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Philippe Rahmy, une plume envolée au ciel

Emporté ce dimanche au CHUV, l’auteur lausannois compte parmi les grands écrivains romands de ce début de siècle.

DR

Peu après six heures du soir ce dimanche, un mail tombe: Philippe Rahmy vient de décéder au CHUV à 52 ans, emporté par une rupture d’aorte. Ce message est arrivé à Pascal Cottin, proche ami de Philippe Rahmy travaillant aux Editions d’En Bas, qui publie dans deux semaines le prochain ouvrage de l’auteur, Propositions démocratiques. «Il avait plein d’envies, de projets, il n’arrêtait pas de parler d’avenir, se souvient Pascal Cottin, ému. Il était d’une sensibilité extrême, il avait les larmes aux yeux en s’identifiant à la vie des gens sur qui il écrivait. C’était une plume. Et un honnête homme.»

L’auteur vaudois (qui a grandi à Genève) avait la bougeotte, même assis dans un fauteuil roulant à cause de ladite «maladie des os de verre». Souvent invité en résidence d’écriture aux quatre coins du monde, Philippe Rahmy n’hésitait jamais à accepter les séjours lointains où il était convié, de Shanghai à Buenos Aires, en passant par la Floride et le Maroc.

De Chine, il revient avec Béton armé, un récit de voyage aussi subjectif que philosophique, qui lui vaut la mention spéciale du Prix Wepler en 2013, suivie des prix Pittard de l’Andelyn et Michel-Dentan. Son roman Allegra, racontant la descente aux enfers d’un jeune père qui subit un dur coup du sort, est unanimement salué par la critique. Dans l’ouvrage, l’auteur s’emparait d’enjeux de société actuels comme le terrorisme et l’ultralibéralisme économique, tout en évitant les clichés. Il s’est intéressé au passé de son père dans Monarques, son dernier roman.

L’homme était modeste. Et doté d’un fort sens de l’humour. Quand on lui posait une question dérangeante, il ne piquait pas la mouche, mais prenait bien plutôt le temps de réfléchir pour finalement proférer une réponse profonde et authentique. On admirait la structure en spirale de ses romans, son recul par rapport aux thématiques traitées et la poésie émouvante de ses phrases courtes.

«Le mal me quitte, le rire me sauve. (…) Me voilà rendu à la banalité des jours», exprimait le héros à la fin d’Allegra. Une banalité des jours à laquelle est également rendue la littérature romande, qui perd là l’une des plumes les plus originales de ce début de siècle.

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