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Krisal fête ses noces d’argent avec les arts

Pour marquer son quart de siècle, la galerie carougeoise présente des œuvres qui badinent avec le chiffre 25.

Béatrice Mazzuri, «Poésie du temps qui passe», peinture sur base photographique sous plexiglas.
Béatrice Mazzuri, «Poésie du temps qui passe», peinture sur base photographique sous plexiglas.
Béatrice Mazzuri
Sylvie Buyssens, «25 Balais», photographie en couleur.
Sylvie Buyssens, «25 Balais», photographie en couleur.
Sylvie Buyssens
Thierry Wenger, «La Grande Halle - parc des ateliers - Arles», photographie impression pigmentaire sur papier Hahnemüle.
Thierry Wenger, «La Grande Halle - parc des ateliers - Arles», photographie impression pigmentaire sur papier Hahnemüle.
Thierry Wenger
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Il en va des couples comme du négoce: ceux qui empruntent le chemin de la persévérance marchent souvent vers la fortune. Non pas que Christine Ventouras, au gouvernail de la galerie Krisal depuis vingt-cinq ans, ait vu ses poches se remplir démesurément. Mais elle a su manœuvrer sa barque avec bonheur, flair hardi et enthousiasme méditerranéen dans les voiles, sans se soucier du vent des modes. Sans doute a-t-elle aussi bénéficié de quelque faveur du ciel, puisqu’elle avoue que la chance n’a pas cessé de lui «tendre la main».

Car faire exister une galerie durant un quart de siècle est affaire ardue. À Carouge, où les vitrines d’art foisonnaient au tournant des années 90, seules deux enseignes ont résisté aux bourrasques du temps: Marianne Brand et Krisal. Au prologue de cette longue aventure, point de vocation irréductible ou d’ambition démesurée, mais plutôt un brin d’inconscience et quelque chose qui ressemble au destin. «Ça s’est décidé au bistrot, devant un verre, avec mon copain Alain von der Weid, sourit la fougueuse Christine. Un hasard complet, une idée un peu folle, et tout s’est fait tout seul.»

Les orteils dans le grand bain

Avant son saut de l’ange, la future galeriste, dotée d’un papa collectionneur, a toutefois déjà trempé quelques orteils dans le grand bain artistique. Peu encline aux études, elle part à Paris après l’école secondaire, pour un séjour de deux mois. Elle y restera des années. «J’ai eu l’opportunité de travailler trois ans chez Maître Briest, commissaire-priseur (ndlr: qui a cofondé en 2002 Artcurial, premier opérateur de vente en France), raconte la quinquagénaire. J’ai pu approcher les œuvres de tous les grands créateurs du XXe siècle.» Christine Ventouras passe ensuite par la Galerie de France, dans le IVe arrondissement, avant de rentrer à Genève après un détour par Lyon.

C’est donc dans un troquet de sa ville natale que se joue toute la suite. «Le père d’Alain nous prêtait 20 000 francs et une arcade était disponible à la rue Jacques-Dalphin.» Krisal, pour résumer Christine et Alain, ouvre ses portes le 16 décembre 1992. «Avec un «K», parce que j’ai toujours aimé cette lettre, et parce que les artistes, comme tous les amoureux de l’art, sont des K d’école.» Après trois ans dans ce local exigu, le duo déménage au numéro 25 de la rue du Pont-Neuf, un lieu qui offre aujourd’hui 200 mètres carrés d’exposition. Au fil du temps, un troisième comparse, Patrick Jacquier, renforce l’équipe avant de remplacer Alain, parti pour l’étranger.

Mosaïque, thermomètre et Cupidon

Afin de célébrer ses cinq lustres, l’espace a demandé à ses artistes de mettre le 25 en scène. Il y a là passablement de photographies, lesquelles occupent une place prépondérante dans les goûts de la dame. Venue de la peinture, la Carougeoise présente désormais huit à neuf accrochages par an voués au huitième art, contre un pour les autres médiums. L’objectif facétieux de Sylvie Buyssens a ainsi immortalisé 25 balais, alignés en une longue frise rigolote. Ce sont autant de visages de femmes que Philippe Pache a superposés pour une mosaïque de portraits en clair-obscur. Quant à Jean-Daniel Meyer, il a fait poser un thermomètre affichant 25 degrés, renvoyant autant à l’anniversaire qu’au «tempérament chaleureux de Christine». Certaines pièces jouent sur le prix – un tirage à 25, 250 ou 25 fois 25 francs –, d’autres sur le lieu ou la date. Sous l’intitulé Cupidon game, l’inventif Gabriel Boulard a imaginé un jeu électronique alternant petits personnages noirs et 25 cœurs rouges, gravés sur plexiglas.

«Tout le monde m’a prise au mot, il y a beaucoup d’amour, c’est très touchant», rosit celle qui confesse avoir l’intention de poursuivre, mais pas jusqu’au demi-siècle. «Après vingt-cinq ans, on tire un bilan: il n’y a pas des millions sur le compte en banque, mais qu’est-ce qu’on a fait la fête!» D’ailleurs, la sauterie se prolonge jusqu’à Noël, avec un second vernissage en guise de point d’orgue l’après-midi du samedi 16 décembre, en présence des artistes

«25 ans» Jusqu’au 24 décembre à la galerie Krisal, 25 rue du Pont-Neuf à Carouge. Ma-sa 14 h 30-18 h 30, di 13 h-17 h. www.krisal.com

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