Bernard Werber invitera les Genevois à sortir de leur corps

Entretien L’auteur de science-fiction donne une conférence vendredi 23 juin et un atelier d’écriture samedi 24 à Genève. Au menu, spiritualité et paranormal.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Yoga, méditation, voyage astral, hypnose, expériences de sorties hors du corps et autres pratiques spirituelles. Des thèmes fétiches de Bernard Werber, qu’il abordera lors de sa venue à Genève, vendredi 23 et samedi 24 juin prochain. Invité par l’institut suisse des sciences noétiques (ISSNOE), l’auteur de science-fiction donnera le vendredi soir une conférence au temple de la Madeleine sur son «chemin initiatique» de romancier, et animera le lendemain un atelier, centré sur la thérapie par l’écriture.

Dans quasi tous ses romans, Bernard Werber met en scène des personnages qui échappent de leur corps pour explorer d’autres mondes: Dans Les thanatonautes, des scientifiques cherchent à percer le mystère de la mort en échappant à leur enveloppe corporelle grâce à la méditation. Dans L’ultime secret, un homme paralysé influe sur le monde via Internet, grâce à des électrodes branchés dans son cerveau. Et dans le récent Sixième sommeil, le héros accède par auto-hypnose à traverser les couches de sommeil très profond. D’où vient l’obsession de Werber pour le voyage astral? Joint par téléphone, l’auteur parisien lève le voile.

Objectif: lune

«A l’âge de 8 ans, j’ai été atteint de la spondylite ankylosante (spa), une maladie invalidante. La réalité me semblait tellement désagréable que j’ai commencé à écrire pour me créer des mondes imaginaires, des zones de découverte et de nouvelles expériences. Je me suis soigné par l’écriture, en quelque sorte.»

La deuxième étape dans sa quête de fuite du réel a été la rencontre d’un garçon en colonie de vacances: «On avait 13 ans tous les deux. Il m’emmenait faire du yoga à 6 h du matin, face au soleil. Lui se plaçait en position du lotus, moi je n’y arrivais pas alors je me mettais simplement en tailleur. On se branchait sur l’énergie de la vie. C’était une expérience incroyable. J’ai alors appris que l’on pouvait sortir de son corps rien qu’avec la force de la pensée.»

«Le roman est la forme d’art la plus puissante»

La lecture de certains romans a aussi permis à Bernard Werber d’aller plus loin. «Il y a des livres qui nous marquent tellement qu’ils nous transforment. Ça a été le cas pour moi avec «Le Goelan, de Jonathan Linvingston, Dune de Frank Herbert, ou les romans de Philippe K. Dick. A mes yeux, le roman est la forme d’art la plus puissante, car le lecteur devient créateur en fabriquant ses propres images, et se retrouve immergé avec les personnages. Il est dans l’empathie, il aime, souffre, se réjouit face à des situations qui n’existent pas dans la vie réelle. Etre plongé dans un livre est une expérience métaphysique, qui n’a rien à voir avec l’étude de textes littéraires en cours de français. Des enseignants m’avaient dégoûté des livres.» Lucide quant à son propre style, Bernard Werber ne caresse pas l’ambition d’avoir une belle plume «Je ne veux pas qu’on dise de mes livres que c’est bien écrit, que la langue est belle. Moi je veux que mes histoires marquent les lecteurs, les fassent voyager, les entraînent vers d’autres possibles.»

«J’ai décidé de m’inventer une thérapie»

C’est ensuite tout au long de sa vie que l’auteur s’est intéressé à l’hypnose, aux esprits, au paranormal. Son Livre du voyage, une sorte méditation guidée dont vous êtes le héros, il l’a écrit suite à son divorce. «Ma femme m’a quitté car elle avait fait une psychanalyse, et moi non. Elle m’a conseillé d’en faire une, si je ne voulais pas rater toutes mes relations par la suite. Observant les gens que je connaissais qui consultaient un psychiatre, je constatais que c’était très éprouvant, que ça prenait énormément de temps, pour un résultat pas forcément flagrant. Ça ne m’a pas fait envie. En revanche, j’ai décidé de m’inventer une thérapie, à travers une méditation qui revisiterait un peu les étapes de la vie, pour en dénouer les nœuds. C’est comme ça que livre est né.»

Malgré une vie très agréable aujourd’hui - il est notamment le père de deux bambins -, l’auteur n’a apparemment pas calmé son besoin d’échapper à la réalité: «Je suis absorbé à 50% par le livre que j’écris (l’auteur publie un roman par année, ndlr), à 30% par le livre que je lis. Il me reste donc 20% de temps pour le monde normal».

Visionnaire malgré lui

A force de situer ses personnages dans un avenir proche et d’imaginer des avancées technologiques utopiques dans ses romans, Bernard Werber tombe parfois juste dans ses prédictions. Par exemple, dans L’ultime secret paru en 2001, les personnages peuvent connaître des détails sur la personne qui les contacte par téléphone, à partir du seul numéro apparaissant. Impensable à l’époque pré-smartphones, réseaux sociaux, et big data. S’espère-t-il visionnaire? «C’est effectivement amusant de pouvoir dire «Regardez, je l’avais mis dans le livre et maintenant, ça s’est produit!» Mais depuis l’anecdote d’un avion percutant un immeuble décrite dans L’empire des anges paru en 2000, je me retiens d’anticiper des choses trop négatives de peur qu’elles ne se réalisent. Par superstition.»

Note: Rencontre avec Bernard Werber, ven 23 juin, Temple de la Madeleine, Rue de la Madeleine 10, 19 h 30, et sam 24 juin, atelier d’écriture et petit déjeuner de 9 h à 12 h, Restaurant La Mère Royaume, 4 place Simon-Goulard. Réservation au 076 334 54 88 ou sur www.issnoe.com

(TDG)

Créé: 16.06.2017, 18h26

Abonnez-vous


Articles en relation

Bernard Werber, des chats et des hommes

Littérature Dans «Demain les chats», l’auteur parisien imagine le terrorisme observé par nos animaux de compagnie. Rencontre à Paris. Plus...

Bernard Werber, cocon et papillon

Interview A l'occasion de la sortie de son nouveau roman «Le sixième sommeil», l’auteur des «Fourmis» conte ses multiples vies, et comment l’ado introverti s’est mué en auteur à succès. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.