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MuséeLe Kunstmuseum de Bâle prête ses trésors à Madrid

Fermé jusqu'en avril 2016, le musée rhénan installe sa collection dans la capitale espagnole. La ville verra trois expositions dont des Picasso jamais exposés dans la péninsule.

Le tableau «Arlequin assis» (1923) de Pablo Picasso est une des œuvres exposées à Madrid.
Le tableau «Arlequin assis» (1923) de Pablo Picasso est une des œuvres exposées à Madrid.
Keystone

De Munch à Kandinsky en passant par Léger et Giacometti, Mondrian, Rothko, Warhol: 176 trésors du Kunstmuseum de Bâle, fermé pour rénovation, s'installent jusqu'en septembre à Madrid.

La capitale espagnole verra trois expositions exceptionnelles comprenant des Picasso jamais exposés en Espagne.

«C'est une initiative unique et très complexe à organiser», a expliqué Manuel Borja-Villel, directeur du Centre d'art contemporain Reina Sofía, la veille de l'inauguration, le mercredi 18 mars.

La collection a trouvé un lieu d'exposition

«Lorsque la décision a été prise de fermer le musée de Bâle, une personne collaborant avec nous m'a téléphoné, Raman Schlemmer, descendant de l'artiste Oskar Schlemmer et il m'a dit: vite, vas-y avant d'autres musées», raconte-t-il.

Cette anecdote explique pourquoi l'incroyable collection a finalement atterri à Madrid: «Dès que j'ai raccroché, j'ai pris contact avec eux», pour présenter la candidature du Reina Sofía.

Michael Mathis, chargé de la communication du Kunstmuseum, précise: «Nous cherchions un lieu où exposer nos chefs-d’œuvre, nous avons été en contact avec plusieurs musées et les Madrilènes ont présenté des arguments très intéressants».

«Notre proposition consistait à tenter d'expliquer en quoi cette collection est si importante, au-delà de ses grandes œuvres parce qu'elle est le fruit d'une relation très particulière entre collectionneurs, artistes et directeurs de musée», explique Manuel Borja-Villel.

Picasso et les maîtres anciens

Fermé jusqu'en avril 2016, le Kunstmuseum de Bâle possède plus de 300 œuvres de Pablo Picasso: dessins, gravures, peintures. Parmi elles figurent dix toiles peintes entre 1906 et 1967 par cet artiste né dans le sud de l'Espagne en 1881. Elles sont exposées à partir de mercredi au Musée du Prado, jusqu'au 14 septembre.

Cette petite rétrospective est composée d'une dizaine d’œuvres dont huit sont «exposées pour la première fois en Espagne», assure le Prado. Le musée les accrochera dans la galerie centrale, aux côtés des grands maîtres comme Titien, Tintoretto, Rubens et Goya.

«Les deux frères» (1906), «L'aficionado» (1912), «Arlequin assis» (1923) ou «Jeunes filles en bordure de Seine» (1950) témoignent de l'évolution de son art à partir de 1906. «L'exposition mettra donc en valeur des liens artistiques entre l'art contemporain de Picasso et les maîtres anciens», souligne aussi le Kunstmuseum de Bâle.

Cinq camions climatisés

Il ne s'agit pourtant que d'une partie infime du trésor, assuré à hauteur de 1,5 milliard d'euros, que le musée suisse à prêtée à la capitale espagnole.

Cinq camions climatisés ont fait le voyage séparément pour transporter ces oeuvres - peintures, collages, sculptures, photographies et vidéos - signées Kandinsky, Van Gogh, Monet, Rothko, Léger, Warhol ou Modigliani. Elles seront exposées au Reina Sofía, à quelques encablures du Musée du Prado, dans le cadre de deux accrochages séparés.

L'un d'eux est composé de 62 oeuvres issues de collections privées de premier ordre - celles de Im Obersteg et Rudolf Staechelin - habituellement déposées au musée de Bâle. L'oeuvre de Gauguin «Nafea Fas Ipoipo» (1892) y sera exposée à partir de juin. Récemment vendu pour 300 millions de dollars, ce tableau passe pour être le plus cher de l'histoire.

(ats)

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