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Le Jura ondoie dans Meyrin-Parc

«L'Enfance du pli», une sculpture-paysage de l'artiste français Gilles Brusset, est inaugurée vendredi 12 mai devant l'école des Boudines. Analyse.

Pierre-Yves Brunaud/Picturetank

Un relief tout en courbes et en volumes là où la ligne droite impose un règne jupitérien. En couchant la moelleuse horizontalité de L’Enfance du pli au milieu des irrévocables aplombs des immeubles de Meyrin-Parc, le plasticien Gilles Brusset a osé les contrastes. Cette sculpture-paysage, cependant, n’entre pas en conflit avec son environnement, mais dialogue avec lui. Située entre le nouveau bâtiment d’activités parascolaires et le hall d’entrée de l’aula de l’école des Boudines, tout récemment rénovée, l’intervention de l’artiste parisien, lauréate d’un concours lancé par le Fonds d’art contemporain de la Ville de Meyrin, sera officiellement inaugurée ce soir par la Commune.

C’est le relief du Jura qui a inspiré à Gilles Brusset le dessin de ce jardin ondulant de gazon et de bitume. «Lorsque j’ai découvert Meyrin-Parc, je me suis étonné du fait que le massif, pourtant si proche, demeure invisible, explique-t-il. En réponse à ce principe de la tabula rasa qui a régenté la construction de la cité dans les années 1960, je me suis attaché à restituer son identité topographique au site.» Après avoir minutieusement étudié cartes géologiques et photos aériennes, l’architecte-paysagiste a imaginé cette construction par plissements, sorte de maquette idéale de la montagne voisine. «Il ne s’agit pas d’une reproduction fidèle du massif jurassien, mais on en retrouve les principes formels et plastiques, comme si on le survolait en avion.»

En l’évoquant, sur un espace de 2128 m2, L’Enfance du pli rend donc à l’horizon une visibilité volontairement ignorée par l’homme dans son édification d’une cité moderne. Tout en offrant à ce dernier, au cœur d’une étendue complètement plane, une surface vallonnée dotée de modestes combes où se cacher et de petites collines à arpenter. Car Gilles Brusset en a exprimé le souhait très clair: cette œuvre a pour vocation d’être investie, parcourue, désacralisée, en premier lieu par les élèves de l’école des Boudines. «L’art, pour moi, relève de l’expérience sensible, précise-t-il. Les plis et replis proposent aux enfants un apprentissage physique de la courbe.» Un espace de jeu pour petits et grands, à explorer comme un poème microcosmique.

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