Liotard, un virtuose genevois du pastel

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Un artiste genevois qui devient une star, ce n’est pas si courant. Jean-Étienne Liotard a eu cette chance. Né en 1702 à Genève, où il est mort en 1789, il s’est fait un nom dans les cours royales européennes grâce à son talent de pastelliste. Voyageant entre la France, l’Italie, l’Angleterre, l’Autriche et la Hollande, il a immortalisé certaines des figures les plus illustres de son temps, comme l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

Le Musée d’art et d’histoire de Genève possède la collection la plus riche et représentative de Liotard, avec une centaine d’œuvres. Plusieurs sont accrochées à l’étage des beaux-arts, dont ce petit pastel sur parchemin qui passe presque inaperçu. Baptisé Dame pensive sur un sofa, il ne mesure que 23 centimètres sur 19… Il existe plusieurs variantes de ce motif, dont le visage de la figure diffère. Cette version, datée de 1749, serait la première. Mais cela reste sujet à controverse, puisque la date n’a pas été apposée par le peintre lui-même.

Un autre titre donné à l’œuvre, Portrait d’une jeune femme en costume turc assise sur un divan, met davantage l’accent sur le côté orientaliste que sur l’humeur du personnage. Liotard a séjourné plusieurs années à Constantinople et en a ramené des pastels où il a capturé des personnages et des scènes de la vie locale. Ce sont d’ailleurs ces travaux qui l’ont fait connaître en Europe.

Dans la salle des pastels du Musée d’art et d’histoire, aux côtés de cette représentation mystérieuse, on trouve plusieurs des portraits qui ont fait le succès du Genevois. Il y dépeint avec délicatesse mais sans complaisance des membres de sa famille et des personnalités de l’époque, telle Madame d’Épinay. Son grand réalisme lui a valu le surnom de «peintre de la vérité».

Liotard use à merveille des multiples possibilités du pastel. Entre dessin et peinture, ce médium rapide et facile à utiliser permet de travailler à la fois sur le trait et la surface. Sa composition de craie et de pigments le rend par contre difficile à conserver, tout comme son support, et de nombreuses œuvres de l’artiste ont été perdues. Mais peut-être cette fragilité ajoute-t-elle aussi à son attrait… (TDG)

Créé: 21.12.2017, 19h48

Une figure pensive Clairement Européenne, cette jeune demoiselle est pourtant représentée dans un costume typiquement turc. Liotard démontre sa virtuosité de pastelliste dans le rendu des textures, notamment le satiné de la robe et le velouté de la peau. Légèrement décalé du centre de l’image, le personnage ne prête aucune attention au spectateur. Les yeux dans le vague, la tête appuyée contre la main, il pourrait symboliser la mélancolie. On a aussi émis l’hypothèse qu’il s’agissait d’un portrait, mais son identité a été très discutée.

Nature morte miniature Sur le sofa est posée une corbeille à ouvrage remplie de tissus, velours, dentelle et broderie ainsi qu’un miroir et un peigne. Un livre fermé repose à côté. Il s’agit là d’une véritable nature morte, genre auquel Liotard s’est principalement adonné à la fin de sa carrière. Mais vu la très petite taille de ce pastel, il a recours à ses talents de miniaturiste et émailleur, métier qu’il a appris à Genève et perfectionné à Paris.

La figure se détache nettement sur la large paroi uniforme de couleur crème. C’est un procédé habituel chez Liotard, mais ici le pastelliste a donné beaucoup de place à l’espace totalement nu. Celui-ci attire l’œil du spectateur et vient équilibrer la partie inférieure, très chargée visuellement. L’ombre qui s’inscrit sur le mur à gauche donne davantage de présence et un petit côté théâtral à la figure centrale.

Avec ses riches motifs, le tapis évoque à lui seul la splendeur de l’Orient. Rouge, jaune et bleu, les couleurs primaires, il fait écho aux tonalités du reste du tableau, notamment les habits de la jeune fille et le coussin. À gauche, la lettre déchirée et jetée sur le sol évoque peut-être une rupture amoureuse.

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