Le Japon fait fureur à Carouge

ReportageLa 5e fête japonaise a battu son plein ce week-end, devant le théâtre de Carouge. Entre kimono, saké et «cosplay», plongée au cœur de ce curieux univers.

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Il y avait foule ce week-end sur la place devant le Théâtre de Carouge. Foule de curieux et de gamins, retenus ceux-ci par les animations ludiques, ces autres par les étales culinaires. Sauf qu’ici, comme chaque automne depuis cinq ans, le petit blanc du pays a été remplacé dans les gobelets par le liquide incolore, non moins enivrant, du saké. Fête japonaise oblige.

«Konnichiwa. Bonjour.» Sur la scène de la salle des fêtes, à peine en retrait des stands, une jeune femme en tee-shirt blanc tient le micro, s’adressant aux visiteurs en deux langues. Le japonais pour la communauté d’origine, joliment endimanchée de kimonos plus ou moins élaborés, venue avec grand-père et nouveau-né. Et les «autochtones», la grande majorité des visiteurs, en famille eux aussi. Dont une part importante tout de même d’Occidentaux tombés en fascination pour la culture japonaise.

Dentifrice et danse du vent

Il frise les 20 ans mais affiche une détermination étonnante; en tenue traditionnelle sous son parapluie, ce jeune homme assure tout de go: «Je veux devenir cuisinier japonais.» Ni plus ni moins. Un métier de prestige en tout cas, qu’il mettait ce week-end à disposition d’un atelier sushi. Manière aussi de se faire connaître de la communauté nippone, comprend-on dans la discussion.

En allant voir à quoi ressemblait cette Fête japonaise — un matsuri ou «festival», précise cet autre Occidental en tenue traditionnelle d’été avec bermudas —, on s’imaginait déguster de la culture et du spectacle pur, du matin au soir. Mais il y a une nuance à faire. En attendant la belle chorégraphie campagnarde, un brin rustique mais si délicate, donnée en costume et chapeau de paille par l’Atelier Nihonbuyo Genève — une danse propitiatoire adressée à la divinité du vent —, le public assis dans la salle des fêtes a eu droit à une «démonstration d’hygiène dentaire». Ça s’adresse aux enfants, ça se veut ludique: deux animateurs déguisés en pingouins bleus agitent leurs ailes sur une musique d’origine disco, criarde à souhait. Les volatiles sont le sigle d’une marque de dentifrice, nous explique une dame d’un certain âge, élégante dans sa tenue de bénévole. «Les Japonais, précise un connaisseur, n’ont pas de problème à exhiber leurs sponsors. C’est leur côté très corporate. Cela aussi fait partie de leur culture!» En l’occurrence, Honda, Toyota et tutti quanti étaient en bonne vue, chacun avec son stand disposé sur la voie sacrée menant de l’entrée de la fête à la scène abritée.

Le Japon des jeux vidéo

Mais le curieux avait le choix, invité ici à suivre la cérémonie du thé, célèbre rituel que les amateurs ont pu déguster live dimanche matin à l’heure du petit-déjeuner. Attiré plus tard par le concours de «cosplay», ces costumes faits main, tirés des mangas et autres films d’animation. Petit concours, certes, dans un agenda qui regorge de conventions liées à l’univers de fiction, surtout en France — «quasiment chaque week-end», raconte une participante de 25 ans — mais aussi en Suisse, comme à Morges samedi prochain pour le Swiss Fantasy Show. Elle ira, avec ses consœurs, toutes déguisées «d’après un jeu vidéo sur l’histoire japonaise».

Curieux, le Japon. Autant que les passions des carougeois. (TDG)

Créé: 05.10.2014, 21h20

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