Naturel et surnaturel se tutoient dans un roman

Marie-Christophe Ruata-Arn, alias Claire Asile au sein du Beau Lac de Bâle.

Marie-Christophe Ruata-Arn, alias Claire Asile au sein du Beau Lac de Bâle. Image: DR

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Marie-Christophe Ruata-Arn l’avoue volontiers, elle a une tendresse particulière pour Elena, le personnage principal de son dernier roman, Sept roses rouges pour Rachel, paru à La Joie de lire. Cette adolescente bientôt majeure n’est pourtant pas à prendre avec des pincettes. En ce début d’été, elle est plutôt furieuse. Alors qu’elle voulait rester à Genève avec son amoureux et ses copines, la voilà condamnée à accompagner sa mère dans un village perdu en Italie pour vendre la maison de famille. Celle de la fameuse nonna Rachel. Mais ce qui devait être une formalité ne se passe pas comme prévu. La grand-mère maternelle a beau être décédée, sa réputation de sorcière ne s’est pas éteinte pour autant. On chuchote, au village, que la maison est encore hantée. Et elle l’est, par un fantôme irascible et désespéré!

Elena, que tout rebute dans ce lieu retiré, va progressivement y trouver de l’intérêt et se passionner pour ce qu’elle découvre. Ces expériences dans le monde des esprits comme dans la vraie vie vont la décider à prendre son destin en main, à faire ses choix en fonction de ses envies et non pas celles des autres.

Ce roman, qui se lit d’une traite, pourrait donc être qualifié de récit initiatique, puisqu’il comporte son lot d’épreuves à traverser et de défis à relever pour grandir. Mais il possède une dimension supplémentaire, en s’aventurant sur des terres où le naturel et le surnaturel se tutoient en toute simplicité. L’auteure genevoise a toujours en tête un modèle du genre qui l’accompagne depuis ses premières lectures. Dans Les contes du chat perché, de Marcel Aymé, les animaux parlent, c’est une évidence. Chez Marie-Christophe Ruata-Arn, une grand-mère danse la nuit avec un partenaire fantôme, sans que ça ne la dérange le moins du monde. Sous sa plume, les brassées de roses se transforment en poudre d’or, le désordre se range comme par magie. À ces incursions dans le surnaturel, qui n’ont rien de stéréotypé, l’auteur oppose une description on ne peut plus réaliste du lieu où se déroule le roman, entre Turin et Vercelli. Une région que la Genevoise connaît par cœur puisqu’elle y passe depuis longtemps une partie de ses étés. Elle se plaît à faire évoluer ses personnages dans des espaces et des conditions qu’elle se représente facilement: le labyrinthe des rizières, la chaleur écrasante d’un d’été et les moustiques voraces qui vampirisent les habitants. Son sens des dialogues et le ton de ce récit bien enlevé font mouche auprès des lecteurs dès 11 ans. Et même des plus grands.

«Sept roses rouges pour Rachel» Marie-Christophe Ruata-Arn, Editions La Joie de lire, 272 pages

Créé: 30.03.2018, 20h37

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