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La HEAD sacre une mode fantasque et poétique

Les élèves ont fait parader vendredi soir 1000 pièces de leur création lors du Défilé annuel devant 2146 spectateurs et des centaines d’internautes. Trois prix ont été remis.

Ambiance piscine Molitor vendredi soir sur le campus de la Haute École d’art et de design à Châtelaine. Pour son Défilé de mode annuel, la HEAD s’est donné un petit air rétro qui n’est pas sans rappeler le bassin parisien ultracouru, lieu des exploits de Johnny Weissmuller dès les années 30 et théâtre de la présentation au public du premier bikini.

Un sol gris béton accueille les pas des septante-cinq mannequins et le décor, plein de charme - une réussite due aux étudiants de la filière architecture d’intérieur - nous ramène à Genève en faisant explicitement référence aux Bains des Pâquis: un plongeoir, cinq portes en treillis blanc comme autant de cabines où se changer qui libèrent les modèles souvent extravagants prêts pour la parade, et au fronton, le motto «Poésie» qui a figuré longtemps sur le tremplin de l’établissement lacustre.

Matières duveteuses

Poétiques, beaucoup de silhouettes présentées cette année par les élèves de l’école d’art le sont. Teintes douces, matières fluides, soyeuses, duveteuses, satinées, évanescentes parfois. Même la musique choisie pour chaque collection s’habille d’un glamour un peu nostalgique. Rivets, clous, noir charbon et coupes brutes s’éloignent, dirait-on.

Et ce n’est pas pour rien que le Prix master Mercedes Benz a été remis à Emma Bruschi pour «Almanach», un délice. Combinaison en maille beige dorée, ensembles de paille tressée au crochet ou de tissu transparent imprimé de motifs évoquant la toile de Jouy, pantalon à pont crème orné de dessins peints ont conquis le jury, qui a désigné aussi Thomas Clément et «Crash» pour lui remettre le Prix bachelor Bongénie. Petit regret que Marc Forster, Lora Sonney ou encore Ania Marincek soient rentrés bredouilles.

Sacs augmentés

Tel n’est pas le cas de Giulia-Amélie Chéhab dont on a adoré la collection de sacs. La styliste italo-suisse de 29 ans a séduit les jurés avec «Augmented Tote», son travail de master qui lui vaut de gagner le Prix La Redoute et, du même coup, l’opportunité de développer quatre de ses créations pour la commercialisation grand public.

«J’ai fait un bachelor en design industriel à Lausanne et pour moi, la fonctionnalité des objets compte énormément. Un sac doit servir de sac! souligne la jeune femme. Quand je suis arrivée à la HEAD pour mon master, après avoir travaillé un an chez Acne Studios à Paris, on m’a poussée à être un peu plus libre dans ma créativité, à faire des choses plus folles. C’est amusant, et ça m’a fait du bien!»

Bagage complet

La voilà donc avec un bagage complet pour lancer sa marque, Chéhab, dont le logo figure déjà sur chacune de ses créations. Ses sacs sont beaux, futés, pratiques, ils se rangent dans un astucieux «boudin» souple et se déploient en cas de besoin. Ils se portent à la main, à l’épaule ou sur le dos suivant leur poids et la distance à parcourir.

Les couleurs sont celles qu’affectionne Guilia: orange vif, vert bouteille, bleu électrique, jaune bouton d’or ou plus sobrement, noir. Pour le fun, la styliste fait référence au matelas pneumatique avec des modèles gonflables et l’usage du flocage. «C’est un procédé industriel que je fais réaliser dans une usine en Italie et qui permet de donner un aspect velours, par électromagnétisme, à n’importe quelle matière», explique-t-elle. Les modèles matelassés ou gonflés deviennent bien plus confortables à porter.

Observation de la rue

«Pour «Augmented Tote», raconte Giulia-Amélie Chéhab, j’ai regardé les femmes dans la rue et remarqué que beaucoup portent, à côté d’un sac à main plus féminin, un tote bag (ndlr, vient de l’anglais «to tote», «trimbaler», et désigne un sac en toile souple à deux anses, porté à l’épaule, souvent publicitaire), dans lequel elles glissent tout ce qui est lourd et encombrant. Et je me suis inspirée de ça pour créer des objets pratiques.»

Quatre de ses modèles seront mis en vente dès février 2020 sur le site de La Redoute et aux Galeries Lafayette. «L’aspect commercial de mon travail m’intéresse, conclut la jeune femme. J’ai envie de produire mes sacs en Italie, et j’aimerais faire une gamme pas trop chère, que beaucoup de femmes puissent s’offrir.»

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