L’illustration suisse séduit de A à Z

ExpositionSur le principe de l’abécédaire, 26 artistes dévoilent de belles images caractéristiques de leur travail créateur.

Illustrant la lettre Y, comme yoga, un dessin de Mirjana Farkas, tiré de l'album jeunesse

Illustrant la lettre Y, comme yoga, un dessin de Mirjana Farkas, tiré de l'album jeunesse "Carnet de bal". Image: DR

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«Je cherche un plaisir gourmand pour les yeux. Créer un dessin dont le spectateur s’imprègne dès qu’il le voit.» Signée Tom Tirabosco en exergue d’une courte autobiographie et d’un autoportrait au monotype, cette jolie déclaration d’intention résume bien l’esprit de l’exposition «ABCH». Au cœur de l’espace Quartier Libre SIG, au pont de la Machine, 26 artistes suisses dévoilent de belles images extraites de livres pour enfants, caractéristiques de leur travail. D’Albertine à Claudia de Weck en passant par Adrienne Barman, Ronald Curchod, Mirjana Farkas, Haydé ou Anna Sommer, la crème des illustrateurs-trices issus des quatre régions linguistiques du pays présentent un échantillon de leur créativité.

Coup de projecteur original sur une sélection représentative de la littérature jeunesse helvétique actuelle, «ABCH» repose sur le principe de l’abécédaire. Présenté pour la première fois lors de la Foire internationale du livre de Bologne, cet accrochage scénographié par le studio graphique genevois Onlab n’a pas vocation d’offrir un panorama exhaustif. «Il ne s’agit aucunement d’une rétrospective», précise Francine Bouchet, commissaire de l’exposition et directrice des éditions La Joie de lire. «On se demandait comment représenter un pays sans tomber dans les clichés. L’idée de l’abécédaire s’est imposée, pour plusieurs raisons. Il s’agit d’un passage obligé de l’enfance. L’outil pédagogique inspire par ailleurs souvent les artistes ou les graphistes, qui aiment jouer avec la forme des lettres. Et ces dernières impliquent des polices de caractère, dont certaines à l’image de l’Helvetica ont fait la renommée de la Suisse.»

26 cantons, autant de mots mis en image et traduits dans les quatre langues nationales. «Le choix a été complètement arbitraire, à partir d’éléments plus ou moins liés à la Suisse», indique Francine Bouchet. Initialement présentée dans un contexte international à Bologne, l’expo a privilégié l’anglais comme langue principale de ce séduisant abécédaire. Une option qui fonctionne parfaitement pour certaines lettres (E comme edelweiss, N comme nature, Y comme yoga) et pas du tout pour d’autres: A comme apple (pomme), G comme goat (chèvre), K comme knife (couteau)…

Astucieux formellement, le principe de l’alphabet limitait forcément le choix des artistes. «Un des critères, c’était qu’ils aient publié au moins un livre durant ces deux dernières années. Une manière de montrer des créations actuelles. À Genève, un accent particulier a en outre été porté sur les Romands», explique la commissaire de l’exposition, bien placée pour comparer les différences d’inspiration visibles de part et d’autre de la Sarine en matière d’illustration jeunesse. «Avec la HEAD et l’ESBDI (Ecole Supérieure de Bande Dessinée et d’Illustration) à Genève, il existe une réelle dynamique», relève Francine Bouchet, qui constate qu’avec l’accès généralisé à l’image par internet, «tous les styles se nourrissent aujourd’hui les uns les autres».

Pas au point cependant de gommer quelques dissemblances, liées à la conception de l’enfance. «Les Alémaniques affectionnent les livres jeunesse qui ne demandent pas d’explications. En Suisse romande, on fait davantage confiance au lecteur. Graphiquement, il y a plus d’audace, à l’image de Fanny Dreyer. On n’a pas peur de surprendre, de dérouter. L’ambiguïté de certaines images – je pense notamment à celles d’Emmanuelle Houdart – ne passerait pas en Suisse alémanique.»

L’illustration peut-elle tout se permettre? Albertine en est convaincue, elle qui écrit, à côté d’un génial autoportrait minimaliste à apprécier au milieu de cette pépinière de talents: «Explorer, aller toujours plus loin, s’inventer son propre univers, jouer. C’est comme ça que naît l’inspiration.»

«ABCH»,jusqu’au 1er mars 2020. Quartier Libre SIG, 1, pont de la Machine. Lu-ve 9 h-17 h, sa-di 10 h-17 h. Entrée libre.

Créé: 06.11.2019, 15h48

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