Licences et licenciements

Théâtre/CritiqueDiane Müller transpose son vécu de comédienne brutalement congédiée d'une production. L'occasion d'un brainstorming convoquant humour, politique, droit, littérature et psychologie.

Bastien Semenzato, Céline Nidegger, Roland Gervet et Diane Müller en «répétition publique» dans le cadre de «Mercredi 13».

Bastien Semenzato, Céline Nidegger, Roland Gervet et Diane Müller en «répétition publique» dans le cadre de «Mercredi 13». Image: DR

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Clairsemé, le public ne comptait ce soir-là presque que des professionnels du théâtre. Pas étonnant, vu le pitch de ce «Mercredi 13» qui puise directement à l’expérience vécue de la comédienne et metteure en scène Diane Müller. Un témoignage d’initié, en quelque sorte, qui ne trahit pas en cela la mission de «Centre de production et de diffusion des arts vivants» embrassée par la nouvelle direction du Grütli.

Une soudaine rupture de contrat titille forcément la mémoire ou l’angoisse d’un intermittent du spectacle. Mais d’autres que lui aussi. Diane Müller prend d’ailleurs soin d’étendre sa mésaventure aux conditions de travail des masses laborieuses en général, ainsi qu’à la psychologie de l’employé. Le fait que le tribunal des Prud’hommes ait été saisi – dans les faits puis dans l’autofiction – suffit à l’attester.

C’est donc moins dans le thème du licenciement que dans l’exercice de la licence artistique qu’il faut chercher la cause possible d’une désaffection. La pièce ne manque ni d’originalité esthétique (décor kitsch, projections vidéo d’épisodes charnières interprétés en coulisse…), ni d’humour (grâce au jeu de Roland Gervet, Bastien Semenzato, Céline Nidegger et la conceptrice qui fait ici acte de libération), ni encore d’esprit (qu’assurent les multiples niveaux de réel et autres imbrications narratives). Si le projet se perd, c’est qu’il court trop de lièvres à la fois. Assumerait-il son parti pris d’insider – comme le fait, toujours au Grütli, la «Bibliothèque de projets non achevés» des susnommés Semenzato et Nidegger – qu’il aurait au moins valeur documentaire. Mais que vient-il alors se doter d’une dimension politique, judiciaire, et même littéraire en adaptant le «Vendredi ou les limbes du Pacifique» de Michel Tournier? À feindre de s’adresser à tous, il manque son interlocuteur…


«Mercredi 13» Th. du Grütli, jusqu’au 29 mai, 022 888 44 88, www.grutli.ch (TDG)

Créé: 23.05.2019, 17h35

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