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Bobin célèbre le colossal courage du brin d'herbe

Le poète sème ses utopies au vent sans se soucier des esprits moqueurs. Menant un combat entêté, l’archéologue du souffle entend «dérober à la mort son encrier».

Discuter à travers les airs avec un poète, quoi de plus normal? Christian Bobin échappe à la pesanteur mortelle. Une seconde, une minute, tout prend valeur d’éternité, dit-il. Sa voix charme, onde qui rafraîchit la rocaille des temps modernes, crée des hallucinations soniques. De l’horreur à l’aurore, un diablotin passe. Ou un ange. Tombé du ciel, l’homme refuse l’auréole du religieux. Ou alors ironise sa biographe Claire Tiévant, «est taoïste, chrétien, juif, musulman, athée». L’artisan de best-seller sème ses confettis de beauté à tous les vents. Le voilà honoré par les Cahiers de l’Herne, réédité avec constance, lui qui se faufile dans la poche des pendulaires fourbus, converse avec les merles, les alizés ou le lilas. En cette ère de guérilla écologique où l’éloge de la lenteur reprend vigueur, les moqueurs étranglent leurs sarcasmes.

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