Daniel Pennac fait l’éloge de la lecture à haute voix

LittératureL'auteur de "La fée carabine" était à Morges lors du Livre sur les quais. Nous l'avons rencontré.

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Président d’honneur du Livre sur les quais, Daniel Pennac a prouvé son attachement à la transmission du goût de la lecture aux jeunes générations. Vendredi, il a répondu aux questions de plus de 500 élèves du cycle et du collège qui étudient ses livres en classes. Nous avons rencontré l’auteur de La fée carabine et de Chagrin d’école sur la terrasse du Beau-Rivage Palace de Lausanne, où il a logé pendant la manifestation.

«Une fois les questions préparées en classe épuisées, des interrogations plus spontanées sont apparues. Un élève m’a demandé: «Combien gagnez-vous?» C’était intéressant parce que la réponse met en jeu toute l’organisation de l’édition, le pourcentage croissant que gagne un auteur selon le nombre de livres vendus, la marge des libraires, le rôle des diffuseurs…» Daniel Pennacchioni de son vrai nom, a longtemps été enseignant de français. Son secret pour donner le goût de la littérature aux «élèves qui prétendent ne pas aimer lire»?

«Dans mes classes, je faisais une heure de lecture hebdomadaire à tous mes élèves, avec un texte différent à chaque fois, de manière à ce que chacun y trouve son compte. » Une technique qui l’a souvent opposé à la direction des établissements où il enseignait. «Il ne faut pas se laisser faire. Je leur ai dit: si vous voulez quelqu’un qui fabrique des enfants qui n’aiment pas lire en leur apprenant à disséquer des textes qu’ils ne comprennent pas, cherchez quelqu’un autre. »

Revenant sur des thèses qu’il expose dans Comme un roman, Daniel Pennac explique l’avantage qu’il existe à sauter des pages: «Si un élève me dit que Balzac c’est bien mais qu’il y a trop de descriptions, je l’incite à suivre le fil de l’histoire, et à sauter des passages. S’il apprécie l’histoire en n’ayant pas tout lu, je suis persuadé qu’il relira le texte un jour. En revanche, si à 12 ans vous lisez Notre Dame de Paris en version raccourcie ou pire, en version réécrite et simplifiée, vous ne lirez jamais le vrai roman, car vous aurez l’impression de le connaître. »

Un autre droit fondamental selon Pennac, celui de ne pas finir un livre: «Il y a deux bonnes raisons à cela. La première est l’idiotie d’un livre. Il faut être sans pitié avec un produit de la littérature industrielle, alignant les stéréotypes et dont le style est imbécile. La deuxième raison d’interrompre sa lecture, c’est quand un livre vous dépasse, qu’intellectuellement vous n’êtes pas prêt. Rangez-le et ressortez-le quand vous aurez mûri. » (TDG)

Créé: 15.09.2014, 19h25

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