Avec «Les grandes traversées», David Maye opère un voyage familial en filmant sa mère malade

CinémaLe cinéaste valaisan établi à Genève a commencé à filmer alors que sa mère était malade depuis trois ans.

«Le travail du deuil reste mystérieux», raconte David Maye, réalisateur des «Grandes traversées».

«Le travail du deuil reste mystérieux», raconte David Maye, réalisateur des «Grandes traversées». Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans Les grandes traversées, David Maye filme sa famille, sa sœur enceinte ou sa mère luttant contre le cancer. Un départ, une arrivée, le mouvement ample et continu de la vie qui s’écoule au sein d’un clan et vibre de pulsations que tout semble opposer. Depuis quelques jours, alors que son film sort mercredi en salle, le cinéaste accompagne celui-ci. D’une ville à l’autre, il parcourt la Suisse romande, rencontre les publics.

«J’ai l’impression d’être avec ma mère, de partager quelque chose avec elle», raconte-t-il dans un café du centre-ville où on lui a donné rendez-vous. «Je ne vois pas forcément de douleur lorsque je me replonge dans le film. De toute façon, le travail du deuil reste mystérieux. J’ai enclenché la caméra en 2014. Ma sœur venait d’annoncer qu’elle était enceinte et ma mère était malade depuis trois ans. Ces trois ans ont permis d’apaiser les choses. Après, je n’ai pas voulu tout filmer. La souffrance, la mort, la naissance, tous ces moments ne font pas partie du film. Et on ne me voit pas. C’est un choix. La caméra me permettait de conserver la distance. Et j’ai tout fait tout seul. C’est ensuite le montage qui a pris une année. D’abord seul, puis avec une monteuse, à repenser chaque séquence. Le titre du film, lui, ne s’est imposé qu’en cours de tournage. Ma mère parle de grandes traversées à son père au cimetière. Finalement, le passage à la mort est la chose la plus épique qu’on puisse vivre.»

David Maye, dont c’est le premier long-métrage, est né en Valais, a étudié à l’ECAL, à Lausanne, et vit aujourd’hui à Genève. «C’est la passion du dessin qui m’a mené vers une école d’art. Je voulais apprendre à raconter. Mon premier court-métrage, un documentaire sur mon père et mon grand-père, est la source des Grandes traversées. Ensuite, j’ai tourné d’autres courts, dont Angela, mon film de diplôme, primé à Locarno en 2010. Puis on a créé, avec d’autres personnes de ma génération, une petite structure de production, Terrain vague. C’est par ce biais que j’ai pu réaliser Les grandes traversées, financé grâce à du crowdfunding.» Et aujourd’hui? David Maye caresse le projet d’un autre documentaire, centré sur une communauté religieuse dans le Var. «Je n’en suis qu’aux repérages.»

Dès mercredi 1er au Cinélux Jeudi 2, à 19 heures, rencontre avec le cinéaste et avec le psychanalyste Robert Neuburger (TDG)

Créé: 30.10.2017, 17h52

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...