Chez Grob Gallery, peintres et photographes déshabillent les corps

ExpositionL'espace de la rue Etienne-Dumont présente «Nudes», un accrochage éclectique qui fait la part belle au huitième art.

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Il en va du nu comme de la nature morte ou du portrait: le genre a relevé du répertoire artistique de toute éternité. C’est cette thématique picturale immémoriale que Grob Gallery a choisi de mettre à l’honneur dans sa nouvelle exposition, intitulée avec à propos Nudes et vernie le jeudi 11 mai. Nouvellement arrivée au sein d’Art en Vieille-Ville (AVV), l’enseigne de la rue Etienne-Dumont tiendra ce samedi 13 mai portes ouvertes, comme les autres espaces affiliés à l’association.

Regroupant près de 80 pièces, cet accrochage éclectique présente des peintures, photographies et sculptures des XXe et XXIe siècles, avec une prédilection marquée pour le huitième art. Plusieurs signatures incontournables de la photo ont en effet été réunies aux murs par David Grob, qui fût un temps l’agent du grand Helmut Newton. On peut, par exemple, contempler le célébrissime Nu provençal de Willy Ronis. Sur ce tirage d’une pudeur délicate, datant de 1949, figure la femme de l’artiste français, de dos, à sa toilette: «Il descendait du grenier de sa maison de Gordes lorsqu’il l’a aperçue, penchée au-dessus du lavabo, raconte le galeriste. Frappé par la beauté de l’instant, il lui a hurlé de ne pas bouger et a couru chercher son Rolleiflex.» Quatre prises seront faites et le cliché connaîtra un destin mondial. Dans la même veine prévenante, une image pleine d’un charme mélancolique d’Edward Sheriff Curtis, l’un des principaux anthropologues sociaux des Amérindiens des Etats-Unis, montre une jeune femme, de derrière, au bord d’une rivière dans un sous-bois.

La thématique, toutefois, offre à l’évidence l’occasion d’aborder les modèles de manière beaucoup plus frontale. Les polaroïds d’Eve ligotées commis par Nobuyoshi Araki ou les corps savamment alanguis, sur grand format carré, de Mona Kuhn, dialoguent avec un ensemble de clichés anonymes des années 40 ou 50, glanés au fil des ans par David Grob sur eBay ou les quais parisiens et parmi lesquels s’observent de vrais petits chefs-d’oeuvre de l’intime. Plus loin, une série polissonne de Guy Bourdin, pape de la photo de mode et de la représentation érotique, prouve que sexe et humour font souvent bon ménage: quelques tirages représentent notamment un gaillard moustachu, qu’on dirait débarqué d’une foire du XIXe siècle, portant, à l’horizontale, une nymphe hilare au-dessus de sa tête.

Comptant aussi une huile de Raoul Duffy, un bronze de Paul Gauguin, ou encore une étonnante statue d’une Kate Moss contorsionniste et rose conçue par le plasticien britannique Marc Quinn, la vaste palette de Nudes satisfaira bien des goûts. Mais elle soulève aussi, en osant certaines évocations questionnantes de la nudité – les enfants masqués et dévêtus, sur une plage, de la photographe Tierney Gearon, entre autres – de très actuels débats de société.

«Nudes» Jusqu’au 21 juillet chez Grob Gallery, 2, rue Etienne-Dumont, lu-ve 14 h-18 h, grobgallery.com

Créé: 11.05.2017, 19h30

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