Nicoby et Tronchet l'affirment: il faut se méfier de ses potes!

Bande dessinéeAvec «Le meilleur ami de l'homme», le duo dessinateur-scénariste signe une pétillante comédie amère. Interview.

Image: Ed. Dupuis

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Un ami comme lui? Merci! Véritable boulet, Kevin Delafosse, alias «Kevin la Winne», ressurgit vingt ans après dans l’existence bien rangée d’un médecin parisien. Moins benêt qu’il n’y paraît, ce tatoueur un peu paumé va chambarder de fond en comble l’existence jusque-là bien rangée de son ancien pote de foot, qui n’en demandait pas tant. C’est que jusqu’ici, Vincent Renard, surnommé «Fine braguette» dans sa jeunesse, avait tout pour lui: des femmes aimantes – son épouse charmante, sa maîtresse exubérante –, une chouette fillette complice de son papa, un appartement bourgeois et un job de médecin proctologue qui vous pose son homme. En peu de temps, tout cela va partir en vrille, et certains fantômes du passé vont ressurgir.

Quiproquos, sens du rythme, dialogues enlevés, la paire Tronchet-Nicoby signe avec Le meilleur ami de l’homme une pétillante comédie amère comme on les aime. De l’humour, oui, mais aussi une bonne dose de causticité, manière de pimenter un roman graphique tournant autour de relations sociales en délicatesse. Parfaitement désassorti, le tandem Kevin-Vincent ne déparerait pas dans un «buddy movie» à la Depardieu-Pierre Richard. Le scénario de Didier Tronchet a d’ailleurs été primitivement développé comme un projet pour le cinéma. L’affaire suit son cours. En attendant de voir sa prose s’animer sur grand écran, l’auteur de Ça n’arrive qu’à moi a confié son histoire à un dessinateur avec lequel il n’avait encore jamais collaboré, le Breton Nicolas Bidet, alias Nicoby. «Tronchet m’a expliqué qu’il y avait une spontanéité dans mon trait qui manquait à son propre dessin», confie l’intéressé, rencontré récemment au festival BDFIL.

En parcourant la suite dialoguée qui lui était proposée, Nicoby a rapidement visualisé certaines scènes. «En revanche, je n’arrivais pas à me représenter graphiquement les personnages. Tronchet m’a donné des exemples d’acteurs: Vincent Macaigne pour le rôle de Kevin, Jean Dujardin pour celui de Vincent, un type jovial qui garde le contrôle en toutes circonstances. Ça m’a fait tilt. J’étais peut-être un peu trop dans le réalisme, pas assez dans la comédie. Une fois le bon tempo trouvé, j’ai déroulé.» A raison d’une à deux pages par jour, Nicoby a avancé à grandes enjambées. «Parfois, j’ai mauvaise conscience à dessiner d’un style lâché. Mais je sais que Tronchet est venu me chercher pour ça. Et lorsque je m’applique à être plus réaliste, comme dans Belle-Ile en père, j’ai l’impression que mon dessin est moins épanoui.»

Au vu des planches livrées, Tronchet – et il n’est pas le seul – a applaudi. «On s’est très bien entendu. Du coup, on n’a pas envie d’en rester là. Une nouvelle tragicomédie devrait voir le jour. Le ton y sera sans doute un plus noir.» On en salive d’avance.

«Le meilleur ami de l’homme» Nicoby et Tronchet, Ed. Dupuis/Aire libre, 138 pages

(TDG)

Créé: 22.09.2017, 16h04

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