IAM demeure un modèle pour la jeune génération

Tournée anniversaireQuatre rappeurs genevois évoquent «L’École du micro d’argent», album culte de 1997, avant le concert de vendredi.

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Sur les quatre rappeurs genevois interviewés, il n’y en aura qu’un pour applaudir IAM ce vendredi à l’Arena. «Les 20 ans de L’École du Micro d’argent, je ne pouvais tout simplement pas rater ça», confie Eriah. Les autres? Ils n’en ressentent pas le besoin. «Disons que cet album appartient à une autre époque que j’ai déjà vécue», résume Jonas. Une manière de signifier que le célèbre opus des Marseillais a fait son temps? «Mon choix ne remet aucunement en cause le statut très spécial de cet album. Profondeur des textes, sons novateurs, soucis du graphisme et la preuve qu’on pouvait être grand public tout en restant intègre. L’École du micro d’argent est et restera un album à part.»

Statut de fleuron du hip-hop

Parmi les artistes sondés, il ne s’en trouvera pas un pour le contredire. Et ce quelle que soit la génération. Di-meh comme Geule Blansh, respectivement 22 et 24 ans, s’accordent volontiers sur le statut de «classique», de fleuron du hip-hop old school et de passage conseillé pour tout jeune MC en formation. «Pour moi, L’École du micro d’argent, c’est un souvenir de primaire, raconte Di-meh. On découvrait le rap et on était tourné vers Marseille. Il y avait IAM, Sad Hill. J’adorais cet univers.» Même son de cloche du côté de Geule Blansh qui dresse un portrait personnel du morceau «Petit frère». «J’ai écrit mes premiers textes à 13 ans. Bien que j’avais l’âge de faire les conneries du petit frère de la chanson, j’ai très vite préféré le rôle de l’aîné que jouait IAM. Je pense que ça se ressent aujourd’hui dans mon écriture.» Et dans son style, Geule Blansh s’est naturellement tourné vers le rap «old school», un rap à texte.

Si la jeune génération connaît ses classiques, place aux aînés au moment de les rapper. L’album est connu sur le bout des doigts et prononcer le titre d’une chanson en leur présence fait l’effet d’une étincelle. Le flow s’embrase, une strophe, puis deux, puis trois. «Je suis un mouton galeux, un mec dangereux», lance Eriah, sur une terrasse de la place de la Navigation. L’excitation se lit sur son visage. «Ça me rappelle la maison de quartier. J’étais ado quand l’album est sorti. On écoutait «Bouge ta tête», on lançait nos premiers pas de break, nos premiers freestyle.» Son premier texte, Eriah l’a écrit à l’époque sur un son de IAM, discman sur les oreilles pour ne pas réveiller sa mère qui dormait à côté. «Ils m’ont juste donné envie. En tant qu’immigré, leurs thématiques me touchaient. Ils m’ont tout simplement aidé à trouver ma place.»

Du bon dans chaque époque

Nostalgique? Probablement un peu, mais Eriah ne veut pas s’attarder sur le passé. IAM et les années 90 correspondraient à l’âge d’or du rap français? Il réfute la théorie. «Chaque génération a son âge d’or, celui avec lequel elle a grandi.» La référence de Geule Blansh s’appelle d’ailleurs la Scred Connexion, un groupe des années 2000. «Il y a du bon dans chaque époque, insiste le jeune rappeur. Dans les années 90, on ne jurait que par les États-Unis, la France, parce que ces pays dominaient la scène hip-hop à juste titre. Mais aujourd’hui des groupes suisses arrivent plus facilement à percer, à se faire un nom. Ça me donne forcément envie de regarder devant.»

Sur le parvis de l’Usine, Jonas prend une pause et organise ses souvenirs. En 1997, à l’époque de la sortie de L’École du micro d’argent, il avait 18 ans. «Le rap devenait plus mainstream. J’appréciais cette ouverture et en même temps, ça me donnait un peu l’impression qu’il m’échappait.» Sans dresser le passé en modèle et avec le recul, le Genevois revient sur vingt années de musique et note qu’à l’époque, les artistes «cherchaient plus le classique et pas forcément le tube.» Être suffisamment bon pour ne pas disparaître, créer des morceaux pour durer. Le cas de L’École de micro d’argent? «Demain c’est loin» est sans doute le plus grand classique de l’histoire du rap français, lâche Jonas. Il n’y a rien à enlever dedans. Un morceau qui résume l’urgence dans laquelle se trouvent certaines personnes au quotidien. Une synthèse parfaite de ce que devrait être le rap. De ce qu’il était à cette époque.»

Créé: 09.11.2017, 18h03

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