Guillaume Gallienne hors promo

Le comédien-réalisateur était de passage à Genève. Et modifiait la fin de son prochain film quinze minutes avant cet entretien très axé sur la littérature.

Guillaume Gallienne a réalisé un nouveau film,

Guillaume Gallienne a réalisé un nouveau film, "Maryline", qui sort en novembre. Image: GEORGES CABRERA

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Récemment à Genève, il y a eu le Salon du livre, Cosi fan tutte à l’Opéra des Nations et les Mummenschanz au Théâtre du Léman. Et Guillaume Gallienne. Sauf que lui n’avait pas d’actualité particulière. L’acteur réalisateur n’était que de passage quelques jours dans la ville pour un événement privé. Nous avons pu négocier quelques minutes avec lui, pour revenir notamment sur l’impact qu’a eu son premier film, Les garçons et Guillaume, à table! dans sa vie, et évoquer le prochain, que nous découvrirons d’ici à quelques mois.

En ce moment, vous n’êtes pas en promo. Il y a quatre ans, «Les garçons et Guillaume, à table!» sortait, avec le succès que l’on sait et les César qui ont suivi. Dans l’intervalle, vous avez tourné «Maryline», qui sortira en automne. Que pouvez-vous en dire?

Il sortira le 15 novembre. Et je viens à l’instant de modifier la fin, il y a quinze minutes à peine (il brandit son téléphone portable, comme pour prouver ses dires). En gros, il raconte l’histoire d’une jeune femme qui a grandi dans un petit village de province et décide d’aller à Paris. Mais elle réalise vite qu’elle n’a pas les mots pour se défendre. Donc le film décrit une odyssée de l’humilité. Elle est extrêmement modeste. C’est un film plutôt douloureux, mais pas glauque, je pense.

Comparable à certains romans de Balzac, comme «Illusions perdues»?

Non, car l’héroïne n’a rien d’un Lucien de Rubempré, héros d’Illusions perdues. Elle n’a pas son ambition. Maryline, cela fait quinze ans que je veux le faire.

Donc sa gestation a précédé celle des «Garçons et Guillaume»?

Oui, Gaumont m’avait d’ailleurs donné son accord avant. Ils me faisaient déjà confiance, du moins pour cette histoire. Après, mon premier film a eu du succès, mais cela ne signifie pas que tout est acquis. Rien n’est jamais acquis dans ce métier.

Pourtant, les gens ont dû changer autour de vous, suite au succès du film.

Une amie m’avait dit, justement: «Tu dois avoir plein de nouveaux amis.» Mais je relativise. Je n’ai pas 22 ans, je vois venir les faux amis.

Avez-vous une stratégie de sortie pour ce deuxième film?

Non, et je ne crois pas qu’un festival soit une stratégie. Je vais faire énormément de promo, je pense. Surtout en province. Ensuite, mes auditeurs de France Inter devraient adorer. Le film est dru et ça me plaît. Personnellement, je le trouve mieux réalisé que Les garçons et Guillaume. Avec un beau casting, Vanessa Paradis, Xavier Beauvois, plus plein de potes du Français (ndlr: la Comédie-Française). Sans oublier Adeline d’Hermy dans le rôle principal. Elle n’est pas encore très connue mais elle va vous surprendre.

Dans vos émissions sur France Inter, vous lisez chaque semaine des textes tirés du répertoire classique. Quel est votre rapport aux textes, en général?

Ils m’aident à plonger. Je ne lis pas un texte, je plonge dedans. Lire est la seule chose au monde que je n’appréhende pas. Et pourtant, je mets énormément de temps à ouvrir un livre. J’ai trop peur d’être déçu. Une fois que je commence, je le finis vite, en revanche.

Dans quel livre n’avez-vous pas réussi à plonger?

Le voleur de Georges Darien. Je n’y suis jamais arrivé.

Et qu’est-ce que vous n’aimez pas lire?

Mais je lis tout. Même les notices au dos des paquets de céréales! J’ai un peu de peine avec les livres d’horreur. Je ne suis pas dingue de ça. Je suis trop sensible, sans doute. Pourtant, il y a du génie chez Bret Easton Ellis, mais aussi des moments que je trouve pénibles dans American Psycho. Et puis l’autofiction me saoule un peu. Ensuite, parmi les livres, je suis désolé, mais Les lettres à un jeune poète de Rilke n’est pas mon préféré. Oh, et Belle du Seigneur d’Albert Cohen, là aussi, faudra qu’on m’explique. Je ne comprends pas l’engouement.

Etes-vous tout aussi sensible avec les films d’horreur?

Oui, c’est pareil. Je n’y arrive pas.

On ne vous voit pas dans énormément de films. Comme acteur, vous êtes difficile sur le choix des rôles?

Non, c’est juste mon emploi du temps qui les refuse. Je ne suis pas un boulimique, je n’ai pas besoin de tourner beaucoup, contrairement à d’autres. Entre mes engagements au Français, la radio, avec une émission chaque samedi, je suis très pris. J’adore la radio, et surtout la sensation d’être en studio. C’est un endroit où l’on se sent protégé.

Il y a quelques mois, «Cézanne et moi» de Danièle Thompson, dans lequel vous incarniez Cézanne, a été plutôt mal reçu par la critique. Quel rapport avez-vous avec les critiques?

Il y a parfois des critiques pertinentes, voire impertinentes. Je les prends comme des avis personnels. Mais avez-vous déjà vu une rue qui porte le nom d’un critique? Moi jamais. Cela dit, il m’est aussi arrivé de vivre des interviews gênantes.

Quels sont vos goûts en musique et en cinéma?

Ils sont très hétéroclites. Je peux écouter du classique, de la variété, du jazz. C’est pareil au cinéma.?De Capra à Lubitsch, les classiques ont ma préférence. Et puis il y a Kurosawa, Ozu, Nikita Mikhalkov. Parmi les plus récents, j’ai envie de citer Mike Nichols, Sydney Pollack, Sydney Lumet. Et pour ce qui est des acteurs, je peux voir n’importe quel film avec Matt Damon ou Jeff Bridges.

Reviendrez-vous à Genève pour la promo de «Maryline» à la fin de l’année?

J’y compte bien. Cela me paraît même une étape incontournable pour la promo.

Créé: 05.05.2017, 19h39

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