Zep raconte son Gaston Lagaffe, du burlesque au punk

Bande dessinéeEn compagnie d'autres personnalités, le dessinateur genevois évoque son rapport au personnage créé par Franquin, à l’occasion de l’adaptation du roi des gaffeurs sur grand écran.

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«Enfant, j’ai aimé le côté burlesque de Gaston. Ado, j’ai découvert son côté punk.» Parole de fan; parole d’expert aussi. Dans un numéro spécial publié à l’occasion de l’adaptation du roi des gaffeurs sur grand écran, Zep évoque son rapport au personnage créé par Franquin en 1957. «À l’époque des Trente Glorieuses et du plein-emploi, créer un héros faisant l’apologie du «rien foutre» était assez révolutionnaire! Aujourd’hui, dans une entreprise, Gaston ne ferait pas la journée.»

Tout en relevant un des messages importants de la BD de Franquin, véritable «ode à la fantaisie», Zep évoque sa rencontre avec le créateur de Lagaffe, à l’époque où celui-ci planchait sur Les Tifous, une série d’animation initiée par le Vaudois Christian Mauron. En compagnie d’un ami, Franquin avait emmené le futur dessinateur de Titeuf dans un restaurant chinois, où il l’avait abreuvé d’anecdotes, tout en crobardant frénétiquement. «J’avais eu l’impression de rencontrer Dieu!»

Dans le même ouvrage, à la fois disponible en kiosque (broché) et en librairie (cartonné), d’autres personnalités expriment leur fascination pour Gaston. Parmi elles, des gens bien éloignés du cénacle de la BD, à l’image du cuisinier Philippe Etchebest. Le cuistot étoilé, grand manitou des émissions télévisées «Top Chef» et «Cauchemar en cuisine» sur M6, donne son avis – forcément tranché – sur les plats signatures du célèbre gaffeur. Notamment sa fameuse morue aux fraises. «Je dis: pourquoi pas? De la morue, avec une touche de fraise et un vinaigre, ça peut le faire. (…) Je dois reconnaître une chose à Gaston: il est tellement délirant dans ses associations qu’il pourrait amener des idées auxquelles je n’aurais pas pensé.»

De son côté, un Prix Nobel de chimie, le Français Jean-Pierre Sauvage, analyse les expériences menées par Gaston. «Pour faire un bon scientifique, il faut avoir de l’imagination, du courage, mais aussi le goût du beau. (…) Toutes ces qualités, je pense que Gaston les a.»

Il en a même d’autres, comme le relève Yann Arthus-Bertrand, qui partage plus d’une conviction écologique avec le roi de la gaffe. «Gaston n’est pas du tout dans la croissance. Il bricole, il répare, il recycle… Il sait regarder le monde avec les yeux ouverts, alors que nous sommes nombreux à refuser de croire ce que nous voyons. (…) Gaston parle du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, qui banalise la catastrophe écologique.»

Slow life et décroissance: mine de rien, Lagaffe a anticipé à sa manière différentes évolutions de notre société. L’astrophysicien Hubert Reeves, lui aussi, apprécie ce héros préfigurant une nouvelle manière de considérer la science, l’écologie et le rapport aux animaux. «Il faut nous tourner vers les choses et les êtres de la nature pour apprendre. Et Gaston a été un des premiers à le comprendre.»

«Gaston, le gaffeur qui avait du nez», Collectif, Éd. Dupuis, 120 p. (TDG)

Créé: 04.04.2018, 16h23

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