Soï et Inda-Bar: régals exotiques à grappiller

Fines gueulesAux Pâquis et Eaux-Vives, deux nouvelles enseignes, l’une thaïe, l’autre indienne, proposent des assiettes expressives et enthousiasmantes. Points communs: une cuisine ouverte sur la salle, des épices qui picotent en bouche et plein de petits plats sur la table à partager entre convives.

Le poulet à la citronnelle et racine de coriandre du Soï.

Le poulet à la citronnelle et racine de coriandre du Soï. Image: A.BARTA/DR/L. GUIRAUD

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Soï - Thai Canteen. L’intitulé de l’enseigne annonce clairement la couleur. Surtout quand on sait que Soï signifie «rue» en Thaïlandais. Canteen, on s’abstiendra peut-être de traduire. Ce tout nouveau et très coquet bistrot des Pâquis entend donc importer sous nos cieux l’une des cuisines les plus cool, light et parfumées du cosmos: celle des rues du Siam. Et on s’en régale. Vraiment. Dans un décor pop et drôle aux couleurs pétards, où, mine de rien, le moindre détail a été minutieusement étudié. Du bar en bois évoquant les stands des rues de Bangkok aux néons colorés du plafond, via la fresque rigolote d’un illustrateur genevois couvrant le mur d’entrée.

L’histoire

Ils se sont rencontrés au Plazza Athénée de Bangkok. Elle, la Genevoise Sandrine Pally, y fait un stage de marketing. Lui, le Thaïlandais Yuttakan Pongkunsup, travaille dans les cuisines du restaurant de l’hôtel, spécialisé dans la gastronomie française. Le soir venu, ils se baladent dans les rues de la ville, grignotent au gré des échoppes et aiment ça. Un an plus tard, les voilà à Genève, lui aux fourneaux de divers palaces, elle chez Procter & Gamble. Ils rêvent d’ouvrir leur bistrot à eux. Un bistrot «un peu caché, pas trop grand, axé sur la street food thaïe, sans compromis, comme on la dégustait là-bas». Ils tombent sur l’arcade pâquisarde. Coup de foudre. Quelques mois et maints travaux plus tard, le Soï dégaine ses premiers Gab Glaem, ou «petits plats à partager» en VF. Spécialisé et amateur de grande cuisine tricolore, le chef a dû apprendre les recettes de son propre pays, en piochant dans le patrimoine culinaire familial.

Le manger

Au Soï donc, pas de curry ni de pad thaï. «Il y en a partout.» Alors bonjour les grillades minute, les salades top fraîcheur et les soupes aux arômes envoûtants. Le tout est mariné, épicé, frais et tonique. Gare toutefois aux gosiers sensibles, ça peut brûler un tantinet la babine à l’occasion. Mention gourmande à la saucisse maison (spécialité du nord de la Thaïlande), aiguillonnée de piment, citronnelle et curcuma. Ou à la salade tiède de pleurotes, coriandre et oignons frits. Sans oublier les lanières de faux-filet poêlées au basilic et citron vert. Il y a du riz aussi, jasmin ou collant, en garniture. Et des desserts, que l’on n’a pas encore goûtés. Les plats débarquent tous sur la table en même temps. On picore. On échange. On s’emmêle les fourchettes. Et c’est la fête.

Et à boire?

La place manque au Soï. Impossible de stocker des montagnes de bouteilles. Du coup, la carte propose trois vins seulement, rouge, blanc et rosé, bon marché, servis au verre, sélectionnés avec tact. Ces jours-ci: un bon sauvignon genevois, un pinot valaisan et un rosé bio de Provence. Plus des bières artisanales genevoises, un intrigant milk-shake de thé noir ou un sirop de citronnelle maison.

L’addition et le conseil d’ami

La note est douce. Il faut trois ou quatre plats à une quinzaine de francs pour rassasier deux personnes. Le soir, le Soï est régulièrement bondé et bruyant. Les midis se montrent plus calmes et donc drôlement chouettes.

L’adresse

Rue du Prieuré 6. Tél: 022 547 19 20. Ouvert midi et soir, du mardi au samedi.


L’explosif poulet en trois façons - DR

L’Inda-Bar

L’Inda-Bar a ouvert en février dernier au bout de la rue Blanvalet. Ce qui fait décidément de ce coin des Eaux-Vives l’épicentre genevois des voluptés gourmandes. Car c’est une expérience culinairement palpitante – imaginez un grand huit gustatif – que de s’attabler dans ce bistrot branché au décor élégamment contemporain. À condition de trouver une place bien sûr. Car, le soir en tout cas, l’Inda-Bar ne désemplit pas. Il n’est pas saugrenu de réserver une semaine avant sa visite. Une semaine! Mais Madame, dans quel monde vivons-nous?

L’histoire

Deux jeunes gaillards aux CV solides tiennent les rênes du bistrot. Le très habile chef Kuldeep Rawat a appris la cuisine dans une école prestigieuse en Inde, puis a dirigé les fourneaux du Rasoi à Genève. Sacrée référence. Quant au boss Morad El Hajjaji, il a été directeur des bars et restos de La Réserve et Mandarin Oriental. Il est également passé par l’Hôtellerie de la Vendée et le Buffet de la Gare des Eaux-Vives. «Après des années passées dans le milieu de la gastronomie et des hôtels 5 étoiles, j’en ai eu ras le bol», raconte-t-il. «Les courbettes, les heures passées à table, le décorum… J’avais envie d’ouvrir un endroit trendy, sans prétention, où les gens peuvent passer un moment sympa et décontracté dans une ambiance musicale, boire un bon verre de vin, un cocktail, grignoter sur le pouce ou partager un vrai repas.»

Le manger

C’est une cuisine fusion, à dada entre l’Inde et l’Occident, que décline le chef. Mais pas la fusion démonstrative et artificielle des années 90. «Il s’agit surtout d’un échange entre les produits d’ici et la culture indienne. On cherche à proposer des dressages modernes, avec des ingrédients de super qualité. Le principe chez nous, c’est la cuisson minute au four tandoori, sans friture ou presque.» Dans l’assiette, ça donne un affriolant tartare d’avocat et crabe, à la mangue et à la lime. Une très fraîche salade de lentilles, grenade et cubes de granny Smith. Ou un ébouriffant poulet en trois façons: menthe-coriandre, betterave et garam massala, qui picote gentiment la glotte. Il y a également un coin végane sur le menu. On avale tout ça avec des naans maison, dont l’addictif naan farci à la mozzarella et gruyère épicé. Et en piochant dans tous les plats qui envahissent la table quelques minutes après la commande. Oui, ça va vite. Et ça se partage. «Le sharing, c’est la tendance. Et on adore ça. Si on pouvait, on enverrait même les desserts avec les autres plats.»

Et à boire?

Morad est fan de Bourgogne. Sa cave recèle 120 références, des flacons d’exception mais aussi des crus naturels plus modestes et gouleyants. La dame au bar fait aussi de chouettes cocktails, dit-on.

L’addition et le conseil d’ami

À midi, la maison déroule un menu à 36 fr. Le soir, on farfouille dans la carte et on ripaille magnifiquement pour une grosse cinquantaine de francs par personne, à condition de picoler avec grande modération. Bref, ce n’est pas cadeau, mais franchement pas déraisonnable non plus. Le conseil? Le voilà: les décibels grimpent vite et haut en soirée. Visez le tout début de service pour pouvoir papoter tranquillement.

L’adresse

Rue Henri Blanvallet 23. Tél: 022 700 79 50. Ouvert midi et soir, du mardi au samedi. (TDG)

Créé: 18.11.2017, 11h46

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