Les groupes genevois de Paléo? Ils ont de la gueule!

PaléoQuelle musique jouent-ils? Comment ont-ils débuté? Quels sont leurs projets? Un portrait sans fard des 20 musiciens de Genève présents cette année à Nyon. Ou comment se faire un nom dans la jungle de la pop en 2012

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Cinq formations genevoises se produisent cette année à Paléo. Du DJ solitaire au sextet instrumental, cela fait au total vingt musiciens! Dont voici les portraits, capturés un à un par notre photographe. Moyenne d’âge? Entre 30 et 50?ans. Profil artistique? Aussi divers que peuvent l’être la drum’n’bass, les yé-yé et la pop éthiopienne. Durant le festival, ils ont joué, ou joueront encore ce week-end à Nyon. Soit au Détour, scène exclusivement helvétique axée sur les découvertes – un des points remarquables de Paléo. Soit sous le Club Tent, dévolu aux formations plus connues. Loin d’être anecdotique, la sélection du cru reflète la grande diversité des projets musicaux nés ces dernières années dans la Cité de Calvin. Ils ont pour nom Imperial Tiger Orchestra, Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp ou The Rebels of Tijuana. On les retrouve régulièrement à Genève du côté de l’Usine comme à l’Ecurie des Cropettes. Des groupes éminemment collés à la scène alternative locale. Pur hasard ou effet de mode, voilà déjà deux «orchestres» made in Genève, mais qui ne font ni fanfare ni classique. Les deux autres artistes genevois engagés à Paléo, Oxsa et Schnautzi, diffèrent sur bien des points des précédents. Leur registre d’abord: l’electro. On change de public, on aborde un autre monde que les rockers ne fréquentent pas ou si peu. Leur musique ne vaut pas moins le détour, sinon qu’elle répond à d’autres codes. Leurs lieux de prédilection? L’Usine également, mais à l’étage du Zoo, de même qu’à la Gravière, nouveau rendez-vous des clubbers.

1. Imperial Tiger Orchestra

Les musiciens: Raphaël Anker (trompette), John Menoud (saxophone alto et baryton), Cyril Moulas (basse, luth thaïlandais phin, guitare, lyre éthiopienne krar), Alexandre Rodrigues (claviers), Luc Détraz (percussions éthiopiennes kebero) et Julien Israelian (batterie). Leur histoire: né en 2007 d’une carte blanche dans le cadre de la Cave 12, Imperial Tiger Orchestra a choisi son nom en référence à l’Imperial Bodyduard Band, un big band dans lequel se sont formés nombre de jazzmen éthiopiens. Leur style: sextet de pop éthiopienne branché sur les années?80 et 90, relisant également les registres «ethiojazz» des décennies 60 et 70, Imperial Tiger Orchestra a digéré la Corne de l’Afrique à sa façon. Entre rock, jazz, funk et noise. Leurs projets: invitée pour leur tournée européenne, la chanteuse Hamelmal Abaté, une star en Ethiopie, rejoindra le groupe en studio cet été encore. L’automne venu, le groupe enregistrera son troisième album après Addis Abeba en 2010 et Mercato en 2011. Après Paléo? A suivre au Cosmo Jazz, Chamonix, vendredi 27?juillet.

2. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp

Les musiciens: Vincent Bertholet (contrebasse), Liz Moscarola (chant et violon), Aida Diop (marimba), Seth Bennet (trombone), Maël Salètes (guitare) et Wilf Plum (batterie). Leur histoire: leur nom est un clin d’œil aux groupes africains des années?50 et 60 tels que OK Jazz au Congo ou Polyrythmo de Cotonou au Bénin, qui usaient tous à l’époque du qualificatif «orchestre tout puissant». Quant au «Marcel Duchamp», il renvoie à l’anticonformisme du dadaïsme. Leur style: l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp qualifie sa musique de «transe acoustique». Entre improvisation et pulsation collective d’ascendanta afro beat, jazz, folk et tropicaliste, ce combo réunit musiciens belge, français, suisses et anglais. Leurs projets: de retour d’une tournée entre Belgique et Allemagne, le groupe prépare un troisième album à paraître en 2013. Après Paléo? A suivre aux Aubes musicales, Bains des Pâquis, mardi 24?juillet à 6?h.

3. The Rebels of Tijuana

Les musiciens: Alexis Kacimi (guitare, basse et chant), Anthony Salles (batterie), Olivier Python (claviers, chant), Jules Kochelin (guitare, chœurs), Julien Garric (basse, chœurs) et Fred Csupor (percussions, chœurs). Leur histoire: partis d’Annemasse il y a trois ans, ces «rebelles» ont depuis largement essaimé de l’autre côté de la frontière genevoise, avant de poursuivre sur Lyon et retour. Signe qu’une dynamique culturelle existe entre les deux métropoles rhénanes. Leur style: combo au nom éminemment punk, The Rebels of Tijuana ont ceci de particulier qu’ils mélangent sans vergogne réminiscences yé-yé et rock garage, Dutronc, Nino Ferrer et les Stones. Résultat étonnant, où les paroles essentiellement en français se mêlent aux stridences de l’orgue électrique et aux guitares adipeuses. Après J’adore ce flic en 2009, puis un album anglophone, le groupe a rempilé d’un non moins rétro La bourgeoise en 2012. Leurs projets: singles, tournées et séances studio devront aboutir à un nouvel album à l’automne 2013. A suivre: ce dimanche sur la scène du Détour à 17?h?45.

4. Schnautzi & Gertrude Tuning

Les musiciens: André Joye (DJ) et Jessica Champlaine (VJ). Leur histoire: c’est comme chanteur dans des formations de metal extrême qu’André Joye a abordé la pratique musicale. Avant de s’initier à la drum’n’bass il y a de cela quatorze ans. A Paléo cette année, il se lance pour la première fois en solo avec sa compagne, la VJette Gertrude Tuning. Adopté il y a quatre ans, son nom de scène signifie aussi bien «petite moustache» que «tête à claques». Il le doit à des amis suisses allemands. Leur style: Schnautzi a une passion: sélectionner la musique des autres pour la mixer avec la sienne. A l’intersection de la techno et de la drum’n’bass, Schnautzi s’inscrit dans cette nouvelle tendance nommée bass music. Leurs projets: programmateur du festival Electron, André Joye a fondé son label, Argent Sale, avec DJ TBC et Jessica Champlaine, elle-même scénographe pour le théâtre. Schnautzi vient de sortir son premier maxi, intitulé La courbe. Après Paléo? A suivre à la Gravière en septembre prochain.

5. Oxsa

Le musicien: Patrick Eichenberger (DJ, claviers, machines). Son histoire: formé au piano classique puis au jazz, il a 12?ans lorsqu’il trébuche sur une platine dans la rue. C’est une révélation. La suite se décline entre pratique de la MAO, la musique assistée par ordinateur, un apprentissage d’électronicien multimédia puis une formation en electro acoustique. Fin prêt pour la scène, Patrick devient Oxsa en 2011. Oxsa? Soit les formes géométriques cercle, croix, sinus et triangle. Ou Oxsa pour «oxygen saturation». A moins qu’il ne s’agisse plutôt des touches de contrôle de la PlayStation… Dérisoire ou profond, le choix de son «alias» tient pour Oxsa, d’une métaphysique toute personnelle où l’on entrevoit un zeste de théologie. Son style: longtemps accompagné d’un groupe live, Oxsa navigue en solo, avec ou sans la Vjette Ivy. Mais toujours autour du breakbeat, entre electro, drum’n’bass et drumstep, version accélérée du dubstep. Ses projets: en automne, Oxsa sort un nouvel album court, Entropie. A suivre: ce samedi sur la scène du Détour. (TDG)

Créé: 21.07.2012, 17h00

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