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Au labyrinthe des sensations

Le Galpon convie à une déambulation très originale.

Cela commence comme sous des huttes de naufragés au subtil parfum végétal. Au labyrinthe des sensations.
Cela commence comme sous des huttes de naufragés au subtil parfum végétal. Au labyrinthe des sensations.
Lucien Fortunati

Une première du genre au Galpon, qui pourtant s’y connaît en effets de surprise. Pour «Le Labyrinthe des cinq sens», Cyril Vandenbeusch a construit dans la grande salle un parcours que les spectateurs suivent par groupes de sept ou moins, selon l’affluence. Pas question de s’asseoir devant des comédiens jouant quelque chose. Ici on marche, on teste, on commente, et c’est fort distrayant.

«Vous verrez, c’est très doux», prévient Gabriel Alvarez, le mentor du Studio d’action théâtrale installé à l’année au Galpon. Une précision rassurante pour qui redouterait les mauvaises blagues en terrain inconnu. «Cyril Vandenbeusch est un plasticien qui s’y connaît en bonnes recettes, il est traiteur et inventif: bonne promenade!»

Et voilà la petite troupe engagée dans un couloir fait de plusieurs stations, chacune sous un couvert de feuilles différentes. Vandenbeusch les a choisies pour leur senteur. L’impression de traverser des huttes de naufragés au subtil parfum végétal laisse bien augurer de la suite.

En plus des odeurs, les goûts sont au rendez-vous. Plantes séchées à l’amertume prononcée, graines odorantes, liquide alcoolisé, chacun grignote, flaire et commente à haute voix sa trouvaille. On pourrait s’attarder, mais la curiosité est la plus forte. Voir ce qu’il y a après, on n’y résiste pas longtemps. Au risque de manquer quelque chose d’intéressant. Et si c’était une «chambre secrète» aux trésors un brin osés? Certains n’y ont rien vu. Voilà le visiteur trop hâtif prévenu...

Merci de prendre sur une table sa petite lampe de poche - il y en a autant que de participants - avant de pénétrer dans l’espace UV totalement obscur. On se croirait au fin fond d’une caverne, alors que précisément les photos de Cyril Vandenbusch représentent des entrées de grottes et des méandres spéléologiques. Ses images s’allument sur les murs quand on braque dessus sa loupiote. Le même objet permet aussi de trouver la sortie, grâce à des flèches à suivre absolument.

La suite mérite un supplément d’explication, sans déflorer tout à fait ce qui en fait le charme. Laure-Isabelle Blanchet est une marionnettiste familière du théâtre de la rue Rodo. La collection des Marionnettes de Genève n’a aucun secret pour elle. Elle vient d’en répertorier la moindre poupée, digitalement parlant. Elle est aussi la continuatrice d’un art très ancien, celui des boîtes d’optique transportées dans les foires par des Savoyards qui conviaient les badauds un par un à regarder à l’intérieur. Anne-Isabelle Blanchet fait la même chose, sauf que c’est elle-même qui est dans la boîte et ce qu’elle y fait vivre naît de l’agilité de ses doigts de marionnettiste. «Pour le «Labyrinthe des cinq sens», plusieurs personnes peuvent regarder en même temps à la manière d’un peep-show», précise la jeune femme. Sans dire ce qu’elles voient, ajoutons que c’est un ravissant petit morceau d’anthologie intime et poétique.

Vandenbeusch traiteur? Parfaitement! Gabriel Alvarez n’a pas menti. Après l’illusion théâtrale, la dégustation de petites spécialités inspire autant de questions. Qu’est-ce que c’est? Comment c’est fait? C’est quoi ce goût?

On ne racontera pas la suite, car ce serait mettre les pieds dans le plat, ou plutôt dans la boue... Disons seulement que le parcours s’achève dans une salle de repos propice à l’échange d’impressions étonnées. Breuvage offert!

Jusqu’au 7 décembre au Galpon. www.galpon.ch

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