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À Lausanne, Johnny est apparu tel un fantôme

Sosie vocal de Hallyday, Jean-Baptiste Guégan a rendu hommage à son idole vendredi. Troublant.

On l’aimait pour sa gueule, son aura magnétique capable de fédérer un stade. Pour la bête de scène. Mais avant tout, Johnny Hallyday était admiré pour sa voix. C’est en tout cas ce que dit la horde de fans, agglutinée devant la Salle Métropole bien avant l’ouverture des portes, venue acclamer le «sosie vocal» de leur idole, vendredi soir à Lausanne.

Jean-Baptiste Guégan, 36 ans, n’a rien d’un clone de pacotille, d’un pantin peroxydé à la barbe taillée en bouc. Ce qu’il a de Johnny, c’est seulement son timbre de voix, pourtant réputé unique et inimitable. Et c’est déjà beaucoup. Une tessiture vocale naturelle, qu’il a ensuite sculptée pendant 17 ans dans les karaokés de sa Bretagne native, sans jamais en sortir «par respect, pour ne pas déranger l’artiste. On ne touche pas au mythe de son vivant», glisse-t-il timidement en coulisses, une heure avant de fouler les planches.

À la mort de Johnny Hallyday, Jean-Baptiste est contacté par la production du show télévisé «La France a un incroyable talent». Concours qu'il remporte quelques mois plus tard, avant de gagner le cœur des fans du taulier du rock français. Dans la Salle Métropole, on hurle déjà son nom à la tombée des lumières. «Jean-Baptiste», pas «Johnny». Même si c'est la voix du deuxième qu'on attend, réincarnée dans le corps d’un petit brun au veston pailleté, qui apparaît, guitare en main, au milieu de ses musiciens et choristes.

Les premières notes de «Quelque chose de Tennessee» résonnent. La salle retient son souffle, tout le monde veut vérifier: est-ce qu’il l’a tient, cette voix qu’on a vu à la TV? Frissons. La ressemblance est hallucinante, incontestable. L’expérience en devient troublante, voire mystique. Car le fantôme de Johnny semble planer sur Lausanne lorsque Jean-Baptiste termine la chanson a capella.

«Noir c’est noir», «les portes du pénitencier», «Gabrielle», l’hommage est total, complet, la communion naturelle et immédiate entre le prêcheur et ses convaincus. Alors oui, Guégan frôle parfois le mimétisme jusque dans les gestes, et sa voix parlée a pris des graves depuis notre rencontre hors de scène. Mais l’homme ne triche pas. Le souffle, l’articulation, les décrochements de notes, il les maitrise tous, et bien au delà. Le performeur est bluffant sur «Ma gueule» et «Diego», touchant sur «Je te promets» et «Marie», animal sur «L’envie» et le final inévitable «Allumer le feu». Si bien qu’une personne du public vient lui baiser les mains. Habemus Papam.

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