Kucholl et Veillon passent de la radio à l’écran avec «26 minutes»

TélévisionLes chroniqueurs radio de l’ex- «120 secondes» présenteront chaque samedi une revue décalée de l’actualité sur RTS Un. Rencontre dans le club lausannois qui leur sert de plateau télévisé.

Vincent Veillon et Vincent Kucholl trônent sur la scène qui leur servira de plateau TV pour «26?minutes».

Vincent Veillon et Vincent Kucholl trônent sur la scène qui leur servira de plateau TV pour «26?minutes». Image: PATRICK MARTIN

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C’est dans un vaste club souterrain lausannois à Chauderon que nous rencontrons les deux Vincents les plus connus de Suisse romande. En ce lieu, que les habitués appellent No name ou Chauderon 18, les deux ex-animateurs de la chronique radio satirique 120 secondes enregistreront dorénavant leur nouvelle émission télévisée, intitulée 26 minutes. Difficile à croire que cet espace aux canapés confortables antibling-bling et très fréquenté en soirée abritera dorénavant tous les vendredis soir le tournage de la nouvelle émission de Vincent Kucholl et Vincent Veillon. Revue satirique de l’actualité de la semaine, 26 minutes sera diffusée sur RTS Un le samedi à 18 h 45 dès le 17 janvier. Pour transformer Chauderon 18 en plateau de télévision, une dizaine de personnes seront appelées chaque vendredi à installer puis désinstaller le décor et le matériel technique.

Faire plus que «pouet-pouet»

Depuis leur fauteuil, les Vincents nous désignent de la main les installations prévues, dessinant dans l’air des volutes argentées, de fumée, pour Veillon, et de vapeur d’eau, pour Kucholl: «On prépare, on teste, on répète, on maquette, on visse des miroirs dans le mur depuis des semaines, énumère Vincent Veillon. On arrive enfin au moment où ça commence, c’est assez excitant!» Après l’émission humoristique sur Couleur 3 qui a connu un très grand succès en Suisse romande et une tournée live, Kucholl et Veillon s’attaquent «de manière assez naturelle», disent-ils, à la télévision. Quelle forme prendra 26 minutes? «C’est un faux magazine d’actu, constitué de faux reportages et sujets, sortes de pastiches de sujets du Téléjournal, et des micros-trottoirs», explique Vincent Kucholl. Les deux animateurs peuvent compter sur l’aide de cinq personnes pour la réalisation du contenu, tandis que la production de l’émission englobe une trentaine de gens. En faux direct, L’invité de la rédaction, soit l’interview d’un personnage fictif incarné par un Vincent Kucholl avec ou sans perruque. Une véritable personnalité politique ou liée à l’actualité sera interviewée non seulement par l’animateur Vincent Veillon, mais également par l’un des personnages de Vincent Kucholl, lequel «posera des questions qu’un journaliste n’oserait pas forcément poser. Il incarne le citoyen lambda qui réagirait devant sa télé en écoutant le discours d’un politicien. C’est la vox populi, mais maîtrisée et anglée. Le but n’est pas juste de faire pouet-pouet. On attend de vraies réponses.»

Contrat signé pour une saison

Le caractère hebdomadaire de l’émission freinant la réactivité à l’actualité, comment ont-ils prévu de gérer cette difficulté? «Les sujets plus magazines seront réalisés dès lundi, les autres en cours de semaine. On fera forcément un peu de prospectif avec les marronniers, comme le WEF à Davos par exemple. Notre collègue Duja réalisera ses micros-trottoirs le plus tard possible dans la semaine. Quant à la hard news, l’actu chaude, on la traitera avec L’invité de la rédaction ou le faux duplex. Après, il y a un jour de décalage entre l’enregistrement et la diffusion, mais on nous a souvent dit qu’il ne se passait rien le samedi: c’est le jour où tout le monde fait ses courses.»

Les deux animateurs ont signé pour une saison, soit 13 émissions au printemps, 17 à l’automne. La première jusqu’à fin avril, la deuxième de la fin d’août à la fin de décembre. S’ils assurent déjà avoir envie de prolonger l’expérience, ils sont conscients qu’ils dépendent de l’engouement que suscitera l’émission: «On s’attend à recevoir plus de critiques, prévoient-ils. Pour 120 secondes, les gens choisissaient d’aller regarder, il fallait faire l’effort de chercher l’enregistrement sur le Net. Or à la télévision, on s’impose: beaucoup de personnes ont le réflexe de vivre avec la télé allumée, et de regarder la Romande (Kucholl prononce ce terme avec un fort accent vaudois): On appuie sur «1» et on regarde ce qu’il y a. Si ça ne plaît pas, ils invoqueront la redevance qu’ils payent pour le contenu de la chaîne. On a connu ça cet été, quand la RTS avait rediffusé quelques émissions de 120 secondes filmées.»

Malgré les appréhensions, Kucholl et Veillon préfèrent se réjouir de la chance qu’ils ont d’être libres dans leur travail: «Depuis qu’on travaille ensemble, on a toujours eu carte blanche de la part de notre hiérarchie, assurent-ils. Notre moteur, c’est le plaisir et l’amusement, même si on bosse énormément. C’est un peu gonflé de dire ça, parce que pour beaucoup de gens, le travail n’est pas aussi agréable. Nous, on a ce luxe-là et on compte le garder.»

Les enregistrements du vendredi soir sont ouverts et gratuits au public. Quelque 500 personnes pourront assister aux shows de 26 minutes à Lausanne. «Pas de réservation, ni de listes d’attente, premiers arrivés, premiers servis», assurent les Vincents. Petit bémol pour les très jeunes fans, les mineurs ne sont pas admis, Chauderon 18 étant une boîte de nuit.

«26 minutes» émission avec Vincent Veillon et Vincent Kucholl, tous les samedis dès le 17 janvier sur RTS Un. (TDG)

Créé: 09.01.2015, 19h55

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