Passer au contenu principal

L’humanité au pied du mur

Dans l'enceinte de l'ancienne usine Firmenich, la Genevoise Carole Schafroth assure ses «Transitions» vers de nouveaux modèles civilisationnels.

Marion Thomas, effilée comme une lame, et Carole Schafroth, tête pensante du projet, repoussent les murs de l'impasse.
Marion Thomas, effilée comme une lame, et Carole Schafroth, tête pensante du projet, repoussent les murs de l'impasse.
VALERIA PACCHIANI

À la Parfumerie, les briques qui encadrent la scène font rêver les artistes depuis 1996, quand l’ancien espace industriel s’est mué en théâtre. La fondatrice de la compagnie genevoise La Fabrique infinie, Carole Schafroth, n’y déroge pas, elle qui, avec sa scénographe Valeria Pacchiani, place ce décor naturel au premier plan de sa nouvelle création, «Transitions». Ajoutant aux murs de pierre trois larges pans mobiles, elle invite d’abord son public à circuler sur le plateau, à en ressentir les divisions, voire à en subir l’oppression: ces façades figurent l’impasse économique, la catastrophe écologique, le gouffre consumériste, bref l’effondrement qui guette.

Calfeutré sur son coussin, le spectateur verra les parois se recouvrir d’images urbaines – rues, enceintes, frontons délabrés. Au milieu de ce labyrinthe de cloisons, deux comédiennes (Carole Schafroth elle-même, ainsi que l’impeccable Marion Thomas) diront sur plusieurs tons le désarroi, l’impuissance, la désespérance d’une génération à qui l’on présage le pire. Après quelques ternes slogans («l’enjeu est bien d’inventer des façons de vivre dans un monde abîmé»), après l’aveu de n’avoir «rien à dire de renversant», le binôme entreprend de se reconstruire au milieu des ruines. Avec finesse, sur le plan artistique, mais comme déboussolé en termes d’histoire et de géographie.

Le flyer du spectacle nous renseigne sur l’origine des musiques qui agitent alors les corps des interprètes: Motown, punk, techno, hip-hop, toutes proviennent de Detroit, éternel phénix des faillites américaines. Porté par les rythmes que distillent Pierre Vonnet et Adrien Koumrouyan, on s’élancerait sur la piste danser l’utopie avec les actrices.

----------

«Transitions» Théâtre de la Parfumerie, jusqu’au 21 déc., 022 341 21 21, www.laparfumerie.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.