Le créateur du prince Malko couronné pour le 200e SAS

Gérard de VilliersAlors qu’il s’apprête à sortir son 200e SAS, l’intelligentsia consacre Gérard de Villiers, auteur prolifique de romans de gare et d’espionnage, jusqu’ici snobé par les milieux littéraires.

Gérard de Villiers photographié chez lui en 2007.

Gérard de Villiers photographié chez lui en 2007. Image: AFP

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L’auteur des SAS, dont le 200e roman sort en automne, tient sa revanche. Gérard de Villiers a droit à un entretien fleuve dans Le Monde après les cinq pages élogieuses que lui a consacré le New York Times.

Pour illustrer l’article paru dans le News York Times sous le titre «Gérard de Villiers, le romancier qui en savait trop», l’alerte octogénaire apparaît (photo ci-contre) fixant l’objectif, chapka crânement vissée sur la tête et une veste aux larges rayures portée avec assurance.

Les bonnes infos du prince Malko

L'article du NYT égrène ce qu’il définit comme «les coups» du romancier français, mettant en exergue les derniers volets des aventures du prince Malko.

L’auteur de l’article cite en exemple «Le chemin de Damas» qui décrit l’attaque d’un centre de commandement du régime syrien, proche du palais présidentiel à Damas, en soulignant au passage que le roman est sorti un mois avant que le régime de Bachar el-Assad ne soit décapité l’an dernier par un attentat, bien réel celui-là, contre le bâtiment de la Sécurité nationale. Spécialiste du Moyen-Orient dans le grand quotidien américain, Robert F. Worth tient aussi à mettre en évidence que le romancier français, bien tuyauté par son réseau d’informateurs, est souvent au parfum avant les spécialistes du renseignement américain. Sous les couvertures aux filles pulpeuses des romans de gare de Gérard de Villiers se cachent souvent quelques-uns des secrets les plus explosifs de la planète.

L'attentat contre Anouar El Sadate

Robert F. Worth cite aussi «Les fous de Benghazi» narrant comment les islamistes ont investi la Libye post-Kadhafi, et le combat que leur livre la CIA. Autre fait troublant, le roman est paru six mois avant l'assassinat de Christopher Stevens, ambassadeur américain en Libye.

«Le roman, souligne Robert Worth, contenait des descriptions du QG de l'agence à Benghazi , top secret à cette époque, devenu depuis un point central de la controverse sur l'assassinat de Stevens.»

Le journaliste américain souligne encore dans son article que dans les années 80, le même Gérard de Villiers imaginait l'attentat contre Anouar El Sadate un an avant qu'il n'ait lieu.

Un genre littéraire souvent décrié

Est-ce cet éloge par l’aristocratie de la presse américaine qui a poussé Le Monde à proposer aux abonnés de son site internet un long entretien avec l’auteur des SAS ou plus simplement la prochaine parution en automne du 200e SAS? Toujours est-il que l’article du prestigieux quotidien sonne comme une reconnaissance tardive d’un genre littéraire souvent décrié: le roman de gare.

Titré «Gérard de Villiers, Itinéraire d’un réac», l’article du Monde, sous la plume des journalistes Ariane Chemin et Judith Perrignon, est moins laudatif que celui du New York Times. Il rend toutefois hommage à «ce morceau de patrimoine populaire qu'est Son Altesse Sérénissime, alias SAS» S’il fait allusion au passé proche des milieux d’extrême droite de Gérard de Villiers, à ses penchants misogynes et au goût de l’auteur pour les blagues à connotation raciste, l’article met en évidence que le grand succès populaire des romans de l’auteur des SAS tient à la fiabilité de ses sources. Il met notamment en exergue les contacts que Gérard de Villiers entretien avec certains membres de la DGSE (service de contre-espionnage français).

«Des contes de fées pour adultes»

Interrogé sur le dédain que suscite ses romans dans les milieux littéraires, Gérard de Villiers répond de façon cinglante: «Je ne fais pas de littérature. J'écris des contes de fées pour adultes. Et j'essaie d'y mettre un peu de substance».

Cette substance, si elle laisse froid les critiques littéraires, intéresse au plus haut point diplomates et agents secrets, et même certains hommes politiques, tel l’ex-ministre des Affaires étrangères de gauche Hubert Védrine, l'un des seuls à admettre ouvertement avoir lu presque tous les SAS et les consulter systématiquement avant de se rendre à l'étranger.

Mais le lecteur dont le créateur des SAS doit être le plus fier est sans doute Jacques Chirac, dont des proches révélèrent qu’il dévorait ses romans durant ses vacances présidentielles sur une plage de l’Île Maurice ou ailleurs. Selon les confidences de son chauffeur dans un documentaire télévisé, il avait pour «mission secrète» d’aller acheter pour son patron le dernier SAS paru dans un kiosque proche de l’Elysée. (nxp)

Créé: 23.08.2013, 15h30

Trois couvertures de SAS.

Le portrait de Gérard de Villiers publié par le "New York Times".

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