L’humain, cet extraterrestre

ThéâtreSeul salut pour l'homme: «Quitter la Terre» qu'il a dénaturée. Et se regarder lui-même comme un alien. L'ovni de Joël Maillard passe par l'Orangerie, devenue fief écolo.

A l'occasion d'une conférence farfelue, Joël Maillard décrit une humanité en exil intersidéral.

A l'occasion d'une conférence farfelue, Joël Maillard décrit une humanité en exil intersidéral. Image: Simon Letellier

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Jusqu’ici, le grand échalas ébouriffé qu’est Joël Maillard ouvrait à peine la bouche dans les spectacles qu’il réalisait au nom de sa compagnie SNAUT. «Rien voir», «Ne plus rien dire», «Pas grand-chose plutôt que rien», s’ils partageaient avec «Quitter la terre» un certain nihilisme dans la titraille et une inclination pour la science-fiction, présentaient des dispositifs derrière lesquels il pouvait soigner sa timidité. Vu le succès rencontré depuis 2012, cet ancien boulanger-pâtissier originaire de la Broye fribourgeoise avance aujourd’hui à découvert. Phalanges effilées, membres dégingandés, notre Professeur Tournesol de la scène romande s’avère même un moulin à paroles!

Bien lui en prend. Créée à Lausanne en juin 2017, sa dernière pièce, qu’il interprète avec la comédienne Joëlle Fontannaz, ravit depuis un an les publics français autant que suisses – y compris avignonnais. L’ingéniosité y cohabite comme toujours avec l’humour et la peur du lendemain: afin de sauver notre globe malade, un projet anonyme préconise la mise en orbite d’une sorte d’arche de Noé humaine, le temps de sa guérison. «Quitter la Terre» met ainsi en scène cette capsule, en apesanteur entre satire et dystopie, passé et présent, bricolage et technologie, sermon et délire. Aidés de projections pseudo-immersives, les conférenciers Joël et Joëlle y décrivent le quotidien des stationautes en exil: comment ils copulent en open space, larguent leurs macchabées dans le cosmos, se nourrissent de légumes crus sans sel ou consignent leurs souvenirs de planète. Quitter la Terre pour mieux y revenir au sortir du vaisseau théâtral: une bonne alternative à la fin du monde!

«Quitter la Terre» Théâtre de l’Orangerie, jusqu’au 12 août, 022 700 93 63, www.theatreorangerie.ch

Créé: 09.08.2018, 17h56

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