. Comme suggérés depuis le départ, les premiers pas de l’héroïne sur terre ne se révèlent pas moins sordides que les pratiques criminelles ourdies par les malfaisants de la planète économique. Ces données se croisent ici, trouvent un écho symbolique dans une figure jumelle qui se développe sournoisement. Sans trop en dire, le fameux dragon qui tatoue pleine peau l’épaule de Lisbeth voudrait s’envoler.

Millénium 5: La fille qui…, Actes Noir (TDG)

Créé: 07.10.2017, 14h06

Dan Brown va en enfer pour la science



Déjà en bisbille avec les Illuminati et autre conspirateurs du Graal, l’auteur du «Da Vinci Code» relance Langdon contre l’obscurantisme, quitte à froisser le Vatican.

A sa 5e chasse, le «symbiologue» craque un code à 47 inconnues pour révéler la preuve des inepties religieuses selon Edmond Kirsch, assassiné à Barcelone. «Elles ne vont pas ébranler les fondations des églises mais les briser!»

Il faut cent pages pour mettre le prof dans l’avion, trois fois plus pour déchiffrer l’énigme tout en s’adonnant au tourisme avec la curatrice du Guggenheim de Bilbao, fiancée au prince d’Espagne.

Pour rafraîchir sa tactique, le roi du best-seller s’étale sur l’art moderne. L’indépendance de la Catalogne n’est pas évoquée, cette révolution, ajoutée à l’autre, fait l’affaire. Priez pour lui qui risque l’anathème pour sauver Copernic.

«Origine», Ed. Albin Michel

Dennis Lehane opère en solo



Dennis Lehane, ancré à Boston, construit une œuvre, entre le duo de détectives contemporains Kenzie et Gennaro, et le clan irlandais Coughlin propice à la nostalgie du siècle dernier.

Puis il y a ses hors-série, Mystic River ou Shutter Island, formidables décorticages de la psyché humaine. Paradoxale, Rachel l’est, journaliste qui s’effondre en plein direct lors d’un tremblement de terre à Haïti. La reporter sombre dans l’alcool, vit en recluse malgré Brian qui veut la sauver.

Lorgnant, de son propre aveu, Hitchcock, le romancier scénariste effrite cette vie, la gosse tyrannisée par une mère psychotique, la revanche arrachée au destin, la rencontre avec ce producteur, compagnon qui inquiète en crescendo. Explose alors en coup de tonnerre, la faillite d’une femme, et de la classe moyenne américaine.

«Après la chute», Ed. Rivages

Harlan Coben réussit à piéger à nouveau



Ne le dites à personne mais «Double piège» est déjà en cours d’adaptation. Julia Roberts incarnera Maya, qui comme jadis Guillaume Canet à l’écran, voit ressurgir sur un écran le conjoint qu’elle a pourtant vu mourir à Central Park.

Traumatisée de surcroît par l’assassinat de sa sœur peu auparavant, la battante a placé une vidéosurveillance dans la chambre de sa petite fille. Experte en armes à feu, rodée aux opérations militaires, cet officier discréditée par un faux compte-rendu d’une bavure, mène son enquête malgré sa mise au placard et la poisse morbide qui la poursuit.

Harlan Coben a pu lasser, paresseux parfois dans des intrigues d’une outrageante facilité. Cette fois, le maître prend la tête avec un suspense dosé entre indices glissés en douce et leurres posés dans un décor a priori anodin. De la très bonne série B.

«Double piège», Ed. Belfond.

Christian Jacq fait entre archéo et techno



Malicieux Christian Jacq. Un jour, le naturalisé suisse passe pour un flegmatique enquêteur «British». Le lendemain, le chapeau d’Indiana Jones sur sa tête d’érudit, il creuse au pied des pyramides en quête de secrets pharaoniques.

Ici, le septuagénaire se surprend à mi-chemin d’une trilogie entamée avec «Sphinx». Le deuxième tome active toujours le sémillant journaliste écossais, Bruce Reuchlin. En direct de la tombe de Michael Crichton, ce franc-tireur court de la Sibérie à New York pour sauver la planète prise dans la spirale infernale de l’intelligence artificielle.

L’efficacité du récit qui renvoie le roman de gare à la tablette informatique, est dopée par une émotion peu coutumière dans ce répertoire. Fort d’une érudition classique, l’auteur sait distinguer le savoir né des algorithmes de celui du lien cœur-conscience.

«Urgence absolue», Ed. XO.
Dès le 12 octobre.

Donato Carrisi inonde Rome avec style



Après un best-seller foudroyant qui «chuchota» à l’oreille du monde, le criminologue et juriste Donato Carrisi trouve sa vitesse de croisière à travers des héros atypiques.

Si Sandra Vega, policière, peut sembler banale, Marcus, prêtre et profileur en univers carcéral, pose en acolyte plus original. Vus dans «Le tribunal des âmes» et «Malefico», ils reprennent du service. Dans une bulle du XVIe s., le pape Léon X affirmait ne jamais laisser Rome dans les ténèbres.

Las, le pire est toujours promis. Tendu par la fascination du Mal, ici incarné en «Maestro de l’ombre», ce polar ésotérique décrit la ville noyée dans le tumulte du Tibre, menacée par l’Apocalypse. Equilibrant les indices les plus réalistes aux péripéties fantastiques, le flux emporte sans laisser place au doute.

«Tenebra Roma», Ed. Calmann-Levy.
Dès le 12 octobre.

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