«Lignes de conduite», carillon pour quatre danseuses

DanseMaud Blandel signe un quatuor chorégraphique inspiré du tarentisme, à voir à l’ADC d’ici dimanche.

Romane Peytavin, Maya Masse, Margaux Gómez Abaitua et Caroline Savi Marsalo, les quatre battantes de la cloche imaginée par Maud Blandel pour «Lignes de conduite».

Romane Peytavin, Maya Masse, Margaux Gómez Abaitua et Caroline Savi Marsalo, les quatre battantes de la cloche imaginée par Maud Blandel pour «Lignes de conduite». Image: MARGAUX VENDASSI

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Majestueuse dans la pénombre, trône une cloche. Quatre câbles, devant elle, la maintiennent suspendue. À chacune des cordes, dans leur alignement, sa sonneuse propre. Romane Peytavin, Maya Masse, Margaux Gómez Abaitua et Caroline Savi Marsalo, vêtues d’habits sombres autant que sobres, pieds nus, cheveux détachés, hissent la masse à l’unisson. Sa place trouvée à mi-hauteur, son éclairage ajusté, les danseuses lâchent la bride pour la course.

La bande-son égrène les tintements entêtants du compositeur électronique Charlemagne Palestine. Les filles, positionnées en quadrille, s’élancent dans leur galop comme quatre chevaux sauvages, crinière au vent. Leurs sabots blancs épousent scrupuleusement le carillon, tandis qu’elles caracolent à perdre haleine. Le jeu de jambes, répétitif quoique jamais identique, s’interrompt ou change de sens sur le «ya» prononcé sec par l’un ou l’autre des poulains en sueur. À cru sur leur musique cravachée, les cavales sont autant de battants venant cogner le bronze.

Si vous ne saisissez pas le lien entre la cloche et le mustang, ne vous en faites pas. De toute façon, la motivation originelle de ces «Lignes de conduite» se situe ailleurs. Et après tout, la muse Terpsichore tolère le fourvoiement.

En 2016, la Franco-Suisse Maud Blandel s’était penchée avec «Touch Down» sur le phénomène des cheerleaders. C’est que la chorégraphe s’intéresse à diverses pratiques, populaires ou folkloriques, telles qu’elles existent avant d’entrer dans la sphère du spectacle. Ici, le rituel sacré du tarentisme, auquel on recourt au sud de l’Italie dans l’espoir d’une guérison, voire d’un exorcisme. L’artiste se propose de remonter aux sources sacrées d’une cérémonie devenue peu à peu attraction touristique. Aussi, pour peu que subsiste ce caractère spirituel, symbolisé par la cloche accrochée à son beffroi invisible, toute interprétation, même équestre, est autorisée. Grâce à l’exploit physique demandé à nos licornes, la transcendanse est au rendez-vous.

«Lignes de conduite» ADC, Salle des Eaux-Vives, jusqu’au 4 nov., 022 320 06 06, www.adc-geneve.ch

Créé: 01.11.2018, 18h57

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